Nos billets d'humeur
Le Sabotage Amoureux
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Aujourd'hui j'ai décidé de vous parler d'un sujet assez personnel, puisque je vais vous décrire précisément ce qui m'arrive depuis, allez, on va dire deux décennies, en matière de comportement face au sexe opposé.
1 Conditions initiales
Prenez une fille, soit jolie, soit avec qui je m'entends vraiment bien, soit pire, les deux ! Au début, rien de bien méchant, je la considère comme une amie. Et puis ensuite, il suffit de peu pour que je bascule de l'autre côté. Et là, c'est le drame. N'importe qui ou presque tenterait sa chance dès les premiers symptômes, usant, selon la personne, d'un rite amoureux plus ou moins poétique, plus ou moins subtile. Moi non.
2 Troubles
Tout réside dans ce terme : idéalisation. J'ai tendance à considérer la personne désirée comme inaccessible. Ce qui entraine alors plusieurs conséquences. Tout d'abord, je souffre. En effet, si elle est vraiment inaccessible, rien ne pourra se passer entre nous deux, et ça me fait l'aimer davantage, donc souffrir davantage. Ensuite, je me comporte différemment. Je fais tout pour qu'elle me trouve intéressant, je passe le plus clair de mon temps avec, et si elle s'intéresse à quelqu'un d'autre, je le prend mal. Je ne le montre pas, déjà parce que je serais pris en flagrant délit, ensuite parce que je n'ai aucun droit sur elle et que j'ai parfaitement conscience que c'est de la jalousie mal placée. Et j'attends donc, que ça tombe du ciel, comme si par miracle elle allait me prendre dans un coin de porte et me sauter dessus sauvagement... Évidemment, plus j'attends, plus je me dis que je n'ai pas de chance de sortir avec, puisque l'amitié s'installe de plus en plus. Alors j'ose de moins en moins (si c'est encore possible) aller lui parler. Je souffre davantage.
3 Complications
Vous allez me dire, c'est déjà pas mal compliqué. Mais il y a pire. Parfois, je sais dès le début que ce serait possible avec la demoiselle et pourtant je ne fais rien, de peur de me tromper. De plus, si vous avez bien suivi le début, vous avez dû anticiper la réciproque de mon assertion : plus la fille est accessible, moins j'ai envie d'elle. C'est comme ça que l'on se paye le luxe de refuser de sortir avec une fille très populaire qui n'a d'yeux que pour vous...
Et parfois, l'irréparable se produit : nous sommes ivres morts à une soirée et nous nous embrassons. Là, vous vous dites, c'est gagné. Eh bien non, toujours pas. Le lendemain, au lieu d'aller lui parler, comme le ferait toute personne normalement constituée, je me comporte comme s'il ne s'était rien passé. Imaginez qu'elle soit d'accord pour recommencer, ce serait dramatique...
Voilà, maintenant vous êtes au courant que je suis complètement cinglé, et si vous êtes une fille et que je vous plais, vous savez que vous devez me sauter dessus pour espérer quelque chose de moi.
PS : Les amateurs de la célèbre auteur belge/japonaise auront sans doute saisi le clin d'œil du titre, pour les autres, je les renvoie à la description de ce roman autobiographique.
Shaolan
Dude, do you feel elitist this morning ?
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Vous ne le savez peut-être pas, mais avec les membres du Pavillon on discute assez souvent. Je ne sais pas quelle impression on donne du dehors, si on a l’air d’être enfermé chacun dans sa chambre matelassée avec des camisoles et qu’on ne se parle que lorsque les bourrea... infirmières nous laissent sortir, soit toutes les semaines pendant une heure, ou alors si on a l’air socialement sain et capable de se parler. Toujours est-il qu’en réalité il nous arrive de discuter entre nous, sur les articles, sur la gestion du Pavillon, sur les sondages etc.
