Les webcomics : à lire, à partager
Les amis, j’ai pris une grande décision. Au Pavillon des Fous, on aime tous la BD. Sous toutes ses formes. Et on veut vous les faire partager.
Or personnellement, s’il y a bien une forme de BD a laquelle je suis particulièrement sensible, c’est les webcomics. Qui, comme leur nom une fois traduit dans la langue de Molière l’indique, sont simplement des BD mises en lignes. Parfois même plus que ça (adaptation à la spécificité du support, par exemple). Malheureusement, mon expérience assez étendue du net francophone consacre a la BD m’a bien montré que c’est un genre assez méconnu du grand public, en France tout du moins. Ou plutôt, un genre qui demande à être connu, qui nécessite plus que d’autres qu’on parle de lui pour qu’il soit connu et reconnu.
Donc, dans un grand élan d’altruisme virtuel, je vais vous balancer un énorme mur de texte présentant TOUS les webcomics que j’ai lu/que je lis et qui valent le coup, puis je vous inviterai fortement a balancer dans les commentaires toute suggestion de lien qui vous semblera pertinente.
Il y aura des choix évidents pour ceux qui connaissent un peu, mais réviser/faire connaitre les classiques, c’est essentiel. Tous avec moi, pour la justice formidable !
Catégorie des anglophones
Ne nous leurrons pas. Si cela s’appelle webcomic, c’est bien parce que cela a commencé dans les pays anglo-saxons (aux États-Unis, pour ne pas les nommer). Tous les titres que je vais présenter sont donc évidemment écrits en anglais, mais si par hasard il existe une traduction française, je ne manquerai pas de la signaler.
On commence tout d’abord par une catégorie particulière des webomics : les game comics, qui tournent tous autour des jeux vidéo. C’est leur point commun, mais chacun traite le sujet à sa sauce.
Penny Arcade
L’un des tous premiers game comics, celui qui a inspiré tous les autres (parfois un peu trop). Les deux principaux personnages sont des avatars des deux auteurs. L’écriture de Jerry Holkins (a.k.a. Tycho Brahe) est impressionnante et la progression du dessin de Mike Krahulik (a.k.a. Jonathan Gabriel) ne l’est pas moins.
Player versus Player
Un autre webcomic assez ancien. On peut ainsi là aussi voir la progression du dessin, non moins impressionnante. Le comic raconte la vie d’un magazine de jeux vidéo via ceux qui y travaillent. Les références pop-culture pleuvent.
VG Cats
Celui-ci a commencé plus récemment (comprenez par là trois ans au lieu de neuf pour les précédents) mais il n’en est pas moins excellent. Les deux principaux protagonistes sont deux chats, inspirés par ceux de l’auteur : Léo, complètement immature et limite dingue et Aerith, très encline à la violence.
F@nb0ys
Ne vous laissez pas impressionner par le titre. F@nb0ys suit la vie de trois gamers : Lemmy, Nintendo fanboy, Paul, partisan de Sony et Sylvia, Microsoft addict. C’est beaucoup moins orienté jeux vidéo maintenant, mais ça reste une valeur sûre.
Awkward Zombie
L’auteur, Katie Tiedrich, est plus jeune et beaucoup plus talentueuse que vous. Ici pas de personnages inventés, que de l’infraction au copyright ! Comprenez par là qu’elle met en scène des persos de jeux vidéo existants dans des situations loufoques. Il lui arrive de se représenter aussi. NB : Elle fait les gags sur Super Smash Bros. les plus drôles de l’univers.
Passons maintenant à ceux que je ne classerai pas, puisque ça n’a aucune importance.
Bigger Than Cheeses
Probablement le truc le plus dingue que vous lirez ici. Il a commencé il y a un bail et le dessin a sacrément progressé (comprenez par là que les premiers strips font vraiment saigner des yeux). Question gags, on retrouvera dans le désordre un héros impulsif qui tue souvent des gens, des robots humanoïdes, des parodies d’anime, Super Jésus, des coups de gueules contre les crétins, de multiples preuves que Batman est une tapette, j’en passe et des meilleurs.
Une traduction des strips (pas à partir du début mais c’est pas grave) se trouve ici.
Saturday Morning Breakfast Cereals
Des gags en une case (la plupart du temps), maniant le cynisme et l’humour noir avec un brio rarement égalé. Un must read. Traduction trouvable ici.
A Modest Destiny
Ce comic entièrement réalise en pixel art, mais avec des sprites faits main, raconte les aventures d’un type nommé Maxim, dans une parodie d’heroic fantasy regroupant tout un tas de clichés du genre mais en marrant. Comme des guildes, des doubles maléfiques, plein de prophéties et la fin du monde.
L’auteur a fait d’autres séries d’ailleurs, n’hésitez pas à fouiller le site. Traduction trouvable ici.
The Slackerz
Un joyeux bordel où les auteurs se représentent parfois, mais surtout font intervenir des personnages risibles et donc très drôles, comme le ringard Johnny Turbo ou l’inénarrable MC Hamster. Ils n’hésitent pas à foutre sur la tronche de pas mal de trucs.
