Le Pavillon sportif
Avec l'escalade, j'ai trouvé ma voie
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L'escalade, qu'elle soit pratiquée en milieu naturel sur des parois rocheuses, ou en salle sur un mur équipé de prises, est un sport complet qui permet aussi bien de s'enrichir personnellement que de porter secours aux autres.
Nous verrons dans un premier temps le matériel de base du grimpeur, avant de nous intéresser aux différentes techniques de montée et nous finirons sur les capacités physiques et mentales que ce sport peut développer.
1. Le matériel
Quand on pense au matériel d'escalade, on imagine tout de suite une corde et un baudrier. En ajoutant un huit et un mousqueton à vis à l'assureur, on obtient le minimum pour grimper à deux en toute sécurité.
Le huit est l'objet le plus courant pour assurer l'autre : il permet de faire coulisser la corde pour donner plus ou moins de mou à son coéquipier, c'est-à-dire plus ou moins de longueur de corde. Plus on donne de mou, plus celui qui grimpe risque de tomber de haut en cas de chute. Au contraire, plus on est sec sur la corde, plus le grimpeur monte facilement et peut se reposer un peu sur l'assureur. Les bons grimpeurs exigent souvent qu'on leur laisse du mou, afin qu'ils puissent escalader librement et sans aide extérieure. De plus, il vaut mieux avoir de la longueur de corde en cas de jeté, cette technique qui consiste à se lancer littéralement à l'assaut d'une prise en bondissant sur elle.
Le réverso est un autre système d'assurage, comme le huit, mais il abîme moins les cordes. Le grigri aussi, mais il possède une fonction supplémentaire : il est auto-bloquant. Il est aussi responsable de la plupart des accidents en salle : bien que pratique au premier abord, puisqu'il permet de retenir le grimpeur en cas de chute sans effort particulier de la part de l'assureur, il va à l'encontre des réflexes naturels. En effet, pour libérer la corde bloquée, il faut actionner une manette. Or en cas de chute inopinée, le stress génère souvent une crispation chez l'individu qui ne pense pas naturellement à tout lâcher pour éviter l'accident. Au contraire, il se cramponne à la manette et réalise trop tard son erreur, ne pouvant enrayer la chute. Mon seul accident en six ans s'est produit avec un grigri : j'assurais quelqu'un du haut d'un dévers, j'ai voulu lui donner du mou, mais la corde passait sur ma main et mon coéquipier ne se tenait pas à la paroi. La corde a défilé d'un coup et m'a brûlé la main en moins d'une seconde. Heureusement, mon réflexe a été de tout lâcher, lui évitant une chute de dix mètres.
Le mousqueton à vis permet de fixer le système d'assurage au baudrier de l'assureur. A cela on peut ajouter la vache, composée de deux mousquetons à vis reliés par une corde doublée attachée au baudrier et qui permet au grimpeur de la passer dans un piton de la paroi pour se reposer sans solliciter d'aide extérieure.
Un rapide mot sur les dégaines : elles permettent de s'assurer au fur et à mesure de la montée en tête, c'est-à-dire lorsque la corde n'est pas directement accrochée en haut de la voie. Je développerai cette technique dans la partie suivante.
Enfin, outre le matériel d'assurage, on peut également utiliser des chaussons d'escalade. Épousant la forme du pied, ils permettent au grimpeur d'être au plus proche de la paroi. Leur revêtement et leur bout pointu autorisent à s'appuyer sur des prises ou dans des creux minuscules, voire à faire des pas d'adhérence, c'est-à-dire à poser le pied sur un morceau de mur sans prise. Quant au sac à pof, il s'agit d'une sacoche que l'on accroche à la taille et qui contient de la magnésie, cette poudre blanche qui absorbe l'humidité et que l'on met sur les mains pour éviter de ripper durant la montée.
2. Les techniques
Passons maintenant aux techniques. On distingue deux grandes façons de monter : avec un coéquipier et sans.