Là où je veux en venir, c’est qu’en soumettant mon article du mois, MARS ATTACKS!, il y a eu pas mal de réactions et on a fini par dériver assez loin, jouant à la limite du débat et du trolling. Quand je dis on, c’est Shaolan et moi. Je ne reviens pas sur le débat en lui-même, qui a été clos depuis un petit moment, mais le gredin susnommé me reprochait d’avoir des goûts trop élitistes et de ne pas savoir apprécier les choses simples (les derniers Burton, pour être concret). Il s’est rendu compte un peu tard que c’était le fruit de son imagination et que non, il n’y a pas que Kubrick que j’aime comme réalisateur, et que et que et que. Je vous spoile la fin, on s’est fait la bise, on s’est excusé, pas de mal et on est parti troller sur Haneke parce que c’est toujours drôle.
N’empêche qu’avec ces évènements, j’en suis venu à cogiter sérieusement sur quelque chose qui me turlupine depuis longtemps : Suis-je élitiste ? Si oui, est-ce une bonne chose ? Si non, est-ce une mauvaise chose ?
La question étant hautement philosophique, il est évident que toutes les réponses possibles et imaginables sont correctes, et donc on pourrait clore le débat ici, tout le monde s’en cognerait profondément. Sauf que le bien-fondé de cet article (s’il existe) s’effriterait méchamment la gueule, et donc je ne vais pas m’arrêter là.
D’abord, est-ce que je suis élitiste.
Je ne crois pas qu’on puisse se définir soi-même de la sorte, mais si « être » et « se sentir » sont deux termes qui s’équivalent dans cette question, alors déjà j’ai une réponse plus claire : je ne me sens pas élitiste. Depuis toujours. Et lorsque je le prétends, c’est toujours avec une dose de second degré très puissante.
J’veux dire, se prétendre élitiste parce qu’on aime Noir Désir, Stanley Kubrick, Pink Floyd, Dexter, Osamu Tezuka, Frank Herbert ect., c’est comme dire qu’on est scientifique parce qu’on a lu Science et Vie Junior. Qu’on se comprenne, SVJ est un bon magazine de vulgarisation de la science pour les adolescents qui n’aiment pas la voir au travers des faciès de schistes verts. Mais tout ce qui est dit dans cet hebdomadaire, tout comme ce que j’aime, n’est pas niche. Que SneV soit un élitiste, à la vue des articles sur des groupes inconnus qu’il nous pond (et il a bien raison), cent fois oui ; mais moi ? On peut ne pas connaître tout ce que j’aime, mais il y a quasiment toujours une case qui s’allume dans votre cerveau et qui vous dit "Tiens, ça me dit vaguement quelque chose". Je ne dis pas non plus que ce que mes goûts sont mainstreams au point de faire parti de la culture populaire ; rares sont mes rencontres avec des gens qui ont un chouïa de goûts comme moi (et même, rares sont mes rencontres, mais là n’est pas la question !), mais il y a un juste milieu dans lequel j’ai l’impression de me trouver.
Maintenant, deuxième question, faut-il se sentir fier d’être élitiste ou non, et faut-il conspuer « l’autre camp » ?
La tournure est bizarre, mais c’est parce que j’ai souvent l’impression que chacun se sent oppressé* par l’autre camp (rigolez pas, moi le premier – mais c’est peut-être dû à ma paranoïa) et qu’on en revient toujours au traditionnel « chacun fait ce qu’il veut, les goûts et les couleurs ça se discute pas, mais la tolérance d’admettre qu’on puisse avoir des goûts différents des tiens sans être une loque ». Certes. Mais cet argument n’autorise pas les débats sur les qualités d’une œuvre.
Donc laissons les honnêtes gens** dire que le Burton des années 2000 il a fait des films nazes*** sans les taxer d’élitiste. Et laissons les honnêtes gens dire que Michael Bay c’est pas si pourrave**** sans ricaner bêtement (ma résolution de l’année 2010).
Bien. Ce qui m’irrite, c’est que j’arrive à la fin de cet article, et que mes talents philosophiques étant ce qu’ils sont, je remarque que je n’ai rien démontré, j’ai agité du sable dans tous les sens, vous avez mal aux yeux et rien n’a changé. Ça a juste eu l’effet d’un psy, sans les commentaires, le fauteuil, l’analyse et les 40 € par séance. Pas grave, je me rattraperai le mois prochain en faisant un article de trois lignes.
