Le Pavillon de la littérature
Platon et son Ornithorynque entrent dans un bar...
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Comme vous aurez pu le deviner en lisant le titre de cet article, j’allais aborder le thème de la philosophie. Cette science est, malgré ses airs de masturbation intellectuelle qu’elle peut procurer à ses pratiquants, plus qu’inutile d’un point de vue matérielle pour certains (principalement des cuistres). Bien sûr, elle permet d’élever un tant soit peu son âme et de faire réfléchir l’être humain, car même si ce n’est pas la chose qu’il fait le mieux, il devrait le faire plus souvent de nos jours.
Vous êtes de nature curieuse ? Vous avez envie de réfléchir, de philosopher ? De peut-être trouver la réponse à toutes vos questions ?
C’est bien.
Si vous faites partie de ceux qui se sont emmerdés sur les bancs du lycée en écoutant un prof de philosophie que vous trouviez tout sauf intéressant, que vous n’aimez pas les œuvres originales écrites d’une manière tortueuse sur des sujets nébuleux – qui est franchement un style imputable à 90% des philosophes – ou que vous n’êtes pas allé glander en faculté de lettres (chômeur, quel beau métier !), voici quelque chose qui pourrait éventuellement vous intéresser.

Sous ce titre pour le moins original (je ne pense pas que le mot « ornithorynque » apparaisse sur beaucoup de couvertures de livres, aussi déjantés soient-ils), se cache un livre qui pourrait plus ou moins être assimilé à un pseudo-guide du style « La Philosophie pour les Nuls » (de la collection éponyme), mais en beaucoup moins sérieux et recherché. Je peux d’emblée vous dire que, ayant pris connaissance du livre susmentionné, je sais parfaitement de quoi je parle.
Bref. Les deux auteurs de ce bouquin ont eu une idée plus qu’originale sur ce coup-là : associer complètement la philosophie à l’humour (comme l’indique le titre) en ajoutant des petites devinettes, blagues, pensées, pas forcément catholiques, mais qui sont pour la plupart assez parlantes. Comme le prouve l’exemple suivant, qui est censé illustrer le concept de logique déductive*.
NB : Ce n’est pas un exemple tiré mot pour mot du livre, mais une blague similaire qui pourrait tout à fait remplacer celle qui se trouve dans le chapitre en question (moins bien déguisée toutefois).
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Par un beau matin ensoleillé, Roger, résidant au 12 rue des Peupliers (Saint-Pourçain-Sur-Sioule), voit un nouveau voisin emménager à côté de chez lui...
« - Salut, voisin, c'est une belle journée pour emménager...
- Oui, et les gens par ici ont l'air très sympathiques.
- Oui. Et qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
- Je suis professeur à l'Université. J'enseigne la logique déductive.
- Ah ? C'est quoi la logique déductive ?
- Laissez-moi vous donner un exemple : Je vois que vous avez une niche là dans votre jardin...
- Oui.
- J'en déduis que vous avez un chien.
- Ben... Oui.
- Si vous avez un chien, vous avez probablement des enfants.
- En effet.
- Si vous avez des enfants, j'en déduis que vous avez ou que vous avez eu, une femme.
- Ben, oui, je suis marié.
- Si vous avez une femme, j'en déduis que vous êtes hétérosexuel...
- Ouais, c'est sûr, ça !
- Eh bien, voilà ; c'est ça la logique déductive.
- Cool ! »
Un peu plus tard dans la soirée, Roger rencontre Gaston, son autre voisin :
« - J'ai rencontré notre nouveau voisin, très sympa !
- Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il fait dans la vie ?
- Il fait un truc cool : il enseigne la logique déductive.
- Ah ? C'est quoi, ça ?
- Attends, je te montre sur un exemple. T'as une niche dans ton jardin ?
- Ben... non.
- Pédé va ! »
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Et force est de reconnaitre qu’ils le font plutôt bien ! En effet, dans ce livre, sans trop verser dans les délires nébuleux qui caractérisent certains philosophes (je ne vise personne en particulier), Cathcart et Klein arrivent parfaitement à définir dans les (très) grandes lignes ce que sont les différents domaines de la philosophie, dans un ton décalé caractéristique de l’humour anglo-saxon qui passe très bien une fois qu’on s’y est habitué.