2.1 Avec un coéquipier
Lorsque l'on grimpe avec un coéquipier, l'un des deux escalade tandis que l'autre assure. Comme je l'ai déjà mentionné précédemment, l'assureur peut aussi bien se trouver en haut qu'en bas, mais j'y reviendrai. Ici, on peut encore séparer les façons de monter en deux : celle avec la corde attachée en haut de la voie et que l'on nomme "monter en moulinette" et celle où la corde relie directement l'assureur au grimpeur et que l'on appelle "monter en tête". Monter en moulinette est moins dangereux et moins fatiguant que monter en tête. En effet, lorsque la corde est en haut de la voie, seule la quantité de mou que donne l'assureur détermine la hauteur de la chute éventuelle. Mais lorsqu'il s'agit de grimper en tête, il faut passer des dégaines dans le pitons de la voie pour s'assurer au fur et à mesure de la montée. Deux éléments interviennent ici : quand on pose la dégaine, une main installe le matériel sur la voie, tandis que le reste du corps lutte pour rester dans la même position, et cet état statique est plus fatiguant que l'état dynamique de la montée. Lorsque l'on arrive au point suivant, on sait qu'en cas de chute, on tombe du rayon de la corde. Et tandis qu'une voie en moulinette peut se faire facilement même sur des passages un peu techniques, en tête c'est une autre histoire. Là où en moulinette on ose tout parce qu'on ne craint pas grand chose, en tête on se bloque parfois psychologiquement à cause de la peur d'une chute éventuelle.
Pour terminer avec la montée à deux, un mot sur le relai. En montagne, les voies sont souvent plus hautes qu'en salle et on ne peut pas se permettre de tout grimper d'un coup. Déjà parce que le corps a besoin de se reposer et ensuite parce que les cordes ne sont pas suffisamment longues. Une grande corde étant lourde et encombrante. Pour y remédier, on effectue un relai. Le premier monte en tête pendant que l'assureur reste en bas. Le grimpeur pose donc des dégaines et s'arrête au bout d'un moment. Il se vache, installe son matériel pour assurer celui en bas qui s'encorde et grimpe en ramassant les dégaines au fur et à mesure de son ascension, qui se passe donc comme s'il était en moulinette. Arrivé au même niveau que le premier, soit il continue en tête, soit le premier repart en tête et ainsi de suite.
2.2 Sans coéquipier
On peut également monter tout seul. En s'assurant ou non. Pour s'assurer tout seul, il faut un grigri. La corde doit être installée en haut de la voie et on grimpe comme en moulinette, à ceci près que l'on doit ravaler de la corde au fur et à mesure de la montée, ce qui, au final, est aussi fatiguant que monter en tête. En revanche, on peut se reposer sans embêter l'assureur et on gère soi-même la longueur de corde que l'on veut.
Monter seul sans matériel d'assurage est aussi possible. Là, pas le droit à l'erreur. En cas de chute aucune chance de freiner, encore moins de s'accrocher à une prise. Peu de gens sont capables de monter en solo, pour employer le terme ad hoc. Même les très bons grimpeurs qui s'essaient sur des voies simples. En effet, le facteur stress que l'on rencontre en tête se trouve porté ici à son paroxysme.
J'ai fait deux solos en six ans d'escalade : un sur un mur et un sur un bâtiment. Sur le mur, la voie ne présentait aucune difficulté. Je n'ai pas ressenti une grande appréhension, je savais juste qu'il fallait que je reste concentré. Quant au bâtiment, il faisait quatre étages. Je me suis servi d'une gouttière dans un coin pour les mains, du mur en pierre pour le pied gauche et du mur en brique pour le pied droit. La gouttière solidement fixée me garantissait une montée sans grande difficulté. Pourtant, je suis resté vigilant tout le long, surtout en voyant le vide augmenter sous mes pieds. Le risque de chute n'était pas nul, mais c'est ce qui faisait l'enjeu de la montée. De toute façon, la montée n'était pas très compliquée. Mon pied droit a même ripé à un moment, mais à part une petite frayeur, ça ne m'a pas empêché de continuer.
3. Les capacités
Ce qui m'amène naturellement à vous parler des capacités qu'exige l'escalade.