* Attention tout de même, le terme n’est pas à prendre au sens fort : je sais que des fumeurs de roulées ne viennent pas tous les matins vous tabasser au pied du lit parce que vous avez aimé – grand bien vous fasse – le dernier Emmerich.
** Ben oui, je suis assez ouvert pour accepter de revoir mes opinions - même si je sais être parfois drôlement buté et non-constructif.
*** Je ne dis pas qu’on ne peut pas les apprécier, mais objectivement parlant, j’y trouve plus de défaut ou de paresse que d’inventivité et de qualité.
**** Que de notes de fin d'article, n'est-ce pas ? On m’a démontré brillamment que la démarche du réalisateur n’était pas si merdique ; mais la démonstration avouait elle-même que ses films étaient irregardables.
Leto
INCULTE TOI-MÊME !
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Aujourd'hui nous allons parler d'un phénomène assez répandu chez l'espèce humaine, une situation que vous avez tous déjà vécue, que vous en ayez été victime, bourreau, ou les deux.
1. Description du phénomène
1.1. Théorème
Quelles que soient deux personnes A et B contenues au sens de l'inclusion dans l'ensemble des Français F, sous-ensemble de l'espèce humaine H, telles que A au moins ait un cercle de connaissances limité.
S'il existe une connaissance C telle que C appartient à A mais pas à B, alors A considèrera B inculte.
1.2. Exemple
A : T'as vu le dernier Harry Potter ?
B : C'est quoi ça, aripoteur ?!
A : Tu connais pas Harry Potter ?! INCULTE !
2. Analyse
Décryptons ensemble les tenants et aboutissants de cette conversation.
2.1. Pourquoi B peut-il se sentir vexé ?
Quelque part, on est tous inculte. Alors pourquoi est-ce si vexant ? Tout simplement parce que ça nous renvoie directement à une faiblesse, celle de ne pas tout connaître. C'est jamais agréable de se retrouver nez-à-nez avec une vérité aussi dure. Dans une société où le savoir est primordial, on pourrait aller jusqu'à dire que A signifie clairement à B qu'il le domine parce qu'il connaît au moins quelque chose que B ne connaît pas.
Mais ce qui se cache derrière ce mot, c'est la force de toute une communauté dans la connivence. En effet, si A était le seul à connaitre ce fait, B pourrait s'en sortir en affirmant que son ignorance n'est pas si grave, puisque peu utile en société. Mais "inculte" renvoie directement à la notion de connaissance partagée par un grand nombre. Et plus cette connaissance est répandue parmi la population, moins B a "d'excuses" pour ne pas être au courant.
Le plus important dans notre société, c'est d'être "normal", c'est-à-dire "comme le plus grand nombre" et en traitant B d'inculte, A l'exclut de la normalité. Il le considère comme anormal, bizarre, en marge de la société, bref, pas comme lui ! Isolé de tous les autres qui ont la chance de connaitre ce merveilleux film, puisque célèbre (oui, je sais, l'argument ne tient pas, mais c'est comme ça que l'on raisonne d'ordinaire), il ne peut ressentir que de la frustration.
2.2. Pourquoi A est-il si violent ?
Deux pistes de réflexions s'offrent naturellement à nous.
2.2.1. Un cercle de connaissances limité
Notre personnage A est une personne qui, comme la plupart de ses congénères, a un cercle de connaissances limité. Entendez par là qu'il ne connaît pas grand chose, quel que soit le sujet abordé. Essayant d'entamer une discussion avec B, il ne peut que se référer à un domaine qu'il connaît un tant soit peu, ici le dernier film qu'il a vu. Et soudain, c'est le drame. En effet, B, qui éventuellement a lui aussi un cercle de connaissances limité, a eu la malchance de ne pas posséder ce film dans sa petite base de données intellectuelle. Je dis "éventuellement", car on peut disposer d'une grande quantité de connaissances dans divers domaines, sans pour autant être au courant de tout, notamment du dernier film sorti dans les salles obscures.
