Le Sabotage Amoureux
Aujourd'hui j'ai décidé de vous parler d'un sujet assez personnel, puisque je vais vous décrire précisément ce qui m'arrive depuis, allez, on va dire deux décennies, en matière de comportement face au sexe opposé.
1 Conditions initiales
Prenez une fille, soit jolie, soit avec qui je m'entends vraiment bien, soit pire, les deux ! Au début, rien de bien méchant, je la considère comme une amie. Et puis ensuite, il suffit de peu pour que je bascule de l'autre côté. Et là, c'est le drame. N'importe qui ou presque tenterait sa chance dès les premiers symptômes, usant, selon la personne, d'un rite amoureux plus ou moins poétique, plus ou moins subtile. Moi non.
2 Troubles
Tout réside dans ce terme : idéalisation. J'ai tendance à considérer la personne désirée comme inaccessible. Ce qui entraine alors plusieurs conséquences. Tout d'abord, je souffre. En effet, si elle est vraiment inaccessible, rien ne pourra se passer entre nous deux, et ça me fait l'aimer davantage, donc souffrir davantage. Ensuite, je me comporte différemment. Je fais tout pour qu'elle me trouve intéressant, je passe le plus clair de mon temps avec, et si elle s'intéresse à quelqu'un d'autre, je le prend mal. Je ne le montre pas, déjà parce que je serais pris en flagrant délit, ensuite parce que je n'ai aucun droit sur elle et que j'ai parfaitement conscience que c'est de la jalousie mal placée. Et j'attends donc, que ça tombe du ciel, comme si par miracle elle allait me prendre dans un coin de porte et me sauter dessus sauvagement... Évidemment, plus j'attends, plus je me dis que je n'ai pas de chance de sortir avec, puisque l'amitié s'installe de plus en plus. Alors j'ose de moins en moins (si c'est encore possible) aller lui parler. Je souffre davantage.
3 Complications
Vous allez me dire, c'est déjà pas mal compliqué. Mais il y a pire. Parfois, je sais dès le début que ce serait possible avec la demoiselle et pourtant je ne fais rien, de peur de me tromper. De plus, si vous avez bien suivi le début, vous avez dû anticiper la réciproque de mon assertion : plus la fille est accessible, moins j'ai envie d'elle. C'est comme ça que l'on se paye le luxe de refuser de sortir avec une fille très populaire qui n'a d'yeux que pour vous...
Et parfois, l'irréparable se produit : nous sommes ivres morts à une soirée et nous nous embrassons. Là, vous vous dites, c'est gagné. Eh bien non, toujours pas. Le lendemain, au lieu d'aller lui parler, comme le ferait toute personne normalement constituée, je me comporte comme s'il ne s'était rien passé. Imaginez qu'elle soit d'accord pour recommencer, ce serait dramatique...
Voilà, maintenant vous êtes au courant que je suis complètement cinglé, et si vous êtes une fille et que je vous plais, vous savez que vous devez me sauter dessus pour espérer quelque chose de moi.
PS : Les amateurs de la célèbre auteur belge/japonaise auront sans doute saisi le clin d'œil du titre, pour les autres, je les renvoie à la description de ce roman autobiographique.
Shaolan