La première idée reçue concerne la musculature : pas besoin d'être bâti comme Stalone pour grimper. Au contraire ! Le muscle, ça pèse lourd... Il faut donc du muscle, mais pas trop. D'ailleurs les escaladeurs paraissent tous maigres et chétifs. L'escalade permet de développer presque tous nos muscles, et en particulier ceux des doigts. Mais il faut également de la souplesse et de l'équilibre. Certaines prises sont souvent très décalées et obligent le grimpeur à se contorsionner et à faire des transferts de poids pour éviter de tomber. Chaque voie a sa spécificité, certaines demandent de la force brute, d'autre de faire preuve d'équilibre etc... Ainsi, il est possible qu'un grimpeur sache monter une voie d'une certaine difficulté parce qu'elle joue sur la souplesse, et ne parvienne pas à escalader une voie du même niveau parce que le relief oblige à se servir beaucoup de ses bras. La force physique n'est donc pas le seul élément à prendre en ligne de compte.
Le mental aussi est très important. Le simple fait d'avoir peur du vide peut bloquer un grimpeur, même s'il a les capacités nécessaires pour monter. De plus, j'ai déjà vu une fille grimper alors qu'elle n'avait qu'un seul bras. Sans parler d'Alain Robert, le Spiderman français qui, malgré les prognostics pessimistes des médecins, est parvenu à récupérer son niveau d'escalade, alors que ses mouvements étaient réduits suite à plusieurs chutes de l'ordre de la vingtaine de mètres.
Enfin, comme je l'ai évoqué plus haut, le mental joue énormément lorsque l'on doit effectuer un passage un peu compliqué en tête et que l'on redoute la chute. Sans parler d'avoir le vertige, le simple fait de se dire "Si je glisse, je vais m'en souvenir" peut en faire hésiter plus d'un.
Et si le succès peut monter à la tête de certains, la paroi est toujours là pour rappeler au grimpeur qu'à tout instant, s'il relâche son attention, il risque vraiment gros.
Conclusion
L'escalade recquiert donc un équipement spécial, surtout pour l'assurage, et peut donc se pratiquer en milieu naturel comme en milieu artificiel, avec un coéquipier ou tout seul. C'est un sport très complet qui permet de se développer aussi bien physiquement que mentalement.
La peur de l'échec est suffisante pour empêcher le grimpeur de franchir un passage. Mais à l'inverse, le mental peut aussi permettre d'arriver à grimper dans des passages que l'on pensait inaccessibles et c'est dans ces moments là que l'on est fier de pouvoir se dire "J'ai réussi, je suis passé.".
Il développe aussi la confiance en soi, tout en évitant de prendre la grosse tête : de toute façon, à ce petit jeu, c'est toujours la gravité qui l'emporte.
Shaolan
Une équipe de France peut-elle naitre autrement...
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Vu qu'à l'Ouest, rien de nouveau ; on va réveiller les instincts les plus primaires de certains lecteurs du Pavillon en... reparlant à nouveau de football ! Eh oui, il y en a qui se dope quotidiennement à l'écoute de Daniel Riolo parmi les internés, donc il ne faut pas s'étonner si de tels articles fleurissent dans un cadre aussi prestigieux. La question qui va nous occuper aujourd'hui n'est réellement pas novatrice, mais elle est carrément dans l'air du temps depuis une soirée de septembre à Sarajevo...
Une Équipe de France peut-elle naitre autrement que dans la douleur ?
Les deux sorties de septembre 2009 nous donnent ainsi un premier exemple sur lequel se baser. L'équipe de France est dos au mur face à des résultats peu avenants et une opinion publique peu enclin à la soutenir suite à ses derniers matchs qui comme celui face aux îles Féroé, on va verser dans la comparaison facile, faisait presque passer un match de L1 de milieu de tableau pour une rencontre exceptionnelle de fin de Champion's League. Dos au mur, l'équipe de France produit un jeu que l'on ne lui prêtait plus depuis quelques mois. Les points ne sont pas forcément au rendez-vous du jeu déployé face à la Roumanie et la Serbie mais le constat est là, la pression, ne serait-ce pas là le moteur de l'équipe de France ces dernières années ?
Au delà de sa qualité ou de ses joueurs, la pression du résultat est ce qui permet à l'équipe de France d'aller chercher ses succès les plus notables ces dernières années. Regardons ainsi la coupe du monde 1998, on connait tous le résultat de cette dernière mais les médias ont réussi à pratiquer une anesthésie collective de la mémoire quant au sort dévolu à Aimé Jacquet, critiqué comme pas deux notamment par le journal l'Équipe pour ne pas avoir la compétence nécessaire pour mener l'équipe. D'une équipe dont on attendait rien, le résultat était au bout. Même état de fait pour la coupe du monde 2006, où la qualification laborieuse faisait attendre d'une équipe jugée vieillissante de tomber très vite. Le résultat, on s'en rappelle aisément, c'est tout de même un rendez-vous à l'OlympiaStadion de Berlin, rendez-vous qui s'est certes conclue sur une fausse note mais le contentement était là néanmoins. Sous pression parce que délaissée de sa base, l'équipe de France peut faire de grandes choses, la réciproque est malheureusement aussi vraie...