À ce moment là, A ne peut s'empêcher de spécifier à son interlocuteur que ne pas connaître ce film lui paraît être un fait extraordinaire, quelque chose que jamais, dans son petit cerveau étriqué qui contient si peu de connaissances, il n'aurait pu concevoir. D'ailleurs le manque de connaissances et le manque d'ouverture d'esprit vont souvent de pair. En effet, difficile d'imaginer que quelque chose d'aussi répandu puisse ne pas être connu de tous. Et c'est à ce moment que, rejetant la faute sur son interlocuteur, puisqu'incapable de se remettre en question lui-même, A assène à B un violent, mais non moins prévisible "INCULTE !".
S'il avait eu un peu plus de connaissances, A se serait rendu compte au fur et à mesure de ce qu'il apprenait qu'il ne connaissait pas grand chose. C'est le fameux paradoxe de Socrate : "La seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien." Cela lui aurait permis de faire preuve de tolérance et il se serait rendu compte que B connaît sans doute des choses qu'il ignore. Ainsi, il aurait évité de vexer inutilement son interlocuteur et lui aurait fait montre d'intelligence en saisissant l'opportunité de partager sa connaissance avec B.
2.2.2. Une revanche bien méritée
D'après le théorème ci-dessus, vu que la plupart des gens a un cercle de connaissances limités, presque tout le monde s'est déjà pris un "INCULTE !" dans la tronche. C'est vexant, comme nous l'avons vu plus haut. Et A, qui n'a pas réfléchi plus loin, comme à l'accoutumée, s'est dit que puisqu'on l'avait jadis vexé en lui montrant ses lacunes, il allait en faire de même avec ce pauvre B. Quelle jouissance de pouvoir infliger à quelqu'un ce que l'on a subi dans le passé ! B n'y est pour rien ? pas grave, A n'y était pour rien non plus à l'époque. Et tel une sorte de bizutage sans fin, B, s'il ne l'est pas déjà, deviendra peut-être lui aussi un utilisateur du "INCULTE !". Sous cette forme ou sous une autre, déguisée sous de l'ironie, du cynisme ou encore des sarcasmes.
3. Remèdes
Mais comment faire quand on est à la place de B pour expliquer à A qu'il se fourvoie honteusement dans la bêtise la plus incommensurable qui soit ? Eh bien tout dépend de A, mais il y a une règle fondamentale à observer :
Ne jamais s'énerver, ça ne fait qu'empirer la situation ! Soit l'autre s'énerve aussi et le débat devient stérile, soit l'autre voit en vous quelqu'un de vexé et, soit il jubile, soit il a pitié de vous. Dans tous les cas vous avez perdu la partie à ses yeux, alors qu'en fait, c'est lui le véritable perdant dans l'histoire.
Voici quelques stratégies possibles à adopter :
3.1. S'en foutre
Si A est un sombre crétin, l'indifférence est votre seule issue. De toute façon vous êtes plus intelligent que lui, et maintenant qu'il a partagé cette connaissance avec vous, il ne vous sert plus à rien. Encore quand vous ignoriez ce qu'il savait pouvait-il s'en vanter, mais maintenant que l'imbécile vous a offert son maigre savoir, vous êtes d'égal à égal. Feignez le mécontentement ou l'embarras pour faire plaisir au rustre, et laissez courir. S'il récidive trop souvent, faites-lui un german souplex, les crétins ne comprennent que la violence.
3.2. Faire appel à sa raison
A n'est (habituellement) pas un sombre crétin, mais sur ce coup là, il s'est laissé emporté. Bon, ça arrive. Faites-lui remarquer. Si le bougre ne veut pas reculer, de deux choses l'une, soit il ne représente pas grand chose à vos yeux, et laissez tomber, soit c'est un bon ami, et essayez au moins de lui expliquer que c'est dommage d'en arriver à de tels termes et que vous aussi vous savez probablement des choses très connues et qu'il ignore. Avoir un exemple dans ce cas là est vivement recommandé pour appuyer vos propos.
