Summer wars

01/07/2010 21:42

Cet article sera légèrement différent de mes autres, dans le sens où il est écrit à chaud, car au moment où je tape ces lignes je sors tout juste (à 2 heures près) du film dont je vais vous parler. D'habitude, je préfère écrire quelque chose à tête reposée, mais c'est soit ça, soit pas d'article de mon cru ce mois-ci. Il n'est pas sûr que prendre d'habitude ce temps de décalage change grand chose par rapport à ce que je vais pondre là tout de suite, mais usuellement ça me rassure de me dire que j'ai laissé les choses se décanter dans mon esprit, afin de pouvoir extraire le produit pur de mes pensées ainsi filtrées. Ça fait suffisamment de références chimiques pour un article, passons au vif du sujet.



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Mon armée c'est ma famille et vice-versa



Summer wars est la dernière production du studio Mad House à être sortie en France. L'ayant vu le dernier jour d'exploitation dans le dernier cinéma de Lyon à le projeter, je doute qu'il passe encore dans le reste de la France (pas de référence à Paris pour entretenir mon côté provincial), mais au moins, ça vous fera un bon conseil DVD. À part ça il est réalisé par Mamoru Hosoda et si vous aussi vous avez adoré La traversée du temps, vous savez que ce nom est signe de qualité. L'histoire se concentre sur Kenji, lycéen sans histoire qui se retrouve engagé par sa camarade Natsuki pour un job d'été. Ce job implique de se rendre dans la demeure de l'arrière-grand-mère de cette dernière et il se révèle vite consister à jouer le rôle du petit ami de Natsuki, qui avait promis à sa bisaïeule de lui présenter avant que cette dernière ne meure. Or comme elle fête ses 90 ans ce week-end... Ce jeu de rôle va être perturbé par un problème de piratage sans précédent dans le monde virtuel d'OZ. Qu'est-ce qu'OZ ? Pour faire simple, c'est une version fantasmée de l'Internet et du Web, qui centralise à peu près toutes les données numériques du monde. Du coup, quand je vous parle de piratage, je suis sûr que vous avez déjà une idée de ce qui va se passer. En fait, c'est l'une des grandes caractéristiques de Summer wars : plus ça va, plus on sait ce qui va suivre. Les ficelles scénaristiques de ce film sont faciles à deviner car connues. Il utilise même sans vergogne des clichés répandus : vous sourirez devant les personnages qui ne font que taper au clavier pour interagir avec leur ordinateur.
Toutefois, n'allez pas croire que ces clichés plombent le film, ou qu'ils le rendent inintéressant. Bien au contraire, leur utilisation est tellement habile et assumée qu'on ne les sent pas du tout passer. On les remarque, on les salue au passage, comme on salue un voisin qu'on connait bien de vue sans forcément l'apprécier plus que cela, puis on continue. Je me suis même surpris à être remué par les scènes émouvantes du film, preuve de leur efficacité. Car il y a beaucoup de sentiments différents dans ce film. À peu près tous en fait, ce qui apporte une sacrée diversité à l'histoire. Et c'est là le gros point fort du film : sa diversité. Un peu à l'image du simili-web OZ, Summer wars est lui-même un accès à tous les éléments du monde, en prenant le monde comme cinéma. Peut-être que j'exagère un peu, mais on passe vraiment du rire aux larmes en un rien de temps, et d'un rire à un autre d'un genre différent encore plus rapidement, sans que ça ne choque jamais. C'en est presque une performance. J'ai ri devant les actions des membres de la famille Jinnouchi. J'ai été ému par la relation entre la doyenne et Wabisuke. J'ai ri d'un plaisir sadique en regardant le chaos produit par le piratage de masse. J'ai vibré devant les scènes de baston épiques. En parlant d'épique, Summer wars réussi le tour de force de tenter de rendre une partie de jeu de carte pleine de tension et de bravoure à l'instar d'un Yu-Gi-Oh! et d'y arriver contrairement à un Yu-Gi-Oh!. Quand je vous disais qu'on peut tout trouver dans ce film.
Un autre point fort du film, c'est son ambiance. Pour les scènes dans le monde réel, nous nous trouvons en plein été, dans une immense et ancienne maison au cœur de la campagne japonaise. Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait rêver. Beaucoup. Mais plus onirique encore est le monde virtuel, OZ. Le design est très, très japonais mais hé, ça fait un bail qu'on en voit maintenant, inutile de vous plaindre que vous n'êtes pas habitués. Reste que de voir un monde séparé en espaces matérialisant les services qu'ils offrent (bibliothèque pour la connaissance, des graphiques pour la bourse...), le tout orbitant autour d'une mégastructure blanche et imposante, où l'on, enfin son avatar, vole pour naviguer... C'est peut-être dans la réalité techniquement super difficile à réaliser et inutilement compliqué mais, le MSV me passe au presse-purée, ça a de la gueule. Aussi, si certains ordinateurs montrés dans le film vous font baver, c'est normal.
Hitchcock disait que la qualité d'un film se mesure à celle de son méchant. S'il avait vu Summer wars, il aurait certainement apprécié le cinéma d'animation japonais par la suite. L'antagoniste donc, le terrible Love Machine, est un méchant dans toute sa splendeur. Affichant un air vicieux en total accord avec sa personnalité (le sourire démoniaque joue beaucoup) et étant muet pour encore plus le séparer des héros humains, c'est un vrai plaisir que de suivre son cheminement de la destruction et du chaos. Surtout que sa motivation est simple : il est fait pour ça. Détail qui fait mouche : c'est surement à cause de son nom, mais Love Machine ne cesse d'arborer un symbole de cœur sur son front. Ce qui m'a fait penser à Dio Brando. D'où gain drastique de crédibilité en tant que méchant. Et lorsqu'il se fait défoncer (OH MON DIEU NON DES SPOILERS !), je n'ai pas pu m'empêcher de penser « Ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ora ! » Oh que c'était bon.

