Porcupine Tree

27/12/2009 21:11

Au hasard de conversations, de lectures, d'écoutes ou de vagabondages sur le net, il nous arrive de croiser et recroiser un nom. Ce nom peut cacher un groupe de musique, un auteur, un dessinateur, un réalisateur, bref, un artiste au sens large ; toujours est-il que par une suite de coïncidences, il revient souvient. Le point commun entre ces multiples rencontres est qu'à chaque fois, la personne qui en parle le fait en termes élogieux. Évidemment, si vous partagez les goûts de cette personne, ou si vous vous laissez convaincre par ses arguments, vous décidez d'aller à la rencontre de ce nom. En toute logique, vous commencez par aller voir tout ce qui a été fait qui porte la marque de ledit nom.
Et soudain, c'est le drame.
L'auteur a une bibliographie longue comme un bras de Godzilla, le réalisateur a fait suffisamment de films pour traverser le Chili (dans le sens Nord-Sud) en déroulant toutes ses bobines, le dessinateur est un mangaka avec une série de plus de 50 tomes et qui se porte très bien, merci pour lui, ou le groupe possède une discographie qui vous fera tenir plusieurs semaines d'écoute assidue afin de bien se familiariser avec l'ensemble de l'œuvre...
C'est ce dernier point qui nous intéresse, puisque c'est ce qui m'est arrivé avec Porcupine Tree.
Mais bon sang, qu'est-ce que ça valait le coup.


Mais qu'est-ce que c'est que ce nom à coucher dehors ?
Porcupine Tree est un groupe anglais formé en 1987. Le style de ce groupe est difficile à définir, parce qu'il a énormément évolué au fil du temps et des albums. Il faut avouer qu'en près de 23 ans d'existence, ils ont largement eu le temps pour cela. Actuellement, le consensus semble être au niveau du rock/métal progressif, ce qui reste quand même assez large. Sachant qu’il est passé par le rock ambiant et le rock psychédélique. Il n'empêche que quoi que Porcupine Tree fasse, il le fait très bien.
Une présentation rapide des membres, parce qu’ils sont tellement sympathiques.
Toutes les photos sont ©Diana Nitschke 2009.

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Steven Wilson – Guitare et chant


Fondateur et leader du groupe. Ultra-reconnaissable avec son look d’éternel adolescent (cheveux longs et lunettes), c’est un guitariste d’exception et un parolier de génie.

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Richard Barbieri – Claviers


Plus le temps passe et plus il a de claviers !

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Colin Edwin – Basse


Lui aussi possède un look ultra reconnaissable, grâce à son béret. En plus, il est toujours souriant.

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Gavin Harrison – Batterie


Ce type est un véritable maître de la batterie, la façon dont il est capable de s’en servir est impressionnante.

A noter qu’ils se produisent avec un deuxième guitariste, qui fait aussi des accompagnements vocaux, mais je n’ai pas réussi à trouver son nom.


Rétrochronologie
Parce que ce sont les albums les plus récents que je connais le mieux.
Et aussi parce que ça m'amuse.
NB : J’ai fait de mon mieux pour rendre cet article le plus exhaustif possible, mais je n’ai pas réussi à trouver des versions écoutables en ligne de tous les albums, c’est pourquoi certaines descriptions seront très succinctes. Au moins, vous aurez une bonne idée de ce qu’a produit le groupe.

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The Incident (Septembre 2009)


Le dernier album de Porcupine Tree fait partie de ces albums qui forment un tout, encore plus qu'un album lambda, dans le sens où chaque chanson est indissociable des autres. Chaque chanson a une place logique, puisqu'en quelque sorte, cet album raconte une histoire. Il y a un début, un milieu et une fin, comme un récit en aurait. Ce n'est pas étonnant quand on considère le titre : l'album raconte l'avant, le pendant et l'après « l'incident ». Au sens large, puisqu’apparemment, plusieurs histoires se croisent, permettant ainsi d’aborder tous les aspects du terme. L’album n’est plus alors seulement récit, il est aussi thématique.
L'intro (Occam’s Razor plus The Blind House) remplit très bien son travail, annonçant un album aux sonorités variées. Tant il est vrai que la chanson The Incident sonne différemment à l'oreille des autres. L’avant et l’après se justifient par le côté dérangeant de cette chanson, tout comme l’est un incident. Ainsi les notes métal de la première partie laissent une plus grande place à un style plus coulé, presque folk (je préviens que ma perception de ce terme vaut ce qu'elle vaut), sur Time Flies notamment, ainsi que I Drive The Hearse, chanson finale de l’album. Cet album est donc une vraie réussite dans la forme et le fond.