Voilà, si vous n'êtes pas trop stupide, vous repenserez à cet article quand vous serez sur le point de balancer un "Inculte !" à quelqu'un, et vous y réfléchirez à deux fois en vous disant qu'éventuellement vous n'êtes pas mieux que lui, car vous non plus, vous ne connaissez pas la capitale du Laos (qui a dit "Vientiane !" ? ça va hein, je le savais d'abord), ou le nom du dernier roi de la dynastie des Mérovingiens. Et si vous êtes un jour dans la situation de B, pensez à parler de cet article à votre A du moment ! Ben quoi, j'ai bien droit de faire un peu de pub...
Shaolan
Les gens écrivent comme de la merde
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Vous êtes tranquillement installé(e) devant votre ordinateur. Ou vous êtes avachi sur votre canapé/lit, votre ordinateur portable sur vos genoux, peu importe. Vous êtes connecté(e) au Net. Vous tapez sur votre clavier, pour laisser votre opinion sur un article de blog, voire pour en écrire un. Peut-être en fait que ce que vous tapez n’a rien à voir, que vous communiquez de façon instantanée avec quelqu’un, ou que vous griffonnez virtuellement un mot sur un mur non moins virtuel et encore plus allégorique. Peu importe pourquoi vous tapez, au final. L’important c’est que vous tapez quelque chose qui ressemble vaguement à ceci :
« ta tro réson, c juste pa possible… lol »
À ce moment là, on sonne à la porte d’entrée. Vous pestez contre le fait d’avoir à bouger de votre place, mais vous le faites quand même. Quand vous ouvrez la porte pour voir qui vous importune, vous n’avez pas le temps de reconnaître qui que ce soit, puisqu’une hache vient s’abattre en plein de milieu de votre visage. Vous vivez probablement encore une demi-seconde et souffrez beaucoup. Heureusement pour les voisins, votre cri d’agonie est interrompu par un chargeur complet de semi-automatique vidé dans votre poitrine. Une fois que votre cadavre est tombé à terre comme une vieille serpillère gorgée de sang, votre assassin enjambe votre corps, le traine jusqu’à votre coin cuisine puis entreprend de découper votre cadavre en morceaux, qu’il passe ensuite dans un mixeur industriel qu’il a apporté pour l’occasion. Pour finir, il vide l’intégralité du liquide obtenu dans vos toilettes, non sans se soulager par-dessus. Puis il quitte l’endroit aussi vite qu’il est venu.
Ceci est ce qui se passerait si la réalité était gouvernée par des lois plus justes envers les langues en général et le français en particulier.
C’est un fait : sur le net, les gens écrivent mal. Vraiment mal. Le français souffre particulièrement de ce mauvais traitement. Cet abus de la langue atteint parfois des sommets qui semblent répondre d’une volonté inconsciente et collective de passer au presse-purée plusieurs siècles d’héritage culturel avant de les dévorer bruyamment en rotant, puis de les déféquer.
Non, je ne vais pas parler des abrutis qui parlent en langage SMS. Leur statut d’abruti a déjà été rendu public, s’acharner sur eux serait comme battre un cheval en putréfaction. Oui, cela signifie, par extension, que si vous n’êtes pas choqué par le langage SMS, vous êtes un(e) abruti(e). Ou un cheval en putréfaction. Vous n’avez surement de toute façon pas saisi les phrases précédentes, elles sont bien trop longues pour vous.
Dans cet article, où je me laisse aller à vomir un fiel qu’il me plaît d’étaler à la face de nos rares lecteurs, je vais taper sur, ou battre à mort, je ne garantis pas de me retenir, des pratiques de langage écrit moderne plus subtiles mais tout aussi horribles.
Prenons la phrase d’exemple du premier paragraphe, elle nous fournira bon nombre d’éléments.
