Peusseupeu Go

01/05/2010 21:38

Considérée comme « le secret le mieux gardé de l’E3 2009 » (la convention américaine sur le jeu vidéo où Sony, Microsoft et Nintendo posent chaque année leurs projets primordiaux à venir en matière de management, jeux vidéo et consoles, un rendez-vous marketing essentiel donc), puis rapidement qualifiée de console la plus bourgeoise de la décennie (devant même l’insider PS3), la PSP Go (prononcez peusseupeugo) est la petite dernière de Sony, sortie en France depuis le 1er octobre 2009. Petite dernière, c’est vite dit, puisqu’elle applique brillamment le marketing Nintendo, utilisant le modèle économique Vache À Lait pour recycler une console portable (la PSP) avec trois nouveautés pour justifier un prix exorbitant. Sauf que la PSP Go a fait plus fort que Nintendo puisque son système (très décrié, Metal D. Luigi ne renierait pas ça) est passé au tout dématérialisé, ce qui doit faire passer la pilule de 100 € qu’on se prend dans la gueule (250 € au lieu de 150 € pour une PSP normale).



http://www.gamingspirit.fr/_img_art/psp-go.jpg



Il devient alors évident (sauf peut-être pour nos lecteurs ne s’intéressant pas aux jeux vidéo, lesquels n’ont même pas pris la peine de lire l’article mais je vais essayer de ne pas trop être technique) que la PSP Go cumule une montagne de problèmes et contradictions sous la séduction marketing qu’elle peut susciter : pour payer plus cher que la version normale, il faut que cela en vaille la peine pour l’acheteur lambda. Sony argue que le tout dématérialisé, c’est le futur, c’est ce vers quoi il faut se tourner. Je passerai sur le débat « rendez-moi mes jeux matériaux » qui anime les revendeurs de jeux vidéo et les collectionneurs, étant donné que je comprends parfaitement le fait que les cartouches et disques, ça prend la poussière et de la place. La dématérialisation du jeu vidéo (et donc son achat sur des supports immatériels en ligne, comme un téléchargement légal de musique) ne me gène pas, ça me parait être même effectivement l’avenir.
Mais de là à prendre la PSP Go ? Cette machine qui, lorsqu’on la tient dans la main, nous fait sentir tout notre charisme embourgeoisé de fils à papa ? Ca n’aurait pas été un problème, si Sony n’avait pas autant merdé.
D’abord, il faut voir que la dématérialisation scie la branche PSP : la console Go ne peut plus lire les UMD (quel flop monumental ce truc, j’veux dire, qui paierait 20 € pour des films que seuls la console PSP et son écran minuscule peuvent lire ?) Par conséquent, elle ne peut plus lire les jeux PSP. Hm. Reprenons. La PSP ne peut pas lire les jeux PSP. Si si, c’est cohérent (et des philosophes comme Descartes se seraient suicidés devant un tel paradoxe de logique). Cela veut juste dire que le TOUT dématérialisé, c’est vraiment tout, et qu’on ne peut acheter des jeux que via le net et une connexion haut-débit (cette console est donc doublement bourgeoise puisqu’elle nécessite un ordinateur pas trop vieux).
Mais ça ne serait pas un problème à mon sens – simplement une manière pour ceux qui ont déjà la console de ne pas la racheter (erreur marketing puisque Nintendo sait doser pour rendre chaque nouvelle DS totalement inutile mais compatible avec les autres générations, de manière à ce que le gogo fan de technologies aille prendre la dernière sortie pour plus chère que les autres) – si Sony avait assuré par derrière. Là je vais essayer de ne pas m’énerver inutilement mais ça va être difficile. Reprenons. La PSP Go ne peut lire que des jeux téléchargés sur une plate-forme. Forcément, cette dite plate-forme est exclusivement Sony et il n’y a aucun moyen d’y couper [ce qui permet au constructeur d’annihiler le piratage puisque la Go est incrackable – ou du moins ceux qui l’ont cracké n’ont pas voulu donner leur méthode – ce qui ne me dérange économiquement pas personnellement]. Là où le bât blesse, c’est que forcément, c’est Sony qui choisit les titres qu’il met en ligne, et ça c’est la merde. Déjà qu’en magasin, les jeux vidéo qui m’intéresseraient ne seraient pas forcément très faciles à trouver, mais là, c’est digne du Sentier pendant la WW2 (comprenne qui pourra). En clair, on se tape toutes les conneries qui se vendent par quintaux comme Socom, Need For Speed, Buzz, Dissidia, Fifa, LittleBigPlanet ect. Mais on peut aller se brosser avec un crin de cheval pour trouver des RPG japonais sympas. J’veux dire, d’exclu PSP, il doit y avoir d’intéressant Disgaea 1 et 2 (ils méritent que je fasse un article), et c’est tout. Sérieusement. Même pas Final Fantasy Tactics. MÊME PAS CELUI-LA. C’est dire si pour Sony, c’est important.
Mais outre mes goûts, il faut bien avouer que le Playstation Store (le nom de la plate-forme) est assez vide pour les possesseurs de PSP Go. Il doit y avoir 200 jeux PSP en tout, 20 potables [c’pas que la PSP a eu énormément de bons jeux – c’est même son point faible – mais quand même...], 2 pas chers. Alors, bien sûr, on pourra me rétorquer qu’il y a toujours les jeux Playstation qui peuvent être achetés, mais sérieusement, quel est l’intérêt de prendre des vieilleries décennales pour y jouer sur une console de bourgeois ? Evidemment, je comprends la logique industrielle de Sony sur le coup qui met le paquet sur les « oldies » [un jeu PS sera à la fois compatible PSP et PS3, donc une cible plus large touchée d’entrée de jeu], mais ça sent le foutage de gueule intégral.

Sans compter l’écran plus petit, la batterie qui se décharge toujours aussi rapidement (6H maximum, sérieux même mon vieux mp3 fait autant) ET inamovible (sérieux ?)... Autant de points que je ne préfère pas aborder pour ma santé mentale.

Ce qui fait, en définitive, que je me retrouve avec ma PSP Go (qu’on m’a offerte, parce que je n’aurais JAMAIS eu la présence d’esprit de l’acheter) à jouer à trois jeux en attendant que Sony sorte ce qui m’intéresse. Trois. Bon, d’accord, j’en suis à 80H sur le premier et pourtant je n’ai même pas effleuré 10 % du gameplay et ça passe le temps de manière merveilleuse ; et les deux autres ont été acquis dans le cadre des grandes soldes de printemps (pour 20 €, deux jeux de qualité, what else ?), mais quand même. La Go, c’est une grosse arnaque, pour ceux qui en doutaient encore. [Mais si vous l’avez ruez-vous sur Patchwork Heroes c’est best.jeu de la décennie pour 8 €].



Leto

Commentaires

Pseudonyme :
Email (facultatif) :
Commentaire :
Question antispam : en quelle année sommes-nous ?
Le Pavillon des Fous © 2009 - Tous droits réservés
Top