Le Pavillon du cinéma
Summer wars
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Cet article sera légèrement différent de mes autres, dans le sens où il est écrit à chaud, car au moment où je tape ces lignes je sors tout juste (à 2 heures près) du film dont je vais vous parler. D'habitude, je préfère écrire quelque chose à tête reposée, mais c'est soit ça, soit pas d'article de mon cru ce mois-ci. Il n'est pas sûr que prendre d'habitude ce temps de décalage change grand chose par rapport à ce que je vais pondre là tout de suite, mais usuellement ça me rassure de me dire que j'ai laissé les choses se décanter dans mon esprit, afin de pouvoir extraire le produit pur de mes pensées ainsi filtrées. Ça fait suffisamment de références chimiques pour un article, passons au vif du sujet.

Mon armée c'est ma famille et vice-versa
Summer wars est la dernière production du studio Mad House à être sortie en France. L'ayant vu le dernier jour d'exploitation dans le dernier cinéma de Lyon à le projeter, je doute qu'il passe encore dans le reste de la France (pas de référence à Paris pour entretenir mon côté provincial), mais au moins, ça vous fera un bon conseil DVD. À part ça il est réalisé par Mamoru Hosoda et si vous aussi vous avez adoré La traversée du temps, vous savez que ce nom est signe de qualité. L'histoire se concentre sur Kenji, lycéen sans histoire qui se retrouve engagé par sa camarade Natsuki pour un job d'été. Ce job implique de se rendre dans la demeure de l'arrière-grand-mère de cette dernière et il se révèle vite consister à jouer le rôle du petit ami de Natsuki, qui avait promis à sa bisaïeule de lui présenter avant que cette dernière ne meure. Or comme elle fête ses 90 ans ce week-end... Ce jeu de rôle va être perturbé par un problème de piratage sans précédent dans le monde virtuel d'OZ. Qu'est-ce qu'OZ ? Pour faire simple, c'est une version fantasmée de l'Internet et du Web, qui centralise à peu près toutes les données numériques du monde. Du coup, quand je vous parle de piratage, je suis sûr que vous avez déjà une idée de ce qui va se passer. En fait, c'est l'une des grandes caractéristiques de Summer wars : plus ça va, plus on sait ce qui va suivre. Les ficelles scénaristiques de ce film sont faciles à deviner car connues. Il utilise même sans vergogne des clichés répandus : vous sourirez devant les personnages qui ne font que taper au clavier pour interagir avec leur ordinateur.
Toutefois, n'allez pas croire que ces clichés plombent le film, ou qu'ils le rendent inintéressant. Bien au contraire, leur utilisation est tellement habile et assumée qu'on ne les sent pas du tout passer. On les remarque, on les salue au passage, comme on salue un voisin qu'on connait bien de vue sans forcément l'apprécier plus que cela, puis on continue. Je me suis même surpris à être remué par les scènes émouvantes du film, preuve de leur efficacité. Car il y a beaucoup de sentiments différents dans ce film. À peu près tous en fait, ce qui apporte une sacrée diversité à l'histoire. Et c'est là le gros point fort du film : sa diversité. Un peu à l'image du simili-web OZ, Summer wars est lui-même un accès à tous les éléments du monde, en prenant le monde comme cinéma. Peut-être que j'exagère un peu, mais on passe vraiment du rire aux larmes en un rien de temps, et d'un rire à un autre d'un genre différent encore plus rapidement, sans que ça ne choque jamais. C'en est presque une performance. J'ai ri devant les actions des membres de la famille Jinnouchi. J'ai été ému par la relation entre la doyenne et Wabisuke. J'ai ri d'un plaisir sadique en regardant le chaos produit par le piratage de masse. J'ai vibré devant les scènes de baston épiques. En parlant d'épique, Summer wars réussi le tour de force de tenter de rendre une partie de jeu de carte pleine de tension et de bravoure à l'instar d'un Yu-Gi-Oh! et d'y arriver contrairement à un Yu-Gi-Oh!. Quand je vous disais qu'on peut tout trouver dans ce film.
Un autre point fort du film, c'est son ambiance. Pour les scènes dans le monde réel, nous nous trouvons en plein été, dans une immense et ancienne maison au cœur de la campagne japonaise. Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait rêver. Beaucoup. Mais plus onirique encore est le monde virtuel, OZ. Le design est très, très japonais mais hé, ça fait un bail qu'on en voit maintenant, inutile de vous plaindre que vous n'êtes pas habitués. Reste que de voir un monde séparé en espaces matérialisant les services qu'ils offrent (bibliothèque pour la connaissance, des graphiques pour la bourse...), le tout orbitant autour d'une mégastructure blanche et imposante, où l'on, enfin son avatar, vole pour naviguer... C'est peut-être dans la réalité techniquement super difficile à réaliser et inutilement compliqué mais, le MSV me passe au presse-purée, ça a de la gueule. Aussi, si certains ordinateurs montrés dans le film vous font baver, c'est normal.