Le premier est, en toute logique, situé en tout début de phrase. TOUT début. Je parle bien sûr de la majuscule. Il semblerait que chez certains spécimens, appuyer sur une touche supplémentaire en commençant chaque phrase demande beaucoup trop d’énergie. Probablement que cela les priverait de celle nécessaire pour cliquer sur le lien vers cette vidéo YouTube avec quinze points d’exclamation à la suite dans le titre. Un bonus est accordé à ceux qui n’utilisent pas de point et ne font donc pas de phrases, pensant ainsi détourner cette règle. Raté. Cette pratique peut aussi être mise sur le compte de l’utilisation abusive de logiciels de traitement de texte, qui se chargent automatiquement de transformer la première lettre en majuscule. Encore que prêter le réflexe d’ouvrir régulièrement un traitement de texte à des semi-analphabètes me semble être un peu trop clément.
Ensuite, nous avons l’oubli de l’apostrophe. Je ne m’étendrai pas dessus, vu que cela relève du langage SMS, l’enfant bâtard arriéré mental du français.
La faute suivante est récurrente. Beaucoup trop d’ailleurs. Tellement répandue que c’en est presque devenu un phénomène de société. Il s’agit bien entendu de la tendance, encore inexpliquée à ce jour, d’ajouter le mot "juste" à chaque phrase, comme un individu atteint du syndrome de La Tourette déverserait ses insanités verbales de manière compulsive. Cet innocent mot de cinq lettres est devenu une sorte de super-superlatif, dont l’emploi pour augmenter l’impact d’un adjectif ou d’un adverbe est désormais obligatoire pour ceux incapables de se rendre compte de leur propre connerie. Ou, pour reprendre leurs termes, en sont juste incapables. Putain, mais n’ont-ils pas les yeux qui brûlent et les oreilles qui saignent à chaque fois qu’ils écrivent ou disent cela ? LE MOT JUSTE N’A PAS ÉTÉ INVENTÉ POUR ÊTRE EMPLOYÉ COMME UN PUTAIN D’ÉLÉMENT DÉCORATIF POUR EMBELLIR VOTRE PROSE D’ATTARDÉ. L’ajouter à tout bout de champ, c’est moche, c’est con et ça démontre une totale incompréhension de la notion d’emphase.
Après cela, nous sommes confrontés à une pratique qui permet en un clin d’œil de cerner la personnalité de celui qui s’en sert. Il s’agit des points de suspension. Il n’est pas rare de retrouver des messages DONT CHAQUE PUTAIN DE PHRASE FINIT PAR DES POINTS DE SUSPENSION. Petite leçon à l’usage de ceux qui se reconnaitraient dans cette pratique : les points de suspension sont utilisés pour marquer soit un sous-entendu, soit une hésitation, soit une ellipse. La dernière notion étant trop compliquée pour que ce soit ce que vous visiez, il reste les deux autres. La plus probable est la première. En plaçant des points de suspension, vous pensez vous montrer malin en laissant entendre que vous voulez dire plus que ce que vous écrivez. Vous savez quoi ? ÇA N’EST PAS DU TOUT CRÉDIBLE SI CHACUNE DES PHRASES FINIT COMME ÇA. Ça donne l’impression que vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez si vous cachez autant de choses, ou que vous êtes un crétin mou incapable de finir, pire, de PENSER ses phrases autrement que de la manière traînante des dégénérés neuronaux en phase terminale. Dans tout les cas, VOUS ÊTES UNE MERDE. Et personne ne voudra vous lire.
Dernier élément de l’exemple. Le fameux lol. Comme une philosophie ne manque surement pas de nous l’enseigner, les choses ne sont pas mauvaises ou bonnes en elles-mêmes. C’est le cas du lol. On peut en faire une utilisation intelligente. Ou tout du moins, pas trop conne. Mais comme nos amis les chimistes nous le rappellent, le poison, c’est la dose. Donc, placer lol à la fin de chacune de ses phrases, C’EST FAIRE PREUVE D’UNE DIARRHÉE VERBALE TRADUISANT L’ÉTAT DE DÉCOMPOSITION FÉCALE AVANCÉE DE VOTRE CENTRE DU LANGAGE. L’autre extrême est aussi vraie : « lol » tout seul n’est pas une phrase.
