Miracle dans les Andes, de Nando Parrado

21/11/2009 23:14

Miracle dans les Andes (72 jours dans les montagnes et ma longue marche pour rentrer)

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C’est un vendredi 13, en 1972, que le Fairchild F-227 qui transportait une équipe de rugbymen uruguayens s’écrasait dans les Andes. Cet accident allait donner naissance à une véritable légende.
Pendant 72 jours, les survivants de ce crash vécurent sur un glacier à 3500 mètres d’altitude, au milieu des cadavres et des débris de la carlingue.

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Seuls au monde, ils luttèrent contre le froid et le désespoir – n’ayant bientôt d’autre choix que de manger la chair de leurs compagnons morts.
Leur histoire a fait le tour du monde. Elle a été publiée dans un livre qui émut le monde entier - Les Survivants - du journaliste Piers Paul Read, réalisée au cinéma - Les Survivants (réalisé par Frank Marshall en 1993, avec notamment Ethan Hawke dans le rôle de Nando Parrado) - , mais jamais l'un des survivants ne l'avait racontée de l'intérieur.
Et c’est ce récit que Nando Parrado, après s’y être refusé pendant plus de 30 ans, vient d’écrire.

« J’avais toujours considéré que notre histoire était unique, si extrême et violente que seuls ceux qui y étaient pouvaient comprendre ce que nous avions vécu. En fait, c’est l’histoire la plus familière qui soit. Un jour ou l’autre, nous devrons tous affronter le désespoir et le sentiment de détresse. Nous faisons tous l’expérience du chagrin, de l’abandon, d’une perte cruelle. Et tous, tôt ou tard, nous devrons affronter la proximité inexorable de la mort. « Nous avons tous notre expérience personnelle des Andes » Nando Parrado


Le récit de leur combat contre la mort (en collaboration avec l’écrivain et journaliste américain Vincent Rause) va bouleverser les consciences.


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Aujourd’hui, Nando est PDG de plusieurs entreprises et producteur de télévision. Il vit à Montevideo avec sa femme et ses deux filles.

Avis personnel : Un livre tout simplement humain, profond, où l’on vit à travers les ressentiments et les questions de Nando. Ce n’est pas seulement un récit de la catastrophe et de la vie des survivants, c'est un voyage vers la survie et le dépassement de soi.

Un livre extraordinairement touchant et bouleversant à chaque instant, à chaque moment vécu par les survivants, à chaque respiration de Nando ("Respire, respire encore une fois !"). D'autant plus touchant, que c'est réellement arrivé, que c'est le récit d'un survivant même à ce terrible crash ...

Nando n’épargne ni les images crues (sang, plaies, blessures, morts …), ni ses interrogations (sur la vie, la mort, la famille, Dieu), ni ses opinions (cruelles ou non, ni les moments qu’ils ont vécus et passés ensemble dans les Andes seuls coupés de tous …
Il raconte la peur, le froid, la soif (qu'il dit aussi terrible que dans le désert), et la faim. Il explique comment, pour survivre, il en est venu à accepter l'inconcevable, c'est-à-dire se nourrir de morceaux de cadavres humains.

Faute de nourriture, c'est Roberto Cannessa, un étudiant en médecine qui va franchir le pas et conseiller à ses amis de se nourrir avec les corps des disparus, et conjurer leur dégoût en leur montrant comment découper méthodiquement les corps, avec un éclat de hublot.


Pendant 30 jours, cette mini-société va retourner au cannibalisme.

Il raconte par exemple comment l'amour pour son père lui a permis de garder la tête haute, de s'accrocher et l'a sauvé de cet enfer glacé.

« […] et je me suis aperçu qu’en dépit de ma situation désespérée, son souvenir me comblait de bonheur. […] les montagnes, malgré l’étendue de leur puissance, n’étaient pas plus fortes que mon attachement à mon père. Elles ne pouvaient pas détruire ma capacité à aimer. […] J’ai découvert un secret simple et stupéfiant : la mort a un contraire, mais ce contraire n’est pas la vie. […] Le contraire de la mort, c’est l’amour. L’amour est la seule arme dont nous disposions. Seul l’amour peut faire de la vie un miracle et donner du sens à la souffrance et à la peur. » Nando Parrado


Il fait le récit de la longue et périlleuse marche qu'il a entreprise avec Roberto Cannessa en haute montagne, pour rejoindre la civilisation.

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Nando et Roberto avec Sergio Catalan, le fermier qui les a trouvé et aidé. C'est grâce à lui qu'ils ont pu aider et récupérer leurs amis restés sur le site du crash.

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L'un des deux hélicoptères qui survolent le site pour venir secourir le reste des survivants.

Et enfin, il conclut en disant que ceux de ses amis qui n'ont pas survécu au crash ont donné leurs vies pour en sauver seize autres.