Lackadaisy Cats
Si jusque là vous pensiez que l’on ne peut pas se prendre de claque graphique avec un webcomic, préparez vous à avoir tort. Mais alors vraiment tort. Lire une planche de Lackadaisy Cats, avec son style crayonné en sépia, regorgeant de détail, sublime dans l’anthropomorphisme de chats, c’est un orgasme visuel assuré. Ajoutez à cela un scénario se déroulant dans l’ambiance jazzy des États-Unis de la Prohibition et vous tenez votre gagnant.
The Meek
Assez récent, ce comic n’a qu’un seul chapitre à son actif, mais il vaut le coup d’être suivi. Prenant place dans un univers fantastique, on suit les aventures d’Angora, une jeune fille dont le « grand père » semble l'avoir investi d’une mission. Très prometteur à mon goût.
xkcd
Le truc le plus geeky que vous trouverez parmi ces liens. L’auteur fait des blagues de mathématiques et de physique (mais pas que) avec des bonhommes-bâtons. Bizarrement, c’est hilarant.
The Perry Bible Fellowship
Ce qui va suivre est très important. Si parmi tous ces liens, vous ne devez cliquer que sur un seul, c’est celui-là. Parce que c’est sans conteste le truc le plus horriblement drôle de l’univers et d’un gros paquet d’univers parallèles voisins.
John & John
Série de strips pas pour les enfants, mais assez marrant dans son genre.
The Joy of Tech
Centré sur les nouvelles technologies (comprenez par là que ça parlera beaucoup de Microsoft et Apple), assez marrant, mais il faut une certaine culture geek pour bien saisir les gags.
Sinfest
Slick est un loser fini mais il se prend pour le plus grand pimp (intraduisible sans perdre toute la saveur du terme) du monde. Monique est une beauté sulfureuse mais immature. Squigley est un porc, au sens littéral. Criminy est un nerd bouquinophile. Dieu aime jouer avec des marionnettes. Le Diable est partout. Seymour est un fanatique chrétien. Lil’Evil est un fanatique satanique. Pooch et Percival sont respectivement un chien et un chat. Voici résumé en quelques lignes plus de 1500 strips. Et des bons.
Cyanide and Happiness
Encore un webcomic avec des bonhomme bâtons, spécialisé dans l’humour noir, vulgaire et parfois absurde. Il va sans dire que c’est un excellent choix.
The Rack
Racontant le quotidien d'un magasin de comics, ça fera rire les initiés à cette culture, mais peut-être un peu moins les autres (heureusement pour eux, il y a des gags sans rapport avec les comics, grace à une galerie de personnages bien fournie).
Minus
Absurde. Poétique. Couleurs à l'aquarelle.
Rien de plus à dire.
Wasted Talent
Tranches de vie. L'auteure, Angela Melick, habite Vancouver, est ingénieure en mécanique, a un fiancé qui la surnomme "fish" et fait partie du collectif Cloudscape. Que du bon en somme.
Bodyworld
J'ai failli l'oublier celui-là. L'histoire se situe dans un future proche. Boney Borough est une petite ville américaine au look volontairement retro, pour bien insister son statut de communauté, détachée du reste du monde. Un botaniste complètement camé s'y rend pour étudier une nouvelle espèce de plantes. Une jeune fille fait sa crise d'adolescence. Son petit copain aussi. Leur prof semble un peu bizarre. Et tout ce beau monde se croise et s'entrecroise dans une histoire psychédélique à nulle autre pareille.
C'est un récit complete en douze chapitres, donc pas d'angoisse à la vue d'interminables archives ou de malédiction de la visite régulière !
Pour info, l'auteur en est Dash Shaw, qui est connu pour être l'auteur de Bottomless Belly Button. Si vous connaissez, vous savez que c'est gage de qualité.
Catégorie des francophones
Passons maintenant à la production camembert-frites (c’est un néologisme pour dire franco-belge). Il y en aura moins, je le crains. Si vous voulez qu’il y en ait plus, vous savez ce qu’il vous reste à faire : cliquer, lire, chercher ailleurs, faire découvrir !
Maliki
J’ai hésité à le mettre, même si je risque de me faire frapper pour avoir dit ça. Ce webcomic raconte une version très romancée de la vie de son auteur (SPOILER : Ce n’est pas Maliki). Et contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’une jolie jeune fille aux cheveux roses, Maliki est une incarnation parfaite de la misanthropie, du cynisme et de la rage.
Bon, il y a aussi deux chats…
Deo Ignito
L’histoire se passe en Enfer et raconte la vie d’une humaine qui va être acceptée parmi les démons et ainsi se dégotter un boulot. Ça en jette, pas vrai ? L’univers est super bien développé, il n’est dévoilé que par petit bout mais on sent l’immensité. L’intrigue avance assez lentement mais c’est justement pour accentuer sur la découverte.