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Nil Recurring (Septembre 2007)


EP sorti peu après Fear Of A Blank Planet, car les chansons présentes ont été enregistrées pendant la même session qui a donné naissance à cet album.

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Fear Of A Blank Planet (Avril 2007)


Il s'agit probablement de l'album le plus abrupt du groupe. Seulement six chansons, mais toutes d'une force, presque d'une agressivité, sans toutefois trop pencher du côté négatif de ce terme, qui ne laissent pas indifférent. Il n'y a qu'à écouter la toute première chanson, Fear Of A Blank Planet, qui annonce le ton de tout l'album. Même la dernière chanson, Sleep Together, qui surprend par son décalage entre le titre et le ton adopté, n'échappe pas à la règle. Tout ceci n'empêche pas quelques airs plus lyriques, notamment sur Anestethize, mais l'ambiance reste globalement la même.
Même en étudiant les albums rétrochronologiquement, on voit que Porcupine Tree a à cœur de produire des albums cohérents.

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Deadwing (Mars 2005)


Encore un album avec deux ans d'écart entre lui et le suivant. Pourvu que ça dure.
Deadwing est un album pour le moins surprenant. Même s'il apparaît comme le moins cohérent des albums écoutés jusque-là, c'est une fausse impression. Au début, je ne l'écoutais que pour la chanson phare, Arriving Somewhere (But Not Here). Puis, petit à petit, chacune des chansons s'est emboîtée autour de celle-là, comme si Arriving... était le pilier central et que les autres étaient d'autres piliers, tout aussi importants pour soutenir l'ensemble, mais que ce n'était pas ceux que l'on voyait en premier. Je recommande fortement Mellotron Scratch et Open Car. Il n'empêche que cette chanson centrale exprime très bien l'ambiance générale qui se dégage de cet album : une ambiance perdue, d'égarement, avec un soupçon d'immobilisme, même si l'on sent en transparence qu’il est toujours possible d’avancer au final. Cette ambiance est d’ailleurs tellement bien retranscrite qu’elle en devient visuelle aussi. Ce qui est plutôt puissant parlant de musique.

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Warsawa (Février 2004)


Cet album est tiré d'un live, enregistré, comme son nom l'indique, à Varsovie, pour une radio polonaise. Je n'ai du l'écouter qu'une seule fois, mais il contient certaines chansons parmi les plus magnifiques et touchantes du groupe : Even Less et Stop Swimming, par exemple.
Ainsi que Voyage 34, mais j'en reparle plus bas.

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In Absentia (Septembre 2002)


Voici l'album le plus sombre de Porcupine Tree. Il s'en dégage une atmosphère de fragilité, de détresse même, ce qui est presque déstabilisant. Il n'y a qu'à écouter Heartattack In A Layby pour s'en rendre compte. En même temps, il s'agit probablement de l'un des plus beaux albums du groupe. Certaines chansons sont magnifiques (Trains, The Sound Of Muzak). Il finit d'ailleurs sur la chanson à la plus forte charge émotionnelle de tout le répertoire du groupe : Collapse The Light Into Earth (j'en ai des frissons rien qu'à écrire le titre).
In Absentia occupe une place toute particulière dans mon panthéon musical personnel.

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Stars Die : The Delerium Years 1991-1997 (Mars 2002)


Best-of du groupe qui, comme son nom l'indique, se concentre sur la période 91-97. Certaines chansons y sont présentes sous la forme d'enregistrements inédits auparavant (Up The Downstair, Fadeaway, The Sound Of No One Listening). D’autres sont des inédits (Synesthesia, Phantoms).