Pour régler les derniers détails technique, l'animation est d'une qualité irréprochable, Mad House oblige et la musique colle bien à l'ambiance. Au final, Summer wars est un film à voir. Quoi que vous aimiez, vous l'y retrouverez. Quoique, le vrai mot de la fin, c'est que ce sont les Mathématiques qui sauvent le monde et ça, c'est la classe.



TheEdgeWalker

Commentaires

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06/07 17:44 - TheEdgeWalker
J'APPROUVE TOTALEMENT CE COMMENTAIRE DE LETO.

Blague à part, c'est vrai que j'ai quasiment expédié le sujet de l'animation, mais elle claque vraiment. La partie classique dirais-je, la bonne vieille animation utilisée pour le monde réelle a un aspect soigné, propre et léché très agréable à l'œil. C'est l'esthétique d'OZ qui fait vraiment exploser le potentiel visuel du film : un cel shading irréprochable, une myriade de détails à chaque instant, une fluidité, un rendu sans pareil. Notre regard est sans cesse capté par quelque chose de différent et Summer Wars fait vraiment partie de ces films qu'il faut voir plusieurs fois pour en capter tous les détails visuels.
Vivement sa sortie DVD.
04/07 11:19 - Leto
TANT DE AWESOMENESS DANS UN SEUL FILM, JAPONAIS ET D'ANIMATION DE SURCROIT, CA MÉRITE BIEN UN COMMENTAIRE EN CAPS LOCK PARCE QUE MON DIEU QU'EST-CE QUE CA POUTRE.

ET JE MAINTIENS CE QUE JE PENSE : CE QUI FAIT LA FORCE DU FILM C'EST EN GROSSE PARTIE SON ANIMATION QUI PERMET DE DONNER VIE A CHAQUE PLAN, CHAQUE MENU DÉTAIL, DE MANIÈRE A EN EN ENVOYER PLEIN LA TRONCHE ET JAMAIS ENNUYER UNE SEULE SECONDE LE SPECTATEUR, MÊME DANS LES INSTANTS DE "REPOS".
LE SCÉNARIO DEMEURE ASSEZ CLASSIQUE, MÊME SI SUFFISAMMENT BIEN FAIT POUR NE PAS EMMERDER UNE SEULE SECONDE.

Me reste plus qu'à voir LA TRAVERSÉE DU TEMPS !
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