Hitchcock disait que la qualité d'un film se mesure à celle de son méchant. S'il avait vu Summer wars, il aurait certainement apprécié le cinéma d'animation japonais par la suite. L'antagoniste donc, le terrible Love Machine, est un méchant dans toute sa splendeur. Affichant un air vicieux en total accord avec sa personnalité (le sourire démoniaque joue beaucoup) et étant muet pour encore plus le séparer des héros humains, c'est un vrai plaisir que de suivre son cheminement de la destruction et du chaos. Surtout que sa motivation est simple : il est fait pour ça. Détail qui fait mouche : c'est surement à cause de son nom, mais Love Machine ne cesse d'arborer un symbole de cœur sur son front. Ce qui m'a fait penser à Dio Brando. D'où gain drastique de crédibilité en tant que méchant. Et lorsqu'il se fait défoncer (OH MON DIEU NON DES SPOILERS !), je n'ai pas pu m'empêcher de penser « Ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ! » Oh que c'était bon.
Pour régler les derniers détails technique, l'animation est d'une qualité irréprochable, Mad House oblige et la musique colle bien à l'ambiance. Au final, Summer wars est un film à voir. Quoi que vous aimiez, vous l'y retrouverez. Quoique, le vrai mot de la fin, c'est que ce sont les Mathématiques qui sauvent le monde et ça, c'est la classe.
TheEdgeWalker
Fruit Maudit
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Goddag !*
Comme le disait Shaolan dans son excellent article, tout le monde est inculte. Vraiment tout le monde, en un sens. Et ce que je vais présenter pourrait me permettre, d’une certaine manière, si je me comporte exactement à l’instar de A dans son exemple, de tous vous considérer ainsi sans sommation, car je vais traiter d’un film que pratiquement personne n’a vu. Cependant, étant loin d’être un vantard pédant et imbu de sa personne (jolie suite de pléonasmes !) je me rends bien compte que le simple fait qu’une écrasante majorité de gens ne l’ait pas vu ne me permet pas d’employer cette insulte à loisir (et cela dit, ma conscience non plus).
À cet égard, je vais donc me retenir et ainsi vous parler d’un film que je considère comme original, mais méconnu, car je ne connais personne qui l'ait vu, sauf les gens que j’ai sournoisement forcé à le visionner sous la contrainte. Ces mêmes personnes en sont ressorties grandies, si je puis dire, vu que, même si elles n’ont pas forcément tout compris en le regardant, elles ont passé un bon moment devant ce métrage plus que space. Pour la petite histoire, j'ai eu moi-même l'occasion de le voir au cinéma avec un ami, il y a fort longtemps, dans le cadre d'une projection d'un film étranger (vous savez, le genre de films qui sont parfois excellents, mais que - presque - personne ne va voir).
Pour commencer, quelques petites indications concernant notamment les titres que ce film a reçus. Officiellement, il a obtenu les Grand Prix et Prix du Public au Festival International du film fantastique de Bruxelles en 2006. De plus, officieusement (car je ne sais ça que de réputation uniquement), il aurait reçu aussi le titre de « film préféré des adolescents », ce que je comprends à présent parfaitement après l’avoir regardé pas moins de trois fois. Je vais bientôt vous en dire plus sur ses caractéristiques, alors continuez à lire mon article, en sautant les diverses explosions d’égo en tout genre et les applications du phénomène décrit dans l’article de Shaolan**.
Voilà donc de quoi il sera question ici. Je vous l’avais mentionné dans mon article sur Millenium, je vous en parle maintenant, pour le meilleur et pour le pire. Tremblez, forbans !

Bon, de quoi ça parle, Von ?
L’histoire, se déroulant au Danemark, dépeint principalement deux hommes et leurs caractères.
Adam est un homme renfrogné, violent et patibulaire. Sympathisant de la cause néo-nazie, et fraichement relâché en liberté conditionnelle, il est envoyé en rééducation dans un bled paumé de la campagne danoise, chez un pasteur, Ivan.
Ce dernier est son antagoniste parfait : (trop) serviable, humble, gentil et patient, il prend en charge des délinquants et/ou des désespérés sous son aile, afin de les aider à se réintégrer dans la société. À peine arrivé, le pasteur dit à Adam qu’il doit concrétiser un projet pour pouvoir quitter cet endroit. Ce dernier, qui a remarqué le magnifique pommier qui trône dans le domaine du pasteur, et voulant partir au plus vite, lui répond qu’il compte faire un gâteau avec les pommes de cet arbre.