À la coupe du monde 2002, tout le monde voyait cette équipe au sommet du monde une nouvelle fois. Le résultat, c'est une visite écourtée de la Corée du Sud et seulement des souvenirs avec les danseuses du cabaret du sous-sol de l'hôtel. L'Euro 2004 ? Même sentence, tout le monde attendait un sursaut d'orgueil d'une équipe talentueuse sur le papier, mais le résultat espéré était très loin d'être là avec une élimination face aux futurs champions d'Europe grecs. L'Euro 2008 ? Faux débat, c'était une « préparation à la coupe du monde 2010 », l'auriez-vous oubliez alors que ce cher Raymond nous avait prévenu ? C'est simpliste comme raisonnement mais c'est bien cela, si l'équipe de France est attendue au tournant et considérée par tout le pays, ça part en sucette ; si elle est honnie par toute la population parce qu'ils sont mauvais, elle va chercher ses plus beaux résultats. Encore une fois, exception culturelle française, j'invoque ici ton nom...
Alors, que faut-il faire pour passer un agréable été 2010 en compagnie de l'équipe de France ? Comment être sûr de faire la java avec ses amis et la bringue avec l'inconnu dans la rue lors de ces moments de liesse indescriptibles qui suivent certaines victoires ? Mettez vous à être très indifférents par rapport à l'équipe de France bien évidemment ! Si elle se plante quand ses supporters en attendent quelque chose et qu'elle réussit brillamment quand elle est jugée sans intérêt, faites preuve de votre âme charitable de supporter en feignait toujours l'indifférence à leur égard histoire de forcer son destin dans le bon sens !
Certes, c'est malhonnête sur le papier mais ce n'est pas quand même une tricherie avérée, qui ne rêve pas que l'équipe de France ramène quelque chose d'Afrique du Sud et arrivant au débarquement de l'aéroport, les joueurs de dire devant la foule amassée devant l'avion « Ah Ha les blaireaux ! Vous disiez quoi avant de partir ? » ? À ce moment là, vous saurez que vous avez fait la meilleur cadeau qui soit quelques temps auparavant à des joueurs qui n'attendent que de prouver à tout le monde que ce ne sont pas eux qui craignent le plus dans cette affaire.
The Bulltaker
Docteur Raymond-La Science
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C'est bien connu, on a tous besoin d'exutoire à notre colère dans la vie de tous les jours afin de ne pas rompre le câble qui nous serait peut-être fatal. Sous couvert de préserver notre équilibre, nous cherchons sans répit les victimes qui auront l'honneur de servir de vannes salvatrices à ces trop-plein néfastes que l'on entretient consciencieusement chaque jour. Des fois, nous avons de la chance : on nous offre des cibles toutes faites que l'on peut abattre dans la joie et la bonne humeur, et de façon collective de surcroît. Si c'est pas pratique ça, on peut allier l'utile à l'agréable en compagnie des proches grâce à de telles têtes-à-claques que l'on nous offre très généreusement.
Des noms et des visages doivent déjà se dessiner dans votre esprit, ce n'est pas ce qui manque en ce moment les personnages publics qui sont voués à une telle fonction honorifique dans notre société. En politique, à la TV, dans les rayons de votre magasin culturel préféré, sur les grands et petits écrans ; ils sont partout et il serait vraiment étonnant de savoir que vous n'ayez pas arrêté votre choix sur l'un d'entre eux (auquel cas vous avez le respect profond du rédacteur qui se demande encore comment c'est possible). Aujourd'hui, nous allons voir ensemble, si possible en détails, le portrait de l'un de ces grands héros de notre quotidien ; un héros si populaire qu'il doit probablement slalomer entre les canettes vides et les objets divers qui sont envoyés à son encontre à chaque fois qu'il met un pied en dehors de chez lui. Que vous connaissiez ou non le monde où il gravite, il est très difficile d'échapper à son évocation ; notamment depuis les derniers mois où il a éclipsé tous les autres pour occuper tout l'espace médiatique. L'homme qui va nous intéresser dans les quelques lignes qui vont suivre, c'est Raymond Domenech.