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Metanoia (Décembre 2001)


Réédition d'un vinyle sorti quelques années auparavant, ce sont des improvisations enregistrées pendant l'enregistrement d'un autre album (Signify). Le génie du groupe s'exprime.

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Recordings (Mai 2001)


Album très spécial sorti uniquement à 20 000 copies. Sachant qu’il contient des pistes introuvables sur les autres albums, il va sans dire qu’il définit la notion même de collector.

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Lightbulb Sun (Mai 2000)


Cet album contient plusieurs des chansons parmi les plus efficaces du groupe. Four Chords That Made A Million, ballade rock très entraînante ; Shesmovedon, chanson douce-amère et prenante ; Last Chance To Evacuate Planete Earth Before It Is Recycled, mélancolique et poétique ; Hatesong, surprenante malgré son titre ; Russia On Ice violemment belle. Une valeur sûre.

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Voyage 34: The Complete Trip (Avril 2000)


L'album qui assoit définitivement la position de Porcupine Tree comme un groupe progressif. La forme : 4 chansons de plus d'un quart d'heure chacune. Le fond : les chansons sont des recueils de témoignages de trips sous LSD. Ce qui donne évidemment une musique psychédélique, inventive, qui n'est pas sans rappeler les maîtres même du progressif : Pink Floyd. Voyage 34 mérite bien son nom : l'écouter est en soi une expérience et un voyage.

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Stupid Dream (Mars 1999)


Cet album est une perle, une réussite majeure du groupe. Chaque chanson sonne juste et nous touche. Rien que le fait qu’il commence par Even Less annonce la couleur. L’écriture est à son meilleur niveau pour chacune des chansons. Mais surtout, ce qui impressionne chez cet album, c’est sa construction. Toutes les premières chansons de l’album réussissent à être positives, malgré des titres peu enclins à cela, comme Even Less ou Don’t Hate Me. Mais lorsque l’on arrive à Smart Kid on découvre une fragilité qui rappelle (ou annonce, si on ne l’a pas encore écouté) In Absentia. Puis arrive la dernière chanson, Stop Swimming. Et là le titre de l’album prend tout son sens : le rêve stupide prend fin, nous arrêtons de nager en son sein, la réalité nous rattrape. Garanti de vous marquer.

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Coma Divine (Octobre 1997)


Live du groupe, enregistré à Rome. Il reprend majoritairement des titres du groupe de l'album qui était sorti peu auparavant à l'époque, Signify, ainsi que du précédent, The Sky Moves Sideways. Et il le fait bien. Je pourrais citer TOUTES les chansons, tellement elles sont sublimées par la performance live du groupe. Mais si je ne devais en citer qu'une, je citerai Radioactive Toy : l'une des premières chansons du groupe, elle gagne ici en longueur et en force, grâce à un rythme plus lent qui sublime la montée en puissance au final dévastateur de la chanson.

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Signify (Septembre 1996)


Un adjectif qualifie presque à lui seul cet album : onirique. Pas seulement à cause de la présence de The Sleep Of No Dreaming, l’une des chansons du groupe que je trouve les plus fortes. C’est toute une atmosphère diffuse qui se dégage de cet album, surtout de par la présence de chansons uniquement instrumentales, le meilleur exemple étant Waiting Phase Two, comparée à Waiting Phase One juste avant. De plus, les samples de voix utilisés par le groupe ont un côté fantasmagorique qui s'ajoute à l’ambiance générale. La phrase concluant l’album est une perle d’incongruité.
À noter que la réédition de cet album contient un disque bonus, joliment nommé Insignificance, contenant des versions précédemment non sorties en album de certaines chansons.

