Causons Vaudois, nom de bleu !

01/05/2010 21:16

Dans le magnifique monde de la francophonie – car, au risque de m’attirer les foudres de barbares tels des Soviets, Slaves, Scandinaves et autres Zoulous, il est bien connu que le français est la plus belle langue du monde – l’évidence même est que, puisque différents pays le composent, eux-mêmes morcelés en diverses régions, des modes de vie, des usages, des pratiques, des coutumes différentes sont nées dans chacun de ces petits bleds. Comme vous vous en douterez, la langue française s’est elle aussi dérivée en une multitude de dialectes, patois, idiomes linguistiques. Ce qui fera l’occasion de beaucoup de quiproquos au malheureux interlocuteur parisien (attention, je ne fais pas de présomptions !) qui ne comprendra pas un traitre mot de ce que vous dites si vous êtes québécois, marseillais, ou encore ch’timi. Voire le fera même s’écrouler de rire devant ce florilège d’expressions accompagnées d’un accent bizarre (normal, c’est un parisien, me direz-vous... (oups)), vu que la vraie bonne langue française ne se trouve qu’en France (selon eux).

Mais bref. Arrêtons de cracher du venin sur ce magnifique pays et ses sympathiques habitants grévistes, et venons-en au vif du sujet. Suisse de mon état, vu que né à Lausanne et résidant dans le canton de Vaud depuis ma plus tendre enfance, pour le meilleur et (surtout) pour le pire, bien évidemment, j’ai grandi dans la francophonie, en apprenant le « fransuisse », ou, plus précisément, la « langue vaudoise » et ses expressions bien connues. Mon objectif est donc de vous familiariser avec ce dialecte barbare (au sens romain du terme), grâce à cet article.

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Quel magnifique écusson… Mais mis à part nous mettre dans l’ambiance, il fait office de cheveu sur la soupe.



Je renverrai ceux qui désirent comprendre les diverses expressions et idiomes que je vais employer sur ce site si vous voulez en savoir plus. Pour ce qui est des autres (les flemmards comme les suicidaires), la compréhension des paragraphes suivants est susceptible de choquer certaines sensibilités. À vos risques et périls.
Voilà. Maintenant que vous avez été averti de la chose, je vais me mettre en route. Je précise d’emblée deux choses :
1) Puisque c’est écrit, je vous fait bien évidemment grâce de l’accent.
2) Étant citadin et donc très familiarisé à la « vraie francophonie », mon texte sera bien plus facile à comprendre qu’un texte en vaudois complet.
C’est parti !
...
...
...
C'est bon, vous êtes vigousses pour commencer ou bien?
Vous savez, il y a des jours où je me dis que je suis vraiment qu’une bedoume. Parce que je fous régulièrement le boxon dans mon cagnard, et que finalement il y a tout qui se retrouve à boclon n’importe où dans la pièce et dans la maisonnée. Donc ma mère m'a tutté, me disant : « Batoille ! Tu vas arrêter de répandre ton chenit partout ! Un Pique-Meuron ferait pas mieux ! » et me colle quelques agnafes avant de repartir prendre le traclet pour Cossonay.
Me retrouvant donc tout seul, je me suis dit : « Nom de bleu de nom de bleu, faut que je reprenne de l’accouet, sinon ça va chader dans les chaumières. Arrêtons de foutimasser, ou bien !? ».
Pendant que je poutzais la canfouine, mon frère s’est pointé dans ses grosses eclaffe-beuses. Non pas que ça me gêne, mais il est tellement chenoille qu’il lui arrive de faire des trucs de batoille, parfois, comme pedzer sur le canapé ou niousser sans raison apparente. Un agnoti, quoi. Il est comme ça.
La première chose qu’y me dit c’est : « Tedieu ce chenit, ça ressemble aux cagoinces de la voisine ! Même un modzon ne s’y retrouverait pas ! », ce à quoi je réponds « Quèche tè batoille, mon niolu de rabotson, et va donc me chercher la panosse avant que je t’étertisse ! ».
Une heure après avoir rangé tout mon boxon, j’enfourche mon boguet pour me rendre à la gouille. J’avais pas de but précis en tête, à part ouatasser intérieurement en regardant passer les modàs. Même si ça fait un peu pandour comme habitude, c’est toujours plus sympa à faire que pedzer chez soi sans rien faire. Je ne fréquente pas, alors faut bien que je m'occupe!
Mais pas de bol, aujourd’hui il y avait de la peuffe, tellement que je me suis encoublé dans les egras du bord de ladite gouille, ce qui m’a embardouflé un tantinet. Je vous jure que c’est pas un witz, plusieurs gens m’ont balancé des fions quand ils m’ont vu. J’ai même failli marcher dans la tchaffe, de bleu ! C’était moins une !
Dans tout ce fourbi, je me suis réduit pour ruper avec le reste du papet et la salade de rampons qui traînaient dans le frigo, mais j’avais la tremblette, donc je me suis assez saligoté pour qu’on pense que je me suis dégobillé dessus. Alors j’ai fait ce que toute personne pas bobette aurait fait, c’est-à-dire que je l’ai mis à laver.
Mais franchement, après je ne me suis senti pas bien. Vraiment pas bien. J'avais envie de dégobiller, je schlinguais comme un très mauvais penatset, et j'avais plus du tout d'accouet. Alors, en raison de mon état qui était loin de me faire passer pour le dernier pétabosson de Goumoens-le-Jus dans les années septante, j'étais vraiment raide. Je suis donc parti pioncer.
...
...
C’est bon ? Vous avez survécu ou bien ? Si c’est le cas j’espère que ce petit florilège de folklore du Pays de Vaud vous a plu, et je vous donne rendez-vous le mois prochain !
Et si en plus de ça vous avez tout compris sans le site susmentionné, c'est que vous pouvez vous targuer d'être un vrai vaudois, nom de bleu de nom de bleu!
Vous aurez pu constater que j’ai pas une histoire très mouvementée, mais c’est difficile d’écrire un truc sensationnel avec ce vocabulaire...



Von_Sturm

Commentaires

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Question antispam : en quelle année sommes-nous ?
09/05 22:34 - isabeling
à moins qu'il y ait un défaut dans ma page, je suis la première à mettre un commentaire! yeah. Bref.
Super article! (au risque de me répéter) très drôle et original! Merci pour cet instant divertissant ^^
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