Dis Raymond, c'est quand que tu es remboursé à 100% par la Sécu ?

Bah oui, on va parler un peu de football grâce au brave Raymond. "Qu'est-ce que j'en ai à faire de ce sport pour multimillionnaires aux jambes atrophiées sur le Pavillon ?!" se demandent alors avec raison les lecteurs pour qui le football est synonyme d'ennui profond. Eh bien, Raymond est, en dehors du simple microcosme du football, un reflet intéressant de notre société, et notamment de sa relation avec les médias (carrément ? Rien que ça ? On n'y va pas avec le dos de la cuillère alors...) Sans que l'on s'y attende, Raymond s'est installé insidieusement dans nos vies depuis 2004 de par ses nombreuses visites dans nos médias quotidiens. En 2004, Raymond est appelé à devenir le sélectionneur de l'équipe de France, soit le grand manitou du football français. Mais d'où venait Raymond alors ?

Il y a bien longtemps de cela, même Raymond s'amusait à faire des Cosplays de Mario dans la plus grand impunité...
Comme la plupart des entraîneurs, Raymond a lui aussi été joueur dans une autre vie. Puis le destin a voulu que Raymond devienne le sélectionneur des Espoirs, l'équipe qui regroupe les joueurs avant qu'ils ne soient sélectionnés pour l'équipe de France. Le palmarès de Raymond est pléthorique durant cette période, contrairement à maintenant, et se compose de... seulement une victoire dans un festival des Espoirs de Toulon. C'est maigre, mais on s'en fiche, Raymond est le sauveur de la situation après l'Euro 2004 au Portugal. La suite, vous la connaissez même si vous ne vous y intéressez pas : Raymond a la chance d'avoir dans son équipe un joueur qui s'appelle Zidane, qui avant de partir à la retraite décide d'inscrire grâce à ses exploits une nouvelle ligne sous son nom dans les dictionnaires, et il se retrouve sans s'y attendre en finale de Coupe du Monde en 2006 en Allemagne. Raymond, connu pour son goût prononcé pour l'astrologie, avait raison quelques mois auparavant : il avait donné, tel une Elizabeth Teissier des grands jours, rendez-vous aux journalistes à Berlin à la date de la finale. Hasard ou conviction, chacun a son hypothèse sur cette période mais ce n'est pas celle-ci qui va nous occuper aujourd'hui. En effet, nous allons plutôt nous attarder sur la période actuelle, celle qui se révèle la plus intéressante : le déclin annoncé de Raymond.
Ah oui, depuis juin dernier, il est bien difficile d'échapper dans les médias à l'évocation de ses malheurs suite à l'élimination de l'équipe de France dès le premier tour de l'Euro 2008 en Suisse et Autriche. D'une éthique redoutable, les médias étaient généralement complaisants avec Raymond, le résultat de 2006 servant de sauf-conduit auprès d'eux indépendamment de ce qu'il pouvait faire ou dire. Mais dès 2008, c'est la rupture du statut-quo : Raymond est le Mal incarné et tout lui est reproché, surtout les faits qui n'avaient pas fait l'objet de critiques publiques auparavant. Il faut dire qu'il a alors commis le pire des crimes de lèse-majesté envers les médias : il a réussi à éliminer prématurément l'équipe de France de cette compétition, privant ainsi les journalistes d'un thème bateau pour noircir des feuilles au moment où l'actualité était inexistante. Outre ses choix professionnels, on reproche surtout à Raymond ses envolées lyriques d'un type inhabituel. Ah, Raymond et ses sorties légendaires, toujours un "bon" mot à dire sur son actualité ou celle de ses joueurs... Devenu maître en la matière, Raymond a enseigné sa logique très particulière durant de longues années grâce à celles-ci. "Je suis le maître et Makélélé est mon esclave", il y a quand même chez Raymond un "bon" goût de tous les jours pour expliquer clairement son point de vue, c'est parfois très renversant... Raymond est un grand prestidigitateur avec les médias car il les emmène là où ils ne s'y attendent pas, notamment parce qu'il a objectivement plus de matière grise en ébullition que la plupart de ses collègues. On essaye de nous prouver le contraire chaque jour mais Raymond reste un grand communiquant avec les médias : il brise net le discours policé avec ceux-ci pour entrer dans les recoins sombres du second, voire du Xème degré.