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The Sky Move Sideways (Février 1995)


Cet album est porté presque à lui seul par la chanson qui lui donne son titre, pur concentré de rock progressif de plus de 30 minutes, en deux parties, lui permettant d’être à la fois l’intro et la conclusion de l’album. Le morceau part du rock classique jusqu’à dériver dans le psychédélique, sans jamais perdre celui qui écoute. Mais les autres chansons valent le coup aussi. Dislocated Day réussit à être presque plus psychédélique, si c’était possible. The Moon Touches Your Shoulder transporte en douceur dans son univers. En bref, un album tout en ambiance. La réédition contient un cd bonus avec des versions alternatives ou improvisées de certaines chansons (respectivement The Sky Move Sideways et Moonloop de l’album précédent).

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Up The Downstair (Mai 1993)


Up The Downstair est sans aucun doute l’album le plus mélodique du groupe. Les chansons instrumentales qu’il comporte en sont la preuve (Burning Sky, Fadeaway). Mais surtout, ce sont les paroles qui comptent le plus. La chanson introductive, What You Are Listening To, joue avec nous en se coupant net avant la fin d’une phrase. Des titres comme Always Never
et Not Beautiful Anymore regorgent de poésie et de sens. De plus, avec le disque bonus de la réédition de 2004, on gagne cinq chansons dans la même veine que le reste de l’album, comme Rainy Taxi et son ambiance inimitable et Yellow Hedgerow Dreamscape, au titre le plus improbable qu’il m’ait été donné de voir. Porcupine Tree continuait sur sa lancée et il le fait toujours.

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On The Sunday Of Life (Juillet 1991)


Si le second album était mélodique, le premier est psychédélique. La musique semble parfois déformée, le rythme brisé, la voix mutée. Certaines chansons sonnent même d’une manière qui n’est présente sur aucun autre album (Jupiter Island, Linton Samuel Dawson). Le côté psychédélique ressort très bien lorsque l’on considère les titres de certaines chansons (Message From A Self-Destructing Turnip, Begonia Seduction Scene…) et leur contenu n’est pas en reste. Pour continuer sur les titres, certaines en ont un qui colle tellement bien que c’en est presque effrayant. Je vous mets au défi de ne pas ressentir le sentiment nommé en écoutant The Nostalgia Factory. Quant à Space Transmission, c’est évident au possible, grâce à sa forme particulière. And The Swallow Dance Above The Sun se paie même le luxe d’avoir des sonorités trip-hop ! Et, si vous vous posiez la question : oui, Radioactive Toy était déjà à l’origine belle, forte et poignante. Bref, dès le départ, Porcupine Tree était excellent. Rien d’étonnant à ce que les années aient rendu le groupe génial.


Performances live

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DVD : Arriving Somewhere... (Août 2006)


Ce DVD vidéo est le seul que le groupe ait sorti. Il s’agit d’un concert datant de 2005, lors de la tournée de promotion de l’album Deadwing. Pas étonnant dans ce cas que les chansons proviennent majoritairement de cet album, ainsi que du précédent (In Absentia), puis de Stupid Dream.
Ce qui frappe le plus en découvrant le groupe en concert, c’est l’importance donnée au visuel. Pour celui-ci, Porcupine Tree se produit avec des vidéos projetées en arrière plan de la scène. C’est une pratique courante, mais la c’est la teneur de ces vidéos qui est intéressante : elles sont vraiment en harmonie avec les chansons jouées. On se retrouve face à des vidéos artificiellement vieilles, au défilement accéléré, rendues non-naturelles. L’ambiance étrange de Deadwing est rendue à merveille et l’expérience du concert ne s’en vit qu’encore plus.
Ensuite, ce que l’on remarque, c’est Steven Wilson. Au centre de la scène, alternant guitare électrique et acoustique, il vit la musique comme personne, on sent qu’elle le traverse et qu’il la transmet au public de tous les moyens possibles. Sa gestuelle des mains en particulier. C’est presque un spectacle à lui tout seul. Bien sûr, les autres membres ne sont pas en reste : comment ne pas sourire avec Colin Edwin, qui semble toujours tellement content d’être là ? Comment ne pas admirer la performance de Gavin Harrison ? Ne pas vibrer avec le deuxième guitariste, ou se sentir complice de Richard Barbieri derrière ses remparts de claviers ?
En ce qui concerne la performance elle-même, elle transporte. De Open Car à Heartattack In A Layby, en passant par Don’t Hate Me, chaque chanson est sublimée. Le fait de placer Arriving Somewhere But Not Here en milieu du concert montre de plus le côté pilier de cette chanson. Enfin, finir par Trains, chanson unanimement reconnue par les amateurs comme étant parmi les plus magnifiques du groupe, assure un final parfait.
Ajoutez à cela un deuxième DVD avec d’autres chansons en live (dont une version de Radioactive Toy), des vidéos de live et des clips projetés lors des concerts, ainsi qu’une vidéo complètement dingue intitulée Cymbal song (le titre veut tout dire) et vous comprendrez pourquoi Arriving Somewhere… a enfin comblé les attentes de ceux qui voulaient désespérément un DVD du groupe.