Seulement, peu après son arrivée, des catastrophes (corbeaux, vers, etc…) s’enchaînent au fur et à mesure sur le pommier. En parallèle, Adam apprend à connaitre les autres pensionnaires de l’établissement, notamment Khalid, « ex »- braqueur de stations-service et Gunnar, tennisman alcoolique. Il découvre aussi qu’Ivan a une curieuse manière d’aborder les choses qui le gênent et les problèmes qu’il rencontre. En effet, ce dernier est incapable de voir les mauvais côtés des gens et des situations qu’il y a autour de lui, car sa foi (inébranlable ?) lui fait croire qu’il y a du bon dans chaque homme.
Au premier abord agacé par la philosophie d’Ivan, Adam découvre les fondements de celle-ci grâce, entre autres, à une Bible et au médecin du village. Le pasteur pense en effet que Satan est en train de le tester (ainsi que les autres) en lui/leur faisant subir des épreuves en tous genres. Le néo-nazi va donc essayer de ramener le fervent dévot à la raison.
Et t'en penses quoi?
Même si le danois est loin d’être ma langue préférée (ça ressemble vaguement à un croisement entre du hollandais, de l’allemand et du suédois, donc ce n’est pas forcément très joli à entendre), je dois dire que ce film, aussi atypique soit-il, est plutôt intéressant pour les raisons suivantes.
Pour commencer, il faut savoir que la religion occupe une place plus qu'importante dans ce long-métrage, ce qui peut se ressentir d’abord par son titre, puis l’endroit où il est tourné, puis l’histoire en elle-même. Car en fait, toute l’histoire est une sorte de reconstitution d’un livre de l’Ancien Testament (qu’Adam finira par lire), à savoir le Livre de Job. Ainsi, tout le film est une fable religieuse, qui est marquée par le deuxième élément qui le rend attachant, dont je vous parlerai plus bas. Le personnage de Job, qui, je le rappelle, est un homme sujet d’un pari entre Dieu et le Diable, est amené dans la pire situation qui soit afin de tester sa foi (pour ne donner que quelques éléments, on commence par le ruiner, puis il perd femme et enfants, et est atteint de diverses maladies). La personne qui est le « Job » de la Bible n’est autre que, bien sûr, Ivan, qui pense ainsi avec une ferveur sans borne que tout ce qui lui arrive de fâcheux est une épreuve, afin de voir s’il a toujours foi en Dieu, en qui il croit ardemment. Cela dit, lorsqu’on voit la quantité énorme de malheurs qu’il a subi et qu’il subit encore, on peut comprendre la raison pour laquelle il s’est cadenassé dans la religion. Mécanisme de défense qui peut sembler utile au premier abord, mais qui sera ébranlé plusieurs fois par Adam au cours de l’histoire.
Ce dernier subit lui aussi une évolution durant tout le développement de la trame du long-métrage, qui le fera ainsi changer complètement de bord. Il deviendra ainsi un autre homme durant une métamorphose kafkaïenne qui est engendrée principalement par sa relation sociale plus que tourmentée avec Ivan. On observera – entre autres – qu’il manifeste de plus en plus d’intérêt pour cette fichue tarte aux pommes qui au départ n’était pour lui qu’une simple formalité pour quitter ce coin perdu…

"Belle journée pour faire du tir aux corbeaux, hein Adam ?"
Une interprétation cinématographique d’une parabole est une chose. La manière dont on la traite est une tout autre paire de manches. De manière sobre, sérieuse, humoristique, poétique, triomphale, on peut la dépeindre sous divers aspects. Cette liste est tout sauf exhaustive, ça va de soi.
Où voulais-je en venir ? Ce qui fait l’originalité et tout l’intérêt d’Adam’s Apples est le fait que toute la trame est empreinte d’une énorme dose d’humour noir (le docteur qu’Adam rencontrera en est un des producteurs les plus prolifiques), ce qui lui donne une couleur particulière, mais tout à fait supportable, voire plaisante pour ceux qui aiment le genre. Il vous suffit de zieuter la bande-annonce*** pour en avoir un joli exemple. Couplé au scénario plus que fantasque du long-métrage, cela forme donc un énorme oxymore visuel qui est extrêmement bien rendu.
En ce qui concerne les personnages de manière générale, outre la surprise d’y voir Mads Mikkelsen (surtout connu des occidentaux pour son rôle de méchant dans James Bond : Casino Royale) dans la peau d’Ivan, on assiste à une jolie galerie de « gueules » qui donnent au film ses traits si caractéristiques. Du docteur cynique à la femme enceinte dépressive, en passant par le soldat nazi retraité, tous s’inscrivent dans l’esprit du film et l’expriment d’une manière plus que correcte, malgré le peu de rapports qu’on pourrait leur trouver objectivement parlant.