Attaquons maintenant d’autres pratiques horripilantes. Penchons-nous sur les smileys. Ou émoticônes, ça dépend quel niveau atteint votre fanatisme de l’Académie Française. L’usage veut que désormais les smileys exprimant la joie ou le rire soit placés en fin de phrases négatives, voire violentes, afin d’en atténuer l’impact. Exemple : « Mais si t’étais moins con, t’aurais compris la blague =D » Et l’hypocrisie générale d’être propulsée au rang d’art. Cette pratique donne envie de vomir. Non seulement ceux qui emploient cela n’en sont pas rendus moins agressifs, mais ils deviennent surtout des couilles molles lâches incapables d’assumer leur propres actes. Je t’insulte mais c’est pas grave parce que je met un ^^ à la fin donc je t’aime bien quand même. Fils de pute XD. PUTAIN, MAIS QUAND VOUS VOULEZ CHIER À LA GUEULE DE QUELQU’UN, FAITES-LE PLEINEMENT OU ALLEZ VOUS FAIRE ENLEVER VOS PENCHANTS TROLLS À COUPS D’ÉLECTROCHOCS.
Passons maintenant à une habitude caractéristique d’une sous-catégorie d’internautes. Les wannabe japanese. Autrement dit, les abrutis qui pensent que le Japon c’est trop bien et que du coup parler le japonais c’est trop cool ! Seulement voilà. Le japonais, c’est difficile. Comment faire alors pour donner l’illusion de parler la langue sans attendre plusieurs années à chier des briques sur l’une des syntaxes les plus ardues du monde ? Utiliser les suffixes d’appréciation japonais. Vous savez, les -kun, -san et autres que l’on retrouve dans quasiment tous les anime, les rendant très facile à retenir. Ce qui donne des assemblages contre-nature du genre Géraldine-chan ou Raoul-sama. Putain. Putain. PUTAIN ! MAIS COMMENT VOUS POUVEZ TROUVER ÇA ÉLÉGANT ? Non seulement cette utilisation des suffixes relève d’un pan culturel japonais qui n’a AUCUN ÉQUIVALENT FRANÇAIS, rendant cette incorporation totalement absurde, mais en plus c’est IMMONDE ! Comment pouvez-vous imaginer une seule seconde que mélanger du français et du japonais puisse donner quelque chose d’harmonieux ? L’écoute prolongé de J-Pop a dû griller peu à peu votre centre de la linguistique.
Puisque j’en suis à parler de mélange contre-nature et de sous-catégorie d’internautes, j’en viens aux joueurs. Ou gamers. Au nom on ne peut plus révélateur de leur penchant pervers : l’intrusion de mots anglais dans leur vocabulaire courant. Oui, je sais que c’est une des choses qui fait évoluer la langue. Non, personne ne me fera utiliser mél pour parler d’un email. Mais quelle autre réaction que l’incompréhension la plus totale peut-on avoir face à un mot tel que rusher ? Ou fragger ? Ou BUILDER ? Pour les plus innocents, il ne s’agit pas de formes nominales de verbes anglais, mais bel et bien DE VERBE ANGLAIS TRANSFORMÉS EN VERBE FRANÇAIS, par une horrible greffe de terminaison de verbe du premier groupe. Toujours la même. Le deuxième et le troisième n’existent pas dans leurs esprits. Cette pratique atteint des sommets dans l’absurdité. Quelle peut bien être la motivation derrière une telle mutation ? Parler plus vite ? Pas en rajoutant des lettres. Franciser ? Les traductions sont parmi les plus simples de la langue. La vérité c’est qu’au lieu d’avoir leur centre du langage détruit, les joueurs développent un cancer du cerveau dans cette région qui altère définitivement leur perception du vocabulaire. C’est la seule explication quant au fait qu’ils survivent dans cet état permanent du viol de leur langue maternelle.
Et je ne parle même pas du leetspeak. Ou 13375p34k, ce qui donne un bon aperçu de la catastrophe.