Chaque année, à la date du 22 décembre, les survivants se réunissent en silence pour se rappeler qu'ils sont vivants et penser à leurs amis disparus et à ce miracle.

« Nous sommes revenus des Andes avec une nouvelles façon de penser, un nouveau regard sur le pouvoir de l’esprit et sur le miracle qu’est – pour nous, pour quiconque – la vie, c'est-à-dire être réellement vivant et conscient, et jouir de chaque instant avec présence et gratitude, voilà le cadeau des Andes.» Nando Parrado



À la fin de son récit, Nando parle aussi du best-seller de Piers Paul Read :

« Certes l’ouvrage s’attache surtout aux faits objectifs de notre épreuve, et n’apporte au lecteur aucun élément pour comprendre ma lutte intérieure ou les émotions puissantes qui m’ont poussé à survivre.» Nando Parrado


Je vous laisse avec un article écrit pour Ouest France en 2007 par Claire THÉVENOUX, qui relate mieux les évènements ^^

Le vendredi 13 octobre 1972, un Fairchild F-227 avec quarante-cinq personnes à bord, s'écrase dans la Cordillère, à 3 500 m d'altitude.

L'avion emmenait les Old Christians, équipe uruguayenne de rugby, disputer un match amical au Chili. Amis ou famille accompagnaient les joueurs. De violentes turbulences ont fait perdre brutalement de l'altitude à l'avion qui s'est déchiré sur un sommet. Treize personnes meurent dans l'accident, dont la mère de Nando et Guido Magri, son plus vieil ami, un demi de mêlée rapide et rusé.

L'avion est entouré de crêtes immenses. Et il est trop petit pour être visible du ciel par des secours qui ne savent pas où chercher. Mais ça, les survivants ne le savent pas encore. Ce sont des gamins, 18 ans de moyenne d'âge, en pleine forme physique mais en baskets et bras de chemise, qui se réchauffent les uns contre les autres dans le fuselage. Des gosses de riches, à l'insouciante jeunesse.

« J'étais étudiant en business dans une université américaine, se rappelle Nando Parrado. En 24 heures, je suis devenu un animal dans une glacière. »


Le froid les mine. La soif les taraude. La faim les achève. Commence le lent ballet de la mort qui rôde. Au huitième jour, Suzy, la petite soeur chérie de Nando, s'éteint dans ses bras.

« C'est là que j'ai entendu pour la première fois une voix intérieure qui me disait de ne pas pleurer, de ne pas lâcher. »


Il avait pourtant mille raisons de se laisser partir : la peur, « attachée à l'estomac pendant 72 jours, comme une boule », la panique de se sentir « enterré vivant », la certitude qu'il allait mourir d'une minute à l'autre ...

« Les lois des hommes n'existaient plus. Il n'y avait plus que la loi des montagnes, la loi de la survie. » Et il y avait tous ces cadavres, étendus à l'extérieur de l'avion, sous une mince couche de gel. « Nous sommes en train de mourir de faim, lâche un jour Roberto Canessa, étudiant en médecine. La seule source de protéines ici, c'est les corps de nos amis. » Il fallait les voir comme de la viande, disait-il. Les récalcitrants finissent par se laisser convaincre d'ingurgiter cette chair blanche, insipide et glacée, découpée en petits bouts.

« Quand on n'est pas dans la proximité de la mort, il est facile de dire : c'est bien ou mal. Moi je sais juste que tous ceux qui disent : « Je ne ferai jamais ça », feraient exactement pareil. »


Le groupe s'engage à ne pas toucher à la mère et à la soeur de Nando.

Manger les morts va tenir en vie ces jeunes gens qui maigrissent pourtant à vue d'œil :
« Je pesais 95 kg, j'en ai perdu 45 » Manger les morts va les sauver.
Ils n'apprennent l'abandon des recherches qu'au 11e jour, sur une radio bricolée. « C'est comme un médecin qui vous annonce : vous n'avez plus que cinq jours à vivre. Tout bascule. » Au 16e jour, une avalanche emporte huit des leurs. Nando Parrado est extirpé in extrémis de la neige. Il ne se départira plus de ce sens du hasard et de la chance qui le suivra même après le crash :

« Tous les amis qui étaient assis derrière moi dans l'avion sont morts. Celui qui était couché à ma droite est resté dans l'avalanche. Pourquoi eux et pas moi ? »


Aujourd'hui, il a « mis les Andes de côté ». Mais il pense tous les jours à une chose : « Je devrais être mort dans un glacier il y a trente-cinq ans. J'ai ressuscité pour donner la vie, c'est mon plus grand triomphe. »


(Article de Claire THÉVENOUX pour OUEST France du 20 03 2007)


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