Alors je ne m’étendrai pas plus longtemps sur le sujet, et terminerai tout simplement de la manière suivante. Si vous aimez le cinéma étranger, les films tordus, l’humour noir et rire un bon coup, Adam’s Apples est fait pour vous !
Sur ce, Farvel****
Et n'oubliez pas la fin du Livre de Job, quand même...
PS: Puisque je constate que ce long-métrage est relativement difficile à trouver, voilà la VF en streaming (à vos risques et périls toutefois, c'est assez mal doublé). Sinon, Google is Your Friend!
*Bonjour en danois
**Eh oui, faut bien faire un peu de pub de temps en temps ! Vous ne liriez jamais les autres formidables articles qui peuplent les méandres de ce site, sinon !
***Désolé, je n’ai pas trouvé d’autres versions qu’en danois sous-titré anglais.
****Au revoir en danois (vous aurez appris au moins deux mots étrangers en lisant ce texte).
VonSturm
O'Brother (Where Art You)
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Dernièrement je me suis refait pas mal de films des frères Coen, après avoir revu le génial Burn After Reading (c'est bon, vous êtes encore là ? Je vous ai pas perdu en route ?), et je suis donc tombé sur un film que j'aimais beaucoup quand j'étais petit, c'est-à-dire O'Brother.
« C’est l’homme aux mille tours, Muse, qu’il faut me dire, Celui qui a tant erré par le monde...»

Dans le Mississipi profond, pendant la Grande Dépression. Trois prisonniers enchainés s'évadent du bagne : Ulysses Everett McGill, le gentil et simple Delmar et l'éternel râleur Pete. Ils tentent l'aventure de leur vie pour retrouver leur liberté et leur maison. N'ayant rien à perdre et unis par leurs chaines, ils entreprennent un voyage semé d'embuches et riche en personnages hauts en couleur. Mais ils devront redoubler d'inventivité pour échapper au mystérieux et rusé shérif Cooley, lancé à leur poursuite...
Comme je le disais plus haut, O'Brother était un film que j'aimais beaucoup étant gamin. De le revoir après tant d'année, je dois dire que ça m'a fait plaisir sur le coup. Même si, je dois l'avouer, j'ai beaucoup moins ri qu'à l'époque. Mais il n'empêche que j'ai passé un très bon moment, et que j'ai quand même eu mal au ventre malgré tout. Car comme la plupart des comédies des frères Coen, c'est vraiment drôle. C'est un humour un peu spécial, certes, mais si on en est fan, je peux vous dire que vous allez passer un excellent moment. Néanmoins, ce qui me fait le plus rire dans ce film, ce ne sont pas les « gags » à proprement parler, mais les références à L'Odyssée d'Homère, un de mes livres préférés (si si, c'était même un de mes livres de chevet). D'ailleurs, si j'étais aussi fan de ce film au temps jadis, c'est parce que le film est truffé de références à l'œuvre d'Homère, donc. Là, vous devez sans doute vous demander, pourquoi une comédie se déroulant pendant la grande dépression est truffé de clins d'œil à L'Odyssée... Eh bien je vais vous répondre. En fait, O'Brother est tout simplement une Odyssée à la sauce des frères Coen. Dès le début du film, les deux hommes nous le font comprendre, et ce, assez vite. C'est simple, le film commence sur un passage de L'Odyssée, et dans la foulée on apprend qu'un des personnages principaux s'appelle Ulysse. C'est assez clair vous ne trouvez pas ? Ensuite, histoire de vraiment nous faire rentrer dans la tête que O'Brother est une odyssée, on voit pendant une ou deux minutes un mystérieux poète aveugle, ce qui est bien sûr une référence à Homère. Tout ça en moins de 5 minutes. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils nous ont fait comprendre vite. En tout cas, je pense qu'ils devaient absolument faire ça, car certaines personnes auraient pu ne pas voir les références. Et sans cette information, le film perd un peu de son charme et de son humour. Car L'Odyssée façon Joel et Ethan, c'est juste un pur concentré de délire.
Mais bien sûr n'allez pas croire qu'il n'y a que ça de marrant dans ce film. Oh que non. Ce qui fait ensuite la force de O'Brother, ce qui nous fait le plus rire ensuite, ce sont ses trois personnages principaux. Trois acteurs qui se font plaisir = 3 personnages complètement abrutis. C'est un fait. Les trois gus sont absolument hilarants ! Ils grimacent, ils font les idiots pendant tout le film et on aime ça ! À eux seuls ils portent tout le film, tellement ils sont excellents dans leur prestation, et tellement les personnages sont comiques. Enfin, là encore, il n'y a pas que ces trois-là de drôle, loin de là ! Si des personnages drôles vous cherchez, dans O'Brother vous trouverez. Certes, les personnages secondaires sont beaucoup moins loufoques que les trois idiots de service, mais ils restent tous bien spéciaux, chacun étant drôle « dans son genre ». Que ce soit la femme d'Ulysse dans le rôle de Pénélope, Papy O'Daniel et son rival, ou le « BabyFace », ils sont tous aussi excellents. Personnellement je n'ai pas de préférence pour un personnage en particulier, tellement ils sont tous attachants et drôles. Allez, soyons fou, j'ai peut-être une toute petite préférence pour Clooney quand même, qui est parfait dans son rôle. D'ailleurs petit hors-sujet : j'ai redécouvert O'Brother grâce à Burn After Reading. Et vous savez qui joue un des personnages principaux de ce film ? C'est monsieur Nespresso. What Else ?
