Black Lagoon

22/11/2009 00:14

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« Hey, toi, espèce de petite tapette en chemisette, tu ne sais pas acheter un DVD et le mettre dans ton lecteur, imbécile ? Si tu ne me connais pas, ça va chier dans ton pantalon de soumis, foi de Revy ! Et oublie pas de ramener le rhum, crevette ! »

Cette série animée diffusée pour la première fois en 2006 au Japon est tirée du manga de Rei Hiroe qu’elle reprend fidèlement. Celui-ci a été édité en France en 2004 par Kabuto, label dont le groupe a été mis en liquidation judiciaire, interrompant momentanément (faisons semblant d’y croire) la parution du manga dans nos contrées. Adapté par le studio Madhouse en deux saisons de 12 épisodes de 25 minutes chacun, sans plus attendre présentons...


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Pan ! Opening on ne peut plus représentatif de la série pour débuter cet article.
Si vous n’avez pas aimé, vous n’avez plus rien à faire là.

BLACK LAGOON, donc, voire le lagon noir pour ceux qui aiment les traductions animesques françaises, foireuses et so 90’s, est un anime (n’ayant jamais lu le manga – étant par ailleurs introuvable et de toute manière incomplet – il ne sera pas mentionné autre part que dans l’introduction de cet article) qui prend place dans les mers d’Asie du Sud-Est contemporaine, à savoir une dose de pauvreté, de bordels (les maisons closes, cette fois-ci), de militaires, de dictateurs, de fusillades et de pirates modernes. Et encore, ce n’est que le préambule.

Jeune salaryman d’une grande entreprise (comprendre « japonais faible, lâche, soumis et à l’avenir brillant de terminer toutes les soirées de sa vie inexistante dans les karaokés », un classique), Okajima Rokuro est envoyé par sa hiérarchie dans les mers d’Asie du Sud-Est afin de procéder à la livraison d’un disque. En chemin, son bateau se fait attaquer par une bande de pirates, qui travaillent sous le label de « Black Lagoon Compagny ». Ceux-ci ayant pour objectif de récupérer le fameux disque de données, ils en profitent pour prendre en otage le faible Rokuro histoire de demander une rançon avant d’aller donner à des russes louches (pléonasme) le disque tant convoité. Les négociations faites, les supérieurs hiérarchiques tyranniques (japonais, donc repléonasme) de notre héros malgré lui préfèrent ne pas entacher le nom de leur compagnie et pour cela, décident de faire passer Okajima pour mort (de là à vous dire POURQUOI, c’est bien le problème de leur logique). L’affaire est donc réglée, le disque compromettant ne sera pas diffusé mais voilà maintenant que le personnage principal est sans emploi (la mort est un motif de licenciement économique) et au milieu de nulle part. S’étant pris d’empathie pour ses geôliers, et réciproquement, ils décident de l’intégrer à leur Compagny légale...

Dans les grandes lignes, ce synopsis reprend les deux premiers épisodes de la série, même si on remarque très vite que ce plantage de décor ne va pas avoir grande incidence sur les évènements à venir, si ce n’est intégrer Rokuro, rebaptisé pour l’occasion Rock, dans un univers qui n’est pas le sien. Ben oui, les salarymen ont rarement l’occasion de faire des séminaires pour apprendre à survivre au milieu d’une fusillade. Mais c’est un moindre détail.
Tout simplement parce que le décalage qui pourrait être mis en emphase dans toute la série est, en définitif, très peu exploité, au profit d’un traitement plus animesque et conventionnel de l’histoire.
Animesque, tout d’abord parce qu’il faut savoir que BLACK LAGOON peut être considéré comme un hommage parodique à tout ce que la production japonaise a pu faire. Attention, je ne parle pas d’énièmes clones tsundere et de lycéens boutonneux qui font l’objet de dithyrambes sur 4chan ou Underfoule (deux imagebords dont il conviendra, pour la dignité humaine, de ne pas donner de lien) ; non, ce n’est pas à ce niveau là. C’est autre chose. Imaginez simplement des fusillades interminables entre nonnes, décérébrées de la gachette, nazis, pirates infréquentables, mafia russe etc. Chaque personnage est présenté avec sa nationalité, ce qui permet de prendre du cliché à foison dans la gueule (irlandais cocaïnomane, chinoise aux phrases courtes et sans culotte, allemands nazis etc) pour notre plaisir. C’est la saison 1. Et maintenant, imaginez cette formule, amplifiée, surjouée, déformée dans tous les sens à tel point qu’on ne sait plus si on doit en rire ou en être mal à l’aise. C’est un peu le premier épisode de la saison 2. Pour peu qu’on ait le second degré inné en soi, ça passe comme du petit lait.
Animesque, aussi parce que l’argument de poids de la série tient peut-être en un seul mot qui saute aux yeux lorsqu’on voit le générique : Revy. Une fille en minishort, avec des t-shirts très (trop ?) courts, une poitrine indécente, deux flingues toujours vissés sur elle et une mentalité de psychopathe, c’est vendeur, il faut bien dire. Et à raison, comme toujours. Les femmes alcooliques sont toujours gages de qualité dans la production japonaise. C’est du fanservice en bouteille, c’est parfois bien lamos (originalité : le personnage déglingo et survolté cache en fait un passé triste, mon Dieu que de folies scénaristiques !), mais ça reste quand même bien plaisant, et pas seulement pour les yeux.
Conventionnel, parce que plus l’anime avance, et plus on se rend compte que l’intrigue se dirige vers des eaux déjà usées et que le côté assez original du départ ne va pas être exploité à fond. L’orientation fromagère arrive tôt et met de côté des personnages au potentiel aussi intéressant que Dutch et Benny pour partir dans le délire animesque évoqué plus haut. C’est d’ailleurs le seul gros reproche que je fais à BLACK LAGOON, le reste étant discutable sur sa nature de qualité ou de défaut.


Si cet article parle d’une série pas de la première fraicheur, c’est avant tout parce que j’ai eu très récemment l’opportunité de regarder la deuxième saison et que ses qualités morbido-excessivo-grandguignolesques en font quelque chose de savoureux. Pour peu qu’on aime le too-much à outrance, c’est ce qu’il vous faut. Ce n’est pas l’anime de la décennie, ni même de l’année 2006, mais qu’est-ce que ça fait plaisir de se reposer la tête sur quelque chose d’aussi exagéré. Sans compter que les deux saisons sont trouvables aujourd’hui à 20 € chacune, ce qui n’est pas une mauvaise affaire, croyez-moi !


Leto

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