Le livre comporte un pseudo scénario, qui n’est pas sans rappeler les Dialogues d’un vieil homme barbu qui s’est suicidé en buvant un truc pas net : deux hommes, Dimitrios et Kostas, ouvrent et ferment chaque chapitre avec quelques répliques servant à nous mettre dans l’ambiance, et à nous montrer les différentes questions auxquelles la philosophie traitée dans ledit chapitre est censée répondre. Ce mot est à traiter avec beaucoup de retenue, car ceux qui ont fait un peu de philosophie savent tous que, la philosophie, par des spéculations plus que diverses (dixit un autre vieil homme très barbu et gauchiste), pose malheureusement bien plus de questions qu’elle n’y répond. Ce qui n'est pas un mal en soi, mais qui déçoit toute personne naïve voulant s'y initier.
À l’inverse de la plupart des penseurs que ce livre traite, je n’irai pas par quatre chemins, et vous dirai que ce livre est parfait pour les cuistres en la matière comme pour les lecteurs et/ou penseurs chevronnés. Les uns pourront découvrir un panorama facile d’accès sur ce merveilleux monde qu’est la philosophie, tandis que les autres entreverront la chose certainement sous un autre angle que celui auquel ils étaient habitués, qui leur plaira sans doute, pour autant qu’ils aient un esprit assez ouvert.
Après, pour ce qui est du style d’écriture et des blagues mentionnées, tout dépendra de votre style d’humour. Mais cela reste quand même un livre à lire, car franchement, on n’a pas beaucoup l’occasion de croiser des ouvrages mêlant avec une telle qualité humour et sérieux ! En fin de compte, la philosophie et les blagues n’ont jamais été aussi proches…
Oh tiens, je signalerai à cet égard que ce livre est également dédié à Groucho Marx, intellectuel auteur de la citation bien connue : « Ce sont mes principes, si tu ne les aimes pas, j’en ai d’autres. » .
Alors, que vous faut-il de plus ?
PS: Malgré ce que cet article laisse à supposer, et bien que je sois apprenti-juriste, je ne méprise pas les lettreux, et encore moins les philosophes...
VonSturm
Djeeb le Chanceur
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« Ambeliane. Cité la plus isolée de l'Arc côtier, mais aussi la plus prospère. Son fonctionnement est un mystère pour ceux qui n'en font pas partie. Surtout en ce qui concerne la haute société de la ville. Djeeb Scoriolis se rend à Ambeliane, avec pour seuls bagages un bateau, son équipage, son sac et sa chance. Jusqu'où son intrusion fracassante dans Ambeliane le mènera-t-il ? »
Djeeb le Chanceur est un livre assez particulier. Premièrement dans la manière dont il est écrit : il est rédigé à la troisième personne, mais la narration est centrée sur un seul et unique personnage : Djeeb. Ainsi, toute l'action est indirectement centrée sur lui, seules ses réflexions nous sont exposées et l'environnement nous est toujours décrit en rapport avec Djeeb. Cette narration permet de créer un lien spécial entre le lecteur et le Chanceur : au lieu de s'identifier à lui, comme pourrait le permettre la première personne, le lecteur est amené à comprendre Djeeb, ce qui est plus subtil. Et c'est heureux, car Djeeb est lui-même un personnage subtil. Amoureux du beau geste, ce fait dicte pratiquement toute sa ligne de conduite. Artiste dont l'art serait simplement de vivre, Djeeb se fait force d'enchanter chacun de ses instants par ses actions, et d'enchanter chacune des ses actions par son talent. Talent qu'il ne cache pas, dont il ne se vante pas non plus, mais dont il fait bien usage, le bougre. Ce qui donne lieu à des passages étranges, où l'auteur retranscrit ce que fait ressentir Djeeb à son public. Dont le lecteur fait indirectement partie. Ainsi, au lieu d'exposer des détails techniques peu intéressants et encore moins esthétiques, l'auteur nous donne de ce que nous devons imaginer. Ce que l'on perd en imagination, on le gagne en ressenti (encore que perdre, c'est un bien grand mot). Le tir fait donc mouche.
