Platon et son Ornithorynque entrent dans un bar...

01/07/2010 21:25
Il y a de nombreux domaines intellectuels que certaines mauvaises langues considèrent comme plutôt inutiles, ceci étant dit sans intention de vexer ceux qui en sont les partisans. Parmi leurs grands bastions, selon ces mêmes mauvaises langues, on citera la religion, qui, se déclinant en de multiples courants de nature plus ou moins sérieuse, comme le christianisme, l’islam, le judaïsme, le bouddhisme ou encore le pastafarisme. Je ne m’étendrai pas dessus afin d’éviter de marteler, à l’instar de la métaphore proposée par « Celui qui a tué Dieu », ces « statues » qui ne sont rien d’autre que des « coquilles vides », toujours selon ce même homme. Étant assez loin d’être ce qu’on pourrait appeler un trolleur et ne voulant pas faire de cet article la source d’un n-ième conflit Créationnistes VS Darwinistes (ou autre courant s’y avoisinant), je vais donc vous parler d’un autre courant qu'ils qualifieraient aussi d'« inutile ».
Comme vous aurez pu le deviner en lisant le titre de cet article, j’allais aborder le thème de la philosophie. Cette science est, malgré ses airs de masturbation intellectuelle qu’elle peut procurer à ses pratiquants, plus qu’inutile d’un point de vue matérielle pour certains (principalement des cuistres). Bien sûr, elle permet d’élever un tant soit peu son âme et de faire réfléchir l’être humain, car même si ce n’est pas la chose qu’il fait le mieux, il devrait le faire plus souvent de nos jours.
Vous êtes de nature curieuse ? Vous avez envie de réfléchir, de philosopher ? De peut-être trouver la réponse à toutes vos questions ?
C’est bien.
Si vous faites partie de ceux qui se sont emmerdés sur les bancs du lycée en écoutant un prof de philosophie que vous trouviez tout sauf intéressant, que vous n’aimez pas les œuvres originales écrites d’une manière tortueuse sur des sujets nébuleux – qui est franchement un style imputable à 90% des philosophes – ou que vous n’êtes pas allé glander en faculté de lettres (chômeur, quel beau métier !), voici quelque chose qui pourrait éventuellement vous intéresser.

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Sous ce titre pour le moins original (je ne pense pas que le mot « ornithorynque » apparaisse sur beaucoup de couvertures de livres, aussi déjantés soient-ils), se cache un livre qui pourrait plus ou moins être assimilé à un pseudo-guide du style « La Philosophie pour les Nuls » (de la collection éponyme), mais en beaucoup moins sérieux et recherché. Je peux d’emblée vous dire que, ayant pris connaissance du livre susmentionné, je sais parfaitement de quoi je parle.
Bref. Les deux auteurs de ce bouquin ont eu une idée plus qu’originale sur ce coup-là : associer complètement la philosophie à l’humour (comme l’indique le titre) en ajoutant des petites devinettes, blagues, pensées, pas forcément catholiques, mais qui sont pour la plupart assez parlantes. Comme le prouve l’exemple suivant, qui est censé illustrer le concept de logique déductive*.
NB : Ce n’est pas un exemple tiré mot pour mot du livre, mais une blague similaire qui pourrait tout à fait remplacer celle qui se trouve dans le chapitre en question (moins bien déguisée toutefois).

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Par un beau matin ensoleillé, Roger, résidant au 12 rue des Peupliers (Saint-Pourçain-Sur-Sioule), voit un nouveau voisin emménager à côté de chez lui...

« - Salut, voisin, c'est une belle journée pour emménager...
- Oui, et les gens par ici ont l'air très sympathiques.
- Oui. Et qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
- Je suis professeur à l'Université. J'enseigne la logique déductive.
- Ah ? C'est quoi la logique déductive ?
- Laissez-moi vous donner un exemple : Je vois que vous avez une niche là dans votre jardin...
- Oui.
- J'en déduis que vous avez un chien.
- Ben... Oui.
- Si vous avez un chien, vous avez probablement des enfants.
- En effet.
- Si vous avez des enfants, j'en déduis que vous avez ou que vous avez eu, une femme.
- Ben, oui, je suis marié.
- Si vous avez une femme, j'en déduis que vous êtes hétérosexuel...
- Ouais, c'est sûr, ça !
- Eh bien, voilà ; c'est ça la logique déductive.
- Cool ! »


Un peu plus tard dans la soirée, Roger rencontre Gaston, son autre voisin :

« - J'ai rencontré notre nouveau voisin, très sympa !
- Ah oui ? Et qu'est-ce qu'il fait dans la vie ?
- Il fait un truc cool : il enseigne la logique déductive.
- Ah ? C'est quoi, ça ?
- Attends, je te montre sur un exemple. T'as une niche dans ton jardin ?
- Ben... non.
- Pédé va ! »


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Et force est de reconnaitre qu’ils le font plutôt bien ! En effet, dans ce livre, sans trop verser dans les délires nébuleux qui caractérisent certains philosophes (je ne vise personne en particulier), Cathcart et Klein arrivent parfaitement à définir dans les (très) grandes lignes ce que sont les différents domaines de la philosophie, dans un ton décalé caractéristique de l’humour anglo-saxon qui passe très bien une fois qu’on s’y est habitué.
Le livre comporte un pseudo scénario, qui n’est pas sans rappeler les Dialogues d’un vieil homme barbu qui s’est suicidé en buvant un truc pas net : deux hommes, Dimitrios et Kostas, ouvrent et ferment chaque chapitre avec quelques répliques servant à nous mettre dans l’ambiance, et à nous montrer les différentes questions auxquelles la philosophie traitée dans ledit chapitre est censée répondre. Ce mot est à traiter avec beaucoup de retenue, car ceux qui ont fait un peu de philosophie savent tous que, la philosophie, par des spéculations plus que diverses (dixit un autre vieil homme très barbu et gauchiste), pose malheureusement bien plus de questions qu’elle n’y répond. Ce qui n'est pas un mal en soi, mais qui déçoit toute personne naïve voulant s'y initier.

À l’inverse de la plupart des penseurs que ce livre traite, je n’irai pas par quatre chemins, et vous dirai que ce livre est parfait pour les cuistres en la matière comme pour les lecteurs et/ou penseurs chevronnés. Les uns pourront découvrir un panorama facile d’accès sur ce merveilleux monde qu’est la philosophie, tandis que les autres entreverront la chose certainement sous un autre angle que celui auquel ils étaient habitués, qui leur plaira sans doute, pour autant qu’ils aient un esprit assez ouvert.

Après, pour ce qui est du style d’écriture et des blagues mentionnées, tout dépendra de votre style d’humour. Mais cela reste quand même un livre à lire, car franchement, on n’a pas beaucoup l’occasion de croiser des ouvrages mêlant avec une telle qualité humour et sérieux ! En fin de compte, la philosophie et les blagues n’ont jamais été aussi proches…

Oh tiens, je signalerai à cet égard que ce livre est également dédié à Groucho Marx, intellectuel auteur de la citation bien connue : « Ce sont mes principes, si tu ne les aimes pas, j’en ai d’autres. » .
Alors, que vous faut-il de plus ?

PS: Malgré ce que cet article laisse à supposer, et bien que je sois apprenti-juriste, je ne méprise pas les lettreux, et encore moins les philosophes...

VonSturm

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