Ensuite, j'ai envie de parler de la musique de O'Brother. Car mine de rien, sans cette musique « country » et « blues », le film ne serait plus le même. En fait c'est simple, il n'y a pas 2 minutes sans avoir de musique dans O'Brother. Peut-être que j'exagère un peu, m'enfin l'idée est là. Et ces musiques donnent un véritable charme au film. Sans elles, je pense qu'il n'y aurait pas l'ambiance que j'affectionne dans le film des frères Coen, tellement elles sont légion. Que ce soit les hits des « Culs trempés » (un groupe national bien de chez eux, oh Yeah Baby !!), les bonnes vieilles balades, ou le reste, ça colle parfaitement avec le film et c'est un régal. Personnellement, je ne suis pas un grand fan des musiques de ce genre, mais je dois avouer que j'aime assez celles de O'Brother.
Sinon autre petite anecdote (vu que l'on parle de musique), sachez que le personnage de Tommy Johnson, le guitariste qui accompagne pendant un moment nos héros, n'est pas un personnage fictif. Il a bel et bien existé. D'ailleurs c'est lui qui a été le premier à faire un « pacte avec le diable », en tant que Bluesman. Ça ne vous rappelle pas un autre Johnson, tiens ?
Pour conclure, je dirais que O'Brother est un film très divertissant et passionnant que tout amateur de cinéma se doit de voir (et tout fan de L'Odyssée, ça va de soi). Ne serait-ce que pour l'humour, les acteurs/personnages, la musique, les clins d'œil à L'Odyssée (qui sont, je le répète, hilarants) ou encore les critiques des frères Coen envers la société américaine. Personnellement, je considère ce film comme l'un des meilleurs des brothers. Donc ça ne signifie qu'une chose : il est absolument à voir.
Hachimaki
L'imaginarium du Docteur Parnassus
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J’ai déjà vu des films originaux.
J’ai déjà vu des films poétiques.
J’ai déjà vu des films magnifiques.
J’ai déjà vu des films incompréhensibles.
J’ai déjà vu des films au taux de bizarrerie qui atteint des sommets.
Mais là… Je viens de m’en taper un qui contient à peu près toutes ces caractéristiques, et bien d’autres attributs encore, qui pourront s’ajouter à la liste qui est tout sauf complète. Quel genre de long-métrage peut provoquer ce genre d’effet chez l’insignifiant spectateur (que je suis) qui le regarde ? La réponse ci-après.

Si j’ai choisi cette affiche plutôt que la version francophone, c’est parce que je trouve qu’elle claque nettement mieux que celle arrivée dans nos contrées.
Question de goût… Mais avouez qu'elle a la classe, hein?
C’est bien simple, il s’agira ici de l’Imaginarium du Docteur Parnassus, un film du fameux Terry Gilliam, réalisateur que l’on connaît notamment pour ses films d’un genre (osons le dire) vraiment particulier, Brazil, La Vie de Brian, Sacré Graal (en gros, les films des Monty Python), et d’autres, pour en citer quelques-uns sans toutefois prétendre à l’exhaustivité. Mais comme je suis trop bon pour vous – ou trop flemmard, à vous de voir – je vous prierai tout bonnement de cliquer sur ce lien si vous brûlez d’en savoir plus.
C’est aussi un film qui fait office d’hommage au à présent regretté Heath Ledger (filmographie ici), acteur à la célébrité relativement importante dans le monde du cinéma, décédé d’une intoxication suite à une overdose de médicaments, alors qu’il n’avait même pas dépassé trente printemps.
Mais venons-en plutôt aux faits (ne suis-je pas cruel ?), et passons au...