Et les autres personnages dans tout ça ? Ils ne sont pas en reste. Dans sa découverte de la société d'Ambeliane, Djeeb sera amené à rencontrer des personnages fortement caractérisés, du genre de ceux à qui l'on n'échappe pas lors de toute tentative d'ascension sociale. Car c'est un peu de ça dont il est question, mais aussi d'ascension tout court (raccourci facile : l'auteur pratique et aime l'escalade, mais la retranscription dans le récit est plus légère que ma remarque). De l'artiste arriviste au fonctionnaire zélé en passant par le maître-de-la-ville-dans-les-faits-mais-pas-spécialement-dans-la-fonction, c'est un bel échantillonnage du tout-insérer un nom de très grande ville qui nous est présenté, et c'est donc très crédible, tout comme le fonctionnement de la cité en elle-même. Les explications sur les particularités administratives, politiques et techniques d'Ambeliane pointent par-ci par-là dans le texte, toujours pour éclairer le lecteur, jamais pour le perdre. Rien de tel pour rendre réel un monde imaginaire. Mention spéciale au dernier quart du bouquin (avoue, lecteur, tu es intrigué).
Dans le registre des petits détails qui marchent, nous trouvons aussi les titres des chapitres. Résumés à peine camouflés des chapitres eux-mêmes, avec cette touche de mystère qui poussera le lecteur à faire foisonner son imagination s'il ne lit qu'un chapitre par jour, mais s'autorise à fureter sur le titre du chapitre suivant (testé et approuvé). J'ai lu ce livre en ligne droite (comprendre : pas tout d'un coup mais à intervalles réguliers), tant le flot du récit est entrainant. Pas de temps mort : des rythmes différents, certes, mais unis dans une trame solide.
Pour finir, sachez que l'auteur, Laurent Gidon, a déjà prévu d'écrire la suite. Lorsque vous arriverez à la fin, nul doute que vous trouverez que c'est une excellente nouvelle (c'est qu'on s'y attache à ce sacré Djeeb). Si vous voulez en savoir plus sur l'auteur, ou que vous voulez lui crier tout votre amour pour son livre, apprendre qu'il en a écrit/qu'il en écrira d'autres, n'hésitez pas à visiter son blog.
TheEdgeWalker
"La vie d'une autre" de Frédérique Deghelt
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Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d'amour et le lendemain... elle se réveille à ses côtés douze ans plus tard, mariée, mère de trois enfants et sans un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse ...
Avant de vous parler du livre en lui-même, j'aimerais juste souligner un petit point.
Quand j'ai évoqué ce livre autour de moi et le thème dont il parlait, certain(e)s de mes ami(e)s ont cru que, lorsque Marie - l'héroïne donc - se réveillait au bout de 12 ans et qu'elle ne se souvenait de rien, ces années elle les avaient vécues mais qu'elles étaient passées si vite qu'elle a cru qu'elle ne se souvenait de rien ... Erreur ! Hier, Marie rencontre Pablo en 1988, elle se réveille bel et bien en 2000, avec entre ces deux années 12 ans de néant et d'amnésie totale !!
C'est le trou de mémoire, le néant à l'état brut ! L’expérience est angoissante et terriblement réaliste. Il vous est peut-être déjà arrivé de vouloir effacer une partie de votre passé afin de mieux faire ou d’éviter une catastrophe, pour Marie, ce désir est devenu réalité, mais elle ne sait pas pourquoi. Depuis ce fameux matin où elle s’est réveillée dans une nouvelle vie, elle enquête, questionne et cherche non seulement à retrouver ce passé oublié, ces 12 années devenues vides, mais aussi à retrouver qui elle est devenue, parce qu’elle sait très bien qui elle était, du moins elle le découvre au travers de ce nouveau quotidien, mais ce qu’elle était ne semble plus rien avoir à faire avec ce qu’elle est devenue. L’homme avec qui elle avait passé la nuit il y a 12 ans, Pablo, est devenu son mari et ils ont trois enfants. Elle ne lui dit rien et tente de comprendre pourquoi elle a voulu tout oublier, pourquoi (par exemple) sur une photo prise par sa meilleure amie elle a l’air si immensément triste ...
Frédérique Deghelt nous invite donc plutôt à une exploration beaucoup plus intimiste, voire triste et nostalgique, sur les thèmes du souvenir, de la vie de couple, du temps qui passe ou encore du pardon.