Pour finir cet échantillonnage des pratiques du massacre du Français, je rends hommage à l’une des pires pratiques qui soit. Une pratique qui, malgré son statut reconnu de connerie sans nom, continue encore et toujours de polluer les écrits et conversations, virtuels ou non. Deux mots : ou pas. J’ai des crampes dans les doigts rien qu’à taper ces mots sur mon clavier. L’emploi de ces deux mots regroupe les pires tares des exemples précédents. Utilisation joker, la rendant totalement inutile : ils peuvent être placés à la fin de N’IMPORTE QUELLE PHRASE. Tentative d’insertion d’humour pour racheter une phrase : et pourtant, à force d’être utilisée, cette expression a perdu tout son potentiel comique POUR PEU QU’ELLE EN AIT EU LA MOINDRE PUTAIN DE PARCELLE AUPARAVANT, TELLEMENT ELLE EST INTRINSÈQUEMENT MERDIQUE. Le constat est simple : tous ceux qui utilisent le « ou pas » sont : has-been, dépourvus d’humour, dépourvus d’imagination et dépourvus de sens commun. Mais le pire est encore ceux qui rient effectivement de ces deux mots. Avec les utilisateurs, ils forment une sorte de troupeau de débiles, s’adonnant à leur pratique répugnante entre eux, toujours prêts à perdre quelques neurones dans le rire gras et décérébré que leur procurent leurs deux mots favoris.
L’esprit humain n’étant jamais à court d’imagination quand il s’agit de perversion, il existe encore beaucoup d’autres habitudes à la con du même genre, certaines ne demandant qu’à émerger du cloaque putride où elles ont germé. Car aussi incroyable que cela puisse paraitre, au-delà du con/de la conne à l’origine de la mutation du langage, il y a toujours plus con(ne) pour la réutiliser ensuite. Toutefois, j’estime avoir suffisamment déversé ma bile pour me sentir soulagé.
Bravo si vous avez tenu jusqu’au bout.
Toutes mes félicitations si vous ne vous êtes reconnu dans aucune de ces pratiques.
J’emmerde profondément tous les autres.
TheEdgeWalker
Les classiques
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Pourquoi un tel article ?
Juste pour me défouler, parce que ça me fait du bien d'écrire des conneries, et puis surtout : FUUUUUUUUUUCK les classiques.
Le truc c'est que cette année je suis tombé sur une prof' qui nous donne que des classiques à lire : Zola, Balzac, etc... De semaines en semaines. Et ça me gave. Pas que je n'aime pas lire, loin de là, j'aime beaucoup lire. Sachez également que je n'ai rien contre ces auteurs en particulier. Si leurs livres sont des classiques ce n'est pas pour rien. Et je dois dire que je les apprécie à force (bah ouais c'est quand même des sacrés histoires : exemple Germinal). Mais, franchement, quel est l'intérêt de faire des descriptions sans arrêt, pour tout, et surtout : partout ?
Déjà qu'à la base le style de ces auteurs n'est pas très facile à lire ; Souvent insipide et anarchique (mais bizarrement ça veut dire quelque chose malgré tout), mais quand ils vous font des descriptions je ne vous dis pas le truc. On devrait lire ça aux petits de 3 ans :
« Mon petit, au lieu de t'endormir en te lisant la belle au bois dormant ce soir, je vais te lire un Zola, tu vas morfler ta race ».
Sans déconner, les descriptions c'est le bien, mais à dose modéré. Quand tu te bouffes un pavé de 600 pages, avec 400 pages de descriptions je peux te dire que t'es bien énervé ! Surtout que parfois ces auteurs décrivent des choses inutiles. Peut être parce que à l'époque c'était la mode :
« Eh oh j'ai fait 400 pages de descriptions, qui dis mieux les fesses-mathieu ? »
Ou peut être était-ce fun ? Ou carrément, ils faisaient ça pour que leur livre soit plus gros. Personnellement je n'en sais rien, mais ce que je sais c'est que classiques c'est insipide.
Mais paradoxalement, qu'est-ce que c'est bon hormis ceci.
Hachimaki