Synopsis Vous commencez à connaître la musique je suppose…
L’Imaginarium du Docteur Parnassus est un spectacle de saltimbanques qui se produit de nos jours dans des quartiers plus ou moins miteux de Londres, avec pour particularité principale un miroir magique qui donne accès à un univers imaginaire (voire même idéal pour certains) à celui qui le traverse. Le chef de la troupe, c’est-à-dire le docteur éponyme, est un vieillard immortel âgé de plus de 1000 ans qui doit son extraordinaire longévité à un pari gagné face au Diable. Cependant, lorsqu’il tombera enfin amoureux, il passera un autre accord avec ce dernier afin de rajeunir. En échange, il devra lui fournir toute progéniture le jour de ses seize ans. Or, actuellement, la fille du Docteur Parnassus n’est qu’à quelques pas de cet âge fatidique… Et le vieillard est prêt à tout pour la sauver, ce qui lui fera jouer dans une étrange et dangereuse course contre la montre, qui commencera réellement après une rencontre avec un... pendu.
NB :. J’ai tenté – contrairement à mes fainéants de collègues rédacteurs – de résumer la chose sans passer par Allociné, ce qui ne fut pas chose aisée croyez-moi ; vous aurez pu constater par vous-même la mauvaise foi indéniable de l’auteur qui se dégage de cette phrase.
L’avis
C’est plutôt difficile de commenter ce film. Car, selon moi, il n’existe que quelques mots qui pourraient le résumer de manière générale. Le premier d’entre eux : Indescriptible. Ledit mot est bien sûr à prendre dans le sens positif du terme, car, pour tout vous dire franco en quatre syllabes, j’ai a-do-ré.
Durant tout le film, on a un véritable festival, feu d’artifice, que dis-je, une explosion visuelle, avec des images allant de l’obscur au clair et vice-versa, qui nous caressent agréablement la rétine, notamment grâce à des effets spéciaux pas trop exacerbés (quoique, il n'empêche qu'un des mondes imaginaires m'a fait fortement penser à cette pub sur le moment). Ladite explosion est aussi auditive grâce à une bande-son quasi orgasmique (sérieusement, je n’en ai jamais entendu d’aussi bonne depuis pas mal de temps), qui compte des musiques donnant un peu un air de "Mad Circus" que j'affectionne tout particulièrement. Ensuite, côté scénario, puisqu'on passe du rêve à la réalité (bonne ou mauvaise) avec une simplicité déconcertante, donnant accès à des situations plus que mythiques, voire même… magiques. C’est le deuxième mot que j'emploierai ici, car caractéristique maîtresse de la plupart des films « sérieux » de Terry Gilliam (entendez par là que j’exclus ici les Monty Python), et qui sied à merveille à ce long-métrage, puisqu’à chaque fois qu’on franchit le miroir, on se retrouve dans des mondes fantastiques et féériques tous plus beaux les uns que les autres, où se trouvent tous nos fantasmes, positifs comme négatifs, desquels on ne peut pas forcément échapper.
Venons-en aux personnages. Ces derniers, excellemment bien joués, se fondent à merveille dans la trame de l’histoire et donnent une certaine touche de vrai, même lorsqu’il s’agit de l’imaginaire. Mon coup de cœur va à Mr. Nick (surnom du Diable), qui est représenté de manière tout à fait atypique, mais qui reflète bien l’image de ce que j’appellerais « the betting basterd » pour rester en langue originale.

Dans ce rôle, Tom Waits respire la classe de par tous ses aspects, malgré le sale rôle qu’il a.
Cela dit, ce n’est pas forcément lui qui peut être considéré comme le salaud de l’histoire…
Le Dr Parnassus en lui-même, par un combo qui le fait passer du statut de moine-pseudo-bouddhiste puis vieillard-millénaire-ivrogne, possède quand même une personnalité qui le rend à la fois pathétique et touchant/attachant, car on finit par voir que même s’il ne paie pas de mine à première vue, dans son Imaginarium, c’est bien lui qui définit les règles (même si Mr. Nick y joue son rôle). Il suffit de voir le nombre de fois où son visage y apparaît pour s'en rendre compte. Un rôle de choix donc. Sa (sublime) fille Valentina, le nain Percy et le jeune Anton se défendent bien aussi dans ce domaine-là, liés au Docteur malgré l’image qu’il affiche, qui se révèle être aussi décrépite que son Imaginarium tel qu’il nous est présenté extérieurement.
Mais le personnage le plus abouti dans l’histoire reste quand même celui de Tony, qui évolue dans une sorte de quadruple optique, car joué par 4 différents acteurs tout au long du film (Heath Ledger bien sûr, mais aussi Johnny Depp, Jude Law et Collin Farrell). Mais je n’en dévoilerai pas plus, sous peine de tomber dans le spoil pur et dur, ce que j’ai un peu amorcé ici. Ainsi, ne voulant pas tomber dans la fourberie, mais voulant quand même vous faire partager l’expérience que j’ai vécue durant la séance, je me dois d’en dire encore quelques mots.