Comment devient-on ? Comment passe-t-on de l’être au devenir ? Quelle est la différence entre un couple établi et un couple naissant ? Comment évoluent les sentiments et pourquoi ? Quelle est l’incidence de la venue d’un enfant sur non seulement la vie d’un couple mais également la vie intime, profonde et personnelle de celle qui a mis au monde cet enfant ? Est-on mère ou le devient-on ? Quel rôle jouent les autres, amis, ennemis ou personnes de passage sur notre inconscient ? Ce sont quelques unes des questions posées tout au long de ce roman et au-delà d’une histoire fictive, c’est surtout celle d’une personne face à ce qui fait le plus peur : l’incidence du passé sur le présent et l’avenir, et l’impossibilité d’échapper à son passé.
Le récit est très féminin et se lit comme une longue introspection de la narratrice, qui essaie de comprendre sa vie oubliée et la raison de son amnésie. Cet aspect est accentué par la mise en page des dialogues (sans tirets ni retourss à ligne), ce qui peut parfois porter à confusion et gêner quelque peu la lecture, mais qui au final se justifie très bien.
La Vie d'une Autre est donc un beau récit sur l'effet du temps sur le couple et sur nos aspirations de jeunesse, des thèmes assez classiques de la littérature, qui sont cependant abordés ici de manière originale grâce à l'amnésie de l'héroïne.
C’est un roman troublant, très prenant, "magique" aussi - dû aux questions que l'on se pose au-delà des personnages du livre et de leur histoire. Soyez attentifs à l’évolution des questionnements de Marie, parce qu’ils font comprendre tout un tas de choses (entre autres évoquées plus haut). C’est à se demander si l’auteur n’a pas elle-même vécu un tel traumatisme pour y mettre des mots ou questions aussi justes, des situations aussi rocambolesques. C’est avant tout un excellent roman d’investigation, presque un roman policier, sauf que personne n’y commet de crime - à part celui de l'oubli.
Quelques extraits :
« On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement finit par nous tuer ! »
« La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement arrêté des différents degrés de la méchanceté. »
el-d-brokeur
"Mémoire de Requin"
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Vous vous êtes déjà demandé ce qui se passait lorsqu’on produit une idée ? Lorsqu’on écrit un texte ? Lorsqu’on réfléchit ? Lorsqu’on crée ?
N’avez-vous jamais réfléchi à ce que devient ce flot de concepts, d’idées, et de théories que l’on formule chaque jour ? Où vont-elles ? Que font-elles une fois évoquées ?
Ce sont tant de questions que l’on pourrait se poser. Elles n’ont pas de réponse concrète. Bien des philosophes (notamment Platon avec sa théorie du Monde des Idées) ont produit nombres de réflexions sur la question, qui n’ont eu pour résultat que de faire engraisser la masse totale des pensées de l’être humain.
Eh bien un livre de science-fiction, écrit par le jeune écrivain britannique Steven Hall (c’est même son premier), présente une théorie tout à fait intelligente sur la question, tout en casant cela dans un scénario abracadabrant, mais prenant et tout à fait censé.
Le voici.



Ci-dessus, dans l'ordre, les couvertures anglaises, portugaises et françaises. On peut comprendre que la popularité du bouquin change suivant les pays où il est publié, mais POURQUOI avoir employé cette couleur pour la VF ???
Un jour, dans une petite bourgade tranquille d'Angleterre, Eric Sanderson se réveille seul chez lui. Il ne se rappelle pas de ce qu'il y faisait, ni comment il y est arrivé. C'est alors qu'il trouve une lettre signée "Le Premier Eric Sanderson", qui lui dit d'aller voir le Dr. Randle, médecin-psychiatre. Cette dernière lui explique sa situation: il est amnésique et est déjà venu chez elle plusieurs fois par le passé.
Les jours passent, et notre héros reçoit successivement plusieurs lettres de son premier « lui », qui lui racontent pourquoi il est dans cet état et les dangers qui l’attendent. En effet, Eric Sanderson est traqué par une étrange requin, le ludovicien, qui le chasse en vue de le dévorer, lui et ses souvenirs. Selon ces lettres, afin de s’en débarrasser, il a besoin d’un certain Trey Fidorous, qui pourrait l’aider. À cet instant, tout en essayant de fuir cette bête immonde, il va mener ses recherches, reconstituant son passé perdu grâce aux lettres qu’il s’est laissées, et redécouvrant un amour oublié.
