Déprime, quand tu nous tiens...

21/11/2009 23:25

Bonjour/Bonsoir.

Aujourd’hui, pour une raison pas si absconse que cela, je m’en vais vous parler d’un truc un peu spécial… je suppose que vous avez dû en entendre parler au moins une fois. Je suppose que vous avez déjà entendu parler d’un gars qui s’appelle André Franquin nan ? Eh ben c’est de l’une de ses œuvres que je vais vous parler. Pourtant je ne vais pas prendre une série que vraiment TOUT le monde connaît (comme Gaston Lagaffe, dont je pourrais vous parler un de ces quatre), mais d’une bande dessinée que le susnommé maître a produite pendant une période de grosse dépression. Comme quoi même un état de santé mentale négatif peut être une source d’inspiration, faut croire…

Voilà le titre en question… Vous avez certainement dû le deviner en lisant le titre de cet article je suppose…

http://www.pavillondesfous.com/images/couverturebd2858152950.jpg
Ici nous voyons bien le sieur Franquin en train de faire tout ce que bon dépressif fait à merveille, c’est-à-dire broyer du noir (au sens propre).

Avec une magnifique citation de Sacha Guitry derrière, pour illustrer la chose, ce livre, intégralement dessiné/encré et produit en noir et blanc (la troisième couleur étant le rouge sang, ici sur le titre, et autour de l'image en noir-blanc sur certaines éditions). À l’intérieur, le formel est à l’image du matériel, c’est-à-dire… noir. Noir comme la nuit, comme la suie, comme l’humour du même nom. Noir parce que les sujets sont horribles. Noir parce que la manière dont ces mêmes sujets sont traités est également horrible. Et le plus spécial, c’est que ça fait « rire » pour la plupart des cas. Enfin pas rire à gorge déployée, mais cela provoque un peu le lecteur à chaque fois qu’il termine un strip, assez pour lui arracher un petit sourire (externe ou interne) même si la trame de fond est horrible…

Noir comme l’encre avec laquelle il a été écrit/imprimé. Ça nous aide à nous mettre dans l’ambiance, ça nous pose le décor, d'emblée, lorsqu’on voit la couverture. Le tout agrémenté de jolies citations d’Yvan Delporte, qui amusent quelque peu la galerie tout faisant office de « maximes » introductives à chaque strip/gag, si on peut les qualifier ainsi.

Et c’est tout ça qui fait qu’on le trouve génial. Parce qu’il n’existe pas beaucoup de bandes dessinées traitant des sujets avec cet humour qui sont aussi bien représentées, aussi bien travaillées… et surtout, aussi bien recherchées. Voilà ce que c’est : de l’Humour Noir à l’État Brut, tel le pétrole à peine sorti du sol.
Cependant, je vous conseille de vous procurer cette bande dessinée, c’est bien moins cher que le pétrole, et ça ne colle pas aux doigts. De plus, ça vous fera beaucoup plus rire que ce foutu liquide poisseux qui pollue.
Je terminerai avec la fameuse citation de Sacha Guitry que j’ai mentionnée tout à l’heure : « Lorsqu’après avoir lu une page des Idées Noires de Franquin on ferme les yeux, l’obscurité qui suit est encore de Franquin… »

Ah j'oubliais un dernier truc! Si vous voulez lire quelques-unes des planches de cet album, allez donc zieuter chez El-D


VonSturm

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