Concert : The Incident Tour (Novembre 2009)

J’ai eu la chance d’assister à un concert de Porcupine Tree récemment. Ils revenaient pour la première fois depuis une bonne dizaine d’années à Lyon, pour un concert de leur tournée suivant la sortie de The Incident.
J’ai été comblé par ce concert, alléché comme je l’avais été par Arriving Somewhere… Le concert promouvait donc The Incident et ce dernier étant, comme je l’ai dit, un album-tout, la première partie du concert était entièrement consacrée aux chansons de cet album, jouées dans l’ordre significatif qui le caractérise, sans interruption. La performance était là encore accompagnée de vidéos. Vidéos qui servent et éclairent, en quelque sorte, l’ambiance de l’album. Elles étaient diverses, du film à l’animation 2D en passant par le stop motion. Toujours oppressantes (Occam’s Razor) voire à la limite du malsain (The Incident, chanson à l’identité visuelle la plus forte), ou simplement nostalgique (Time Flies), elles remplissaient parfaitement leur rôle de sublimer les chansons. Je vous assure que voir une série de photos dont le sujet veut cacher l’objectif avec sa main, ou un accident de voiture avec verre qui vole au ralenti, ça marque. Les chansons en elles-mêmes ne sont pas en reste, Drawing The Line par exemple, gagne une force en live qui mérite d’être vue. Encore une fois, la gestuelle de Wilson et sa quasi-transe musicale pouvaient être admirées.
La deuxième partie du concert survient dix minutes pile après la première (il y avait même un compte à rebours projeté sur l’écran de la scène !). Cette fois-ci, des chansons plus anciennes sont jouées, en suivant le même schéma en boucle : une chanson d’un ancien album, une chanson tirée de Fear Of A Blank Planet. Nous avons ainsi été gratifié de : The Start Of Something Beautiful, Anesthetize, Stars Die, Way Out Of Here puis une chanson dont je ne n’ai pas su retrouver le titre. Après cela, Steven Wilson décide d’arrêter de jouer avec le public en avouant qu’il leur reste à jouer des chansons tirées d’In Absentia (cris dans la salle). Et c’est parti pour The Sound Of Muzak et Trains, décidément une excellente chanson finale. A noter un petit bémol sur le manque apparent du public français quant à chanter un passage d’une chanson en anglais. Tant pis, taper dans les mains c’était bien aussi selon le chanteur. Avant de nous quitter, le groupe rend hommage à son membre américain puisque ce jour-là, c’était Thanksgiving (« Even if we don’t know what giving they’re thanking for » dixit Steven). Ainsi le deuxième guitariste a-t-il reçu une ovation du public tandis que le refrain de Born In The USA (de Bruce Springsteen) était joué.
Puis c’était fini. J’avais perdu près de 25% de mes capacités auditives, mais putain, ça valait le coup.

Pour finir, je tiens à vous féliciter si vous avez tout lu. Porcupine Tree est un groupe que j’ai découvert sur le tard, mais qui s’est élevé plus rapidement que n’importe quel autre dans mon Panthéon musical personnel. Je ne peux que vous encourager à faire l’expérience, vous ne serez en aucun cas déçu. Porcupine Tree, c’est Puissant et ça Transporte.

Le site officiel, avec des vidéos, des titres exclusifs et tout ce qu’il faut savoir sur l’actualité du groupe.


TheEdgeWalker

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