L’imaginarium du Dr Parnassus n’est pas seulement comme je le disais plus haut un genre de joyeux chaos organisé (pour ne pas employer le terme « bordel » - oups, je viens de le faire) qui flatte notre ouïe et notre vue durant près de deux heures, c’est aussi dans son ensemble, une sorte de conte, poème, ou une histoire fantastique de manière générale qui se révèle être extrêmement bien ficelée et attachante, qui nous scotche à notre siège avec un sourire béat. On est alors transporté au gré de l'histoire, et quand on voit le générique de fin, on a envie d'applaudir, comme à la fin d'une (bonne) pièce de théâtre, car la représentation - car c'en est une - est terminée. Un bis ne serait pas de trop, selon moi...
Donc, pour résumer:
Des personnages originaux et caractéristiques.
Une histoire plus qu’entraînante.
Des scènes d’anthologie.
Je vous dis, mes amis,
Je suis littéralement,
Complètement,
Carrément,
Repu.
J'ai jamais été doué en poèmes, désolé...
VonSturm
Mars Attacks
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On est tous nostalgiques des années 50. Le Baby-boom, le début des Trente Glorieuses, le plan Marshall, les communistes... Toute cette période historique, économique, sociologique et culturelle magnifique a disparu en une décennie (triste sort qu’ont connu elles-aussi les années 60, 70, 80, 90 et 00, et le coupable court toujours). Mais plus que toutes les autres, les années 50 ont marqué un tournant dans l’Histoire contemporaine, sans doute parce qu’elles ont suivi la WWII et qu’elles nous ont progressivement amené à aujourd’hui, une époque sans nationaux socialistes et sans favoris sur les présidents américains.
De plus, les années 50 ont été un grand tournant pour l’art cinématographique, parce que c’est pendant cette décennie que la couleur a commencé à grappiller du terrain sur les conservateurs du noir et blanc ; et c’est l’émergence de genres cinématographiques qui vont peu à peu se codifier tant et si bien que beaucoup de classiques sont encore aujourd’hui reconnus comme certains des plus grands films de l’Histoire.

Tellement parlant que ça se passe de commentaire.
Parmi eux, les plus populaires et sans doute les plus évocateurs de cette époque sont la multitude de films sur les extra-terrestres, invariablement à l’origine d’une invasion de notre planète où Américains gentils et protestants vont devoir affronter leur adversaire dans un combat inégal. Affrontement qui se solde souvent par une explosion nucléaire. Voilà, de plus, un bon exemple de genre codifié à outrance, ce qui a mené à sa condamnation et sa disparition au profit de James Bond.
Car tout individu lambda ayant un tant soit peu de culture n’osera plus répéter l’énième analyse comme quoi les envahisseurs et les films qui en ont découlé sont en fait la représentation de la peur du communisme (parce qu’il est bien connu que les soviétiques sont verts, petits et aux yeux globuleux), si bien que je ne vous ferai pas l’outrage. De toute manière, c’est comme si on disait que 2012 était en fait la représentation de la peur du virus H1N1 et autres épidémies imaginaires actuelles. C’est de la connerie, mais c’est marrant. D’ailleurs, je pose un ©opyright sur cette analyse filmique de haut vol qui me permettra de toucher des royalties sur tous les bouquins sur le cinéma qui feront cette remarque sur ce film ; ce qui me rendra certainement plus pauvre qu’actuellement puisque je ne doute pas que les analystes cinématographiques n’auront jamais le mauvais goût de nommer ne serait-ce du regard son réalisateur (ceci dit, je n’ai pas vu le film, mais ça m’a l’air d’être du Emmerich dans toute sa splendeur).
Mais je divague, je m’égards, je déblatère ma prose stercoraire et j’en oublie ce où je voulais arriver en faisant cette introduction, je parle bien sûr de...

Oh really ?
Car avant de faire des films estampillés émo et gothico-ado, Tim Burton a aussi fait des très bons films. C’était il y a longtemps, vous n’étiez pas encore né ou vous regardiez Hé Arnold ! sur TF! quand il les sortait. MARS ATTACKS! fait partie de ses films qui ne paient pas de mine : regardez l’affiche, vous n’avez rien de burtonien là-dedans. Ce qui prouve, par la même occasion, qu’il n’y a pas besoin de faire dans la navrante référence de son propre univers (comme depuis une décennie) pour donner un film potable, si ce n’est plus.
J’irais même jusqu'à créer une expression pompeuse pour l’occasion : MARS ATTACKS! fait partie de la trilogie fabuleuse de « l’Hommage au Cinéma » de Tim Burton, avec EDWARD SCISSORHAND (film muet) et EDWOOD (le nanar, voire le cinéma tout simplement), et il représente les années 50. Je sais, c’est une réflexion ridicule, mais merdouille, ça ne l’est pas plus que la trilogie sur « l’Histoire de l’Amérique » dont l’un des volets se passe au Mexique. Et puis je suis fier de mon idée alors allez copuler avec votre maman la femme de joie.