Deux avis sur la question
Metal D. Luigi
Steven Hall signe ici un texte pour le moins intrigant. La complexité submergée dans son premier roman ne peut que nous laisser enthousiasmés pour la suite promise.
Bourrés de références et de clins d'œil, rien qu'à la première lecture on peut dénoter aisément les nombreuses inspirations. Des Dents de la Mer, à Matrix ou encore Memento pour n'en citer que trois, Steven Hall n'a pas chaumé sur l'imagination.
Combiner autant d'éléments, pour en faire une théorie originale, accrocheuse, simple mais à la fois complexe et qui surtout tient la route, ça tient du génie.
Simple et à la fois complexe. Voila comment je décrirais les "Raw Shark Texts".
D'abord nous avons une histoire non linéaire qui s'entremêle et bifurque dans divers autres points de vues.
Libre au lecteur de les analyser en profondeur ou non.
D'ailleurs la fin du livre propose une dualité bien trouvée qui laisse libre cours à l'interprétation de chacun.
Certains pourraient aisément attribuer ce voyage hallucinant à un narrateur qui n'a plus toute sa tête. Ou d'autres croiront éperdument en la santé mentale du héros et accepteront totalement la mirobolante théorie des flux conceptuels d'informations. Chaque lecteur choisira la version des faits qu'il préfère, selon à quel point il est prêt à étaler la complexité de sa vision.
Le livre est plein de moments forts et inoubliables. On ne sait jamais ce qui nous attend au prochain chapitre, le lecteur découvrant les nombreux secrets et révélations de l'univers en même temps que son protagoniste confus et perdu. Le destin lui tombe dessus et il ne sait même pas à qui faire confiance, ni même s'il peut faire confiance à lui même...
L'ouvrage offre aussi une touche unique avec l'inclusion de nombreuses et hypnotisantes "images textes" la plupart du temps représentant un (in)fameux ludovicien qui hante la vie de notre sujet principal. De quoi insuffler une vie aux textes =P
Pour finaliser mon avis, "The Raw Shark Texts" est un livre puissant doté d'un imaginaire extraordinaire.
Une lecture terriblement accrocheuse qui entre dans le panthéon de mes livres de références. En attendant impatiemment sa suite, je ne peux que vous recommander ardemment de vous le procurer.
Par contre il semble plutôt difficile à trouver en France et je pense qu'il faudra certainement attendre sa future sortie au cinéma, pour que l'œuvre gagne une seconde vie aux yeux des éditeurs et public français.
VonSturm
Je n’ai jamais beaucoup aimé la science-fiction. Pour je ne sais quelle raison, je ne suis tombé que sur des bouquins qui ne m’ont pas plu, ou auxquels je n’ai pas accroché. Même le grand Philip K. Dick n’est pas parvenu à me tenir en haleine, ce qui est plutôt étrange vu la place de choix qu’il occupe dans ce secteur de la littérature, à l’instar de Douglas Adams (que j’ai apprécié modérément, par contre, vu son côté à part) et autres. N’ayant donc lu que (très) peu de romans de SF, et quasiment hostile à ce genre d’œuvres jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça, je tombe sur ce bouquin par l’intermédiaire de l’auteur des quelques paragraphes ci-dessus.
Selon ses dires, il a lu un livre « incroyable » , qui serait une « fusion de The Matrix et de Memento si on veut faire le plus simple possible » . La chose m’intriguant, il me montre la couverture et ça m’intéresse déjà plus. Je prends donc la résolution de me procurer et de lire ce livre un de ces quatre. Ce que je fis.
Et je ne fus pas déçu. Que nenni mes amis !
Sans vouloir répéter les quelques paragraphes du dessus, je vais néanmoins en dire quelques mots.
Bien que je n’aies eu accès qu’à la version française du livre (qui a été, je trouve, assez mal traduite), son contenu présente déjà largement assez d’éléments pour nous satisfaire. Je m’explique.
Ce bouquin possède deux énormes qualités selon moi. En l’espèce, il s’agit d’un scénario béton couplé à et basé sur des théories plus qu’intéressantes.
Dans les grandes lignes, les voici.