La vie est un jeu d’enfants
On pourrait croire qu’il s’agit d’un récit semi-autobiographique sur un jeune couple qui n’arrive pas à avoir d’enfants. Sauf que non. L’auteur est tellement désabusé de la BD, sous toutes ses formes, qu’il fait de son webcomic un véritable laboratoire dans lequel il teste différentes techniques de narration et de dessin. Cela aurait pu donner quelque chose de décousu, mais non. Par la volonté de l’auteur, tout tient en place, même si parfois on se demande comment.
Fœtus & Fœtus
Comme son nom l’indique, ce webcomic raconte la pré-vie de deux frères jumeaux avant leur naissance. Au programme, réflexions marrantes et d’autres moins en trois cases.
Elftor, le petit elfe orange
J’avoue, je triche un peu en le mettant dans la catégorie francophone vu que c’est une traduction, mais je n’ai lu que la version traduite (et de toute façon la publication est arrêtée). Ça n’en reste pas moins une série de strips complètements tarés avec un elfe psychopathe obsedé par le sexe et la violence, dont le meilleur ami est un fromage qui parle et qui est en conflit permanent avec à peu près toute la planète. Avec de vrais morceaux d’Hitler dedans.
Kreepy Kat
Avec un nom pareil, ça se voit que j’ai encore fait le coup du « origine américaine mais je l’ai lu en français ». Des strips sur un chat psychopathe complètement taré obsédé par le sexe et le gore. Du bon humour noir.
Red Meat
Même principe qu’au-dessus. Vous reprendrez bien un peu d’humour noir borderline ?
Jerry Stobbart, inspecteur de police
Jerry Stobbart est l’inspecteur le plus débile de tout New York ou je sais plus quelle ville américaine, mais il est terriblement drôle.
Lammy
Tiens, un webcomic de super héros. Vivant dans un monde d’animaux anthropomorphes, Lammy Deybett exerce l’activité de super héroïne grâce à ses pouvoirs de feu.
Le graphisme très cartoon est sympa, l’histoire ne s’alourdit pas des poncifs du super héroïsme et laisse plus la place à l’action. L’univers se dévoile lentement mais sûrement.
Bringuebalés
Une sombre histoire de naufragés recueillis par un navire dont la vie à bord semble compliquée… Avec en fond une histoire de trésor.
Un webcomic dessiné sur les genoux, au stylo bille, pendant des trajets en métro. Et ça marche !
Eat It Fresh
Un « manga français » (appelez ça comme vous voulez, moi je m’en cogne) racontant l’histoire de deux frères, Corneille et Karasu, confrontés à un monde remplis de zombies, de militaire louches et d’une sectes aux membres à moitié à poil.
La forme de ce webcomic est assez particulière. Il existait au départ comme une suite de chapitres à télécharger ou à lire en ligne tout ce qu’il y a de plus habituel, désormais, pour l’obtenir, il faut passer par une plate-forme particulière. Les chapitres sont payants. Ils se lisent d’une manière semi-automatique, gérée par un programme qui va de case en case à un rythme prédéfini. Les chapitres existent aussi en version adaptée aux téléphones high tech de la mort (iPhone et ses semblables). En bref, il fait partie d’une nouvelle forme du marché des webcomics (et on peut parler de marché puisque l’on doit payer). Je suis personnellement très curieux de voir où cela va aller.
John et Teddy
Les aventures de John, un homme préhistorique amoureux et de Teddy, son dinosaure de compagnie carré qui se fait maltraiter. Soyons clairs, on ne lit pas ce webcomic pour ses dessins, mais pour son humour complètement decalé et unique en son genre.
SOS
L'histoire d'un loser, Louis, qui se retrouve embrigadé plus ou moins malgré lui dans une organisation chargée d'assurer l'integrité des differentes réalités parallèles de la Terre, la Société Officielle de Sauvegarde (S.O.S., d'où le titre). La parution est assez lente, mais j'ai une affection particulière pour ce webcomic.
Le Maître du Vent
C'est une œuvre de jeunesse. Comprenez par la que c'est fait par un jeune garcon fan de manga qui a voulu faire pareil que ses idoles. Au final, on obtient du bon gros shonen nekketsu qui tache (un jeune elfe rejeté par son village, vivant dans un monde heroic fantasy, veut prouver aux autres que les elfes ne craignent pas), mais j'aime ce genre d'initiative et j'admire la volonté qu'a l'auteur pour continuer son récit.
Fiou, c’est sans aucun doute l’article le plus long que j’ai jamais écrit, ainsi que l’un de ceux qui me tenait le plus à cœur. Vous comprenez ma joie de l’avoir fait.
Mais ce qui serait encore plus propice à la joie, c’est que cet article vous fasse découvrir quelque chose et qu’il vous donne envie d’en découvrir encore plus, voire même de faire découvrir. Ainsi, cet article aura totalement transcendé l’esprit du Pavillon des Fous. N’hésitez pas, partagez, les webcomics n’existent que par et pour cela.
TheEdgeWalker