Si Raymond est la bête médiatique et populaire à abattre, c'est parce qu'il nous est présenté comme quelqu'un qui se moque ouvertement des journalistes et du public. Et ça, c'est on ne peut plus vrai et c'est bien ce qui fait de Raymond une tête-à-claque incontournable et intéressante au fond. Raymond s'amuse avec ses interlocuteurs, mais au moins cette inclination fait réagir ceux-ci. Après l'Euro 2008, la tête de Raymond était demandée par tous, suite aux mauvais résultats de son équipe. Alors que tout joue contre lui, Raymond a, soit une bonne étoile, soit un destin qui l'attend, toujours est-il qu'il survit au lynchage et s'amuse à lancer des paroles bien sarcastiques à ses détracteurs. La fédération lui demande de s'assagir, d'être plus lisse, Raymond n'en a cure et continue de plus belle. Son meilleur fait d'armes de ces derniers mois, c'est de comparer les journalistes à des enragés dignes de la Terreur et qu'il remercie la providence que la peine de mort soit abolie de nos jours. Raymond est un provocateur dans l'âme mais cette provocation donne au moins une saveur, qu’elle soit bonne ou mauvaise au goût de chacun, à son passage fugace ou non dans notre quotidien. Grâce à ses sorties fracassantes et relayées très largement par les médias, il nous apprend sans le vouloir à nous interroger sur cette question de fond : est-ce que l'on peut être plus ironique ou moins lisse que la moyenne et avoir une image sympathique relayée par les médias ?
Raymond, il est peut-être sans le savoir lui-même un poil-à-gratter détonnant pour tout le monde dans cette époque quelque peu morose où les occasions de rire dans l'actualité se font rares. Quand même, qui d'autre que lui pouvait demander en mariage sa compagne à la TV devant des millions de spectateurs et supporters dépités qui n'avaient alors à l'esprit que la volonté de lui faire une tête au carré ? Qui d'autre peut prendre un pays entier pour des ignorants qui ne savent pas de quoi ils parlent ? Raymond, outre sa capacité à faire le show, et aussi une source d'inspiration pour la plaisanterie populaire, qui ne s'est ainsi pas retrouver à entendre autour de lui la vindicte de monsieur ou madame tout-le-monde sur ce personnage détonnant ? Parmi ce mouvement de création très en vogue en ce moment, on peut remarquer quelques auteurs en particulier qui s'amusent à détourner des classiques de la musique des dernières décennies afin de retracer l'épopée médiatico-fantaisiste de Raymond : découvrez ou redécouvrez les liaisons dangereuses entre Raymond et David Trezeguet (vous savez, le joueur qui a su faire au minimum sauter de joie certains de vos proches lors d'une soirée de juillet 2000), l'empreinte de Raymond sur son équipe et pour terminer, l'idylle naissante entre Raymond et Gourcuff (vous savez, le vrai-faux nouveau Zidane qui sert malgré lui d'os à ronger aux médias actuellement). Raymond devient ainsi une icône à brûler ou à adorer pour beaucoup de personnes actuellement pour ses capacités de communication. Reste à voir si celui-ci a cherché depuis le début à arriver à un résultat d'une telle ampleur.
Personnage médiatique dont on pourrait penser qu'il sort tout droit d'une pièce digne de Guignol, Raymond égaye volontairement notre quotidien, notamment parce qu'il laisse rarement indifférent, que ce soit pour le rejet pur et simple ou bien son adoration. La prochaine fois que vous verrez l'ami Raymond à la TV ou à la une de votre journal, ayez une pensée pour ce grand comédien de notre époque qui de par ses réflexions alambiquées ou absurdes n'essaye au fond que de dessiner sur votre visage un sourire narquois ou de compassion, ou du moins remplir votre conservation pendant cinq minutes avec vos collègues à la machine à café le lundi ou jeudi matin.

Raymond, ce héros des temps modernes... Pour 2010, tu nous conseilles d'acheter
des billets d'avion pour Johannesburg ou pas ?
The Bulltaker