Les idées mises ensemble forment une sorte de liquide. Conceptuel, si vous voulez. Tout ce que l’on choisit, décide, crée, produit, réfléchit, invente, vient agrandir cette masse aquatique imaginaire, qui se décline en de multiples courants, fleuves, rivières et/ou torrents de pensée, parcourus par des poissons tout aussi conceptuels allant d’inoffensif à très dangereux (à l’instar du ludovicien). Sans que nous nous en rendions compte, ces êtres vivants constitués de mots et de chiffres vivent avec nous, sans que nous les voyions, et font partie intégrante de notre société. Et nous entretenons, malgré nous, ce flot incessant, qui constitue en soi une sorte de monde parallèle dans lequel on ne peut que difficilement entrer, via des brèches menant à ce que l’on appelle le non-espace.
Un genre de Monde des Idées de Platon qui se trouve à notre niveau, en somme…
Concernant le scénario autour duquel cette théorie s’articule, on se retrouve presque seul avec Eric Sanderson, dans sa quête homérique pour retrouver la vérité et rallumer les lanternes de sa mémoire tout en essayant d’échapper au sort qui lui est réservé. On se sent transporté par le personnage, confronté à ses vives émotions, ce qui amène rapidement à avoir une vive empathie pour ce pauvre homme traqué.
Pour conclure, je me contenterai de dire que cet ouvrage m’a plus ou moins réconcilié avec la science-fiction. Disons que je l’observe à présent sous un autre angle. Positivement du moins. Eh dire que c’est le premier roman que fait Steven Hall, je n’ose pas imaginer les suivants…
Et puis, vous en connaissez beaucoup des bouquins qui présentent des concepts aussi fantasmagoriques que des textes vivants ?

Le mystère des Chapitres Négatifs
Raw Shark Texts contient 36 chapitres de bases qui composent le roman. Ce sont ces 36 chapitres que vous trouverez dans la l'édition française qui franchement ne s'est pas trop foulée pour nous apporter la complexe vision de l'auteur.
Chaque chapitre possède une surnommée version négative de lui même, ajoutant un bout de texte additionnel à une lecture déjà bien riche. Beaucoup de pays ont eu le droit à un ou plusieurs chapitres négatifs bonus. Comme vous pourrez peut-être le deviner, les français n'en ont pas eu le droit à un seul. Faute apparemment à un éditeur qui n'a pas jugé digne d'intérêt le premier roman de Steven Hall.
À noter que les chapitres négatifs ne se trouvent pas tous éparpillés dans les différentes éditions du livre à travers le monde. L'auteur a organisé un "Alternate Reality Game" (une espèce de chasse au trésor dans la vie réelle) pour les fans du bouquin. Il y a par exemple beaucoup de pages cachés à travers Internet.
L'auteur est clairement un fan d'énigmes et de mystères. Il suffit de constater comment il a annoncé son deuxième livre.
Mais qu'est-ce que sont donc les chapitres négatifs ?
Difficile à dire exactement, ils apportent tous une couche supplémentaire d'informations intrigantes mais pas forcément évidentes et claires. Certains ont la taille d'une page, d'autres ne sont qu'une paire de lignes et certains sont plus grand que leurs propres chapitres originaux. En ce jour, ils n'ont pas encore tous été trouvés.
Les chapitres négatifs sont donc pour la plupart une simple mais bienvenue couche additionnelle d'informations et de détails sur l'univers fascinant du livre.
Je vous laisse en compagnie de la page regroupant tous les chapitres négatifs dévoilés à ce jour.
Ça ne vous dira pas grand chose si vous n'avez pas lu le livre. Mais à terme de curiosité, ça vous permettra de constater à quel point l'auteur s'est lâché dans son délire et avoir un aperçu de la profondeur du bouquin.
Metal D. Luigi et VonSturm
Bwah Bwih Bwoh
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Bwah bwih bwoh
Boubiiii bwaaaaaaah !
Boubiiii kaiuaaaaaaaah ?!
Boubiiii gougaaaauhu.
Boubiio caiuatohauau.
Bwah.
Baba.
Hauyih gigouaho.
Haugoyig kaikiao.
Boggigi jiiiah !!!!
Gogiiiiou faaah.
Bwih.
Bibi.
Vuiuiiuiaaaagigigi.
Voho areuhihu kiloliji ?!
Nananaalofirar hiuyter !
Bicaoseits heycoptair.
Bwoh.
Bobo.
KM POWAAAOUIIIHAOH BWAH !
Ji Cécay