Image garantie à haute teneur en lulz.
Mais aussi intéressante : Mars Attacks a été inspiré par des vignettes rétros de la jeunesse du réalisateur, fou non ?
En tant que référence, hommage, parodie et satyre du film de science-fiction classique, le synopsis n’est pas difficile à deviner ni même à expliquer : les martiens, petits êtres ridicules et verts, envahissent audacieusement la Terre ; mais les bons américains aux valeurs franchouillardes vont leur botter le cul dans les règles. Comment ? Pourquoi ? Doucement garçon ! Là est tout le délice du film.

L’ordure ! Il tient en joue notre bon vieux Président ricain !
Ce qui fait que MARS ATTACKS! est si excellent, c’est que le film combine des qualités sur tous les plans, à savoir, pour commencer, une réalisation qui tend vers le rétro (hmmm, la langue/porte du vaisseau) sans oublier d’être neuve. Les références au bon vieux temps sont légions, les clins d’œil jamais loin ; la forme y est, mais pas le fond ! Tout y est parodié, amplifié, joué jusque dans l’humour noir. Je parlais tout à l’heure des valeurs franchouillardes, c’est seulement vrai si vous imaginez que les noirs qui jouent à dézinguer des zombies dans un jeu vidéo est une image qui vous évoque la sainteté familiale. Je parlais de bons américains, c’est uniquement si vous considérez Jack Black comme fréquentable.
Ce qui nous amène au deuxième point sur lequel MARS ATTACKS! excelle : son casting. Je veux dire, depuis combien d’années est-on à la limite de VOMIR devant son duo pourtant très bon, mais ô combien usé Bonham Carter/Depp ? Quelle est la dernière fois qu’on n’a pas eu le droit aux mêmes refrains, mêmes gueules, mêmes douves stagnantes ? Ce devait être pour BIG FISH, mais ce n’est pas une référence. Même, on se dit parfois, au regard de ce dernier et de PLANET OF APES, qu’il a préféré s’enfermer dans un donjon et éviter de tels dérapages. Et on le comprend. Néanmoins, MARS ATTACKS! a un casting en or, genre qu’on se demande si c’est pas Tarantino qui l’a réalisé, avec Jack Nicholson, Glenn Close, Pierce Brosnan, Danny DeVito, Sarah Jessica Parker, Michael J. Fox, Nathalie Portman et, fin du fin, clou du spectacle, cerise sur le gâteau, Tom Jones. Ce dernier, jouant son propre rôle, est tellement énorme qu’il mériterait des haïkus sur tous les blogs de la Terre : imaginez que lorsque la première fois qu’il apparaît, vous vous dites « Burton, il a fait une référence avec un chanteur has-been, cool, maintenant qu’il se fasse buter par les martiens et passons aux renois rigolos ». Sauf que non. Tom Jones, c’est un des personnages qui sauvent la Terre, parce que Tom Jones c’est le Mâle réincarné. Jamais, de mémoire, un cinéaste n’a osé avant Burton prendre une personne existant réellement pour lui donner une importance énorme dans un film qui n’a pas pour ambition de retracer l’Histoire.
Ce qui nous conduit au dernier point (mon Dieu, quelle construction de mon article impressionnante ! Si seulement je pouvais faire ça pour mes dissertations de management !) qui est l’humour. C’est bien simple, MARS ATTACKS! est un pur concentré de fun, de cervelles vertes qui éclatent (juicy), de personnages clichés et drôles (Pierce Brosnan ! Quel anti-charisme de héros bellâtre !), de situations ridicules et hilarantes, de genres humoristiques variés et réussis (du kitsch – scène culte de Tom Jones entouré de biches ! – à l’humour noir en passant par le bon enfant). Et le mieux, c’est qu’il n’y a pas de fausse note !

TOM JONES. FAUCON. BICHES. CHANSONS CUCUL. Que vous faut-il de plus ?
Tout en faisant son hommage, Tim Burton le triture, en joue, le démonte et le remonte pour donner un mélange au premier abord bâtard, mais qui passe en fait comme une lettre à la Poste (et sans grève). MARS ATTACKS! est un film au dosage fin, délectable et parfaitement maîtrisé, ce qui en fait l’un des films les moins burtoniens du réalisateur et pourtant l’un des plus réussis (parce que les deux n’ont aucun rapport) ! A tel point qu’on aimerait bien qu’il abandonne un peu son univers parasité par les émos et le déjà-vu, pour faire des projets peut-être moins vendeurs, mais cent fois mieux. Mais bon, avoir réussi un tel film (parmi d’autres !), c’est bien la preuve de son talent, et c’est suffisant.
Leto


