Doukutsu Monogatari (Cave Story)
28/02/2010 16:02

Lorsque je joue à un jeu vidéo, s'il y a bien quelque chose qui m'assure d'apprécier, voire plus, cette expérience, c'est de ressentir que le jeu a un âme. Que celui/ceux qui l'ont créé étaient vraiment à fond dans leur travail, et qu'ils ont aimé ça, les bougres. Généralement, ce ressentit provient de petits détails, d'éléments indéfinissable, mais qui, lorsqu'on y pense, nous font sourire intérieurement. Comme les créateurs ont du le faire eux-même. C'est donc d'un jeu de ce type dont je vais vous parler.
Libre comme un pixel sauvage
Doukutsu Monogatari, ou Cave Story (qui est la traduction littérale du titre : Histoire de grottes), est un jeu en soi exceptionnel, car il a été réalisé par une seule et unique personne : Daisuke Amaya, plus connu sous son pseudonyme de Pixel et, logiquement, seul et unique membre du Studio Pixel. Sorti en 2004, il ne lui aura pas fallu moins de 5 ans pour créer son jeu, du design au scénario en passant par le codage. Tout un programme (ha ha ha). C'est d'autant plus impressionnant quand on voit la qualité du résultat final. On peut difficilement reprocher quoi que ce soit à Doukutsu Monogatari, tant tout a été fignolé avec soin. Mais voyons ça plus en détail.
Scénario : vous vous réveillez dans une pièce inconnue
C'est comme ça que l'aventure commence. Votre personnage se réveille en un lieu inconnu, visiblement frappé d'amnésie. Vous sortez alors de la grotte où vous étiez pour arriver dans le village des créatures choupikawai du coin : les Mimigas. Il vous apprennent qu'ils sont sous la menace du terrible Docteur, un scientifique fou ayant acquis des pouvoirs immenses grâce à une couronne maléfique, qui semble vouloir utiliser les Mimigas. Ayant sympathisé avec les Mimigas et n'écoutant que votre courage, vous partirez défaire les plans du Docteur et de ses sbires...
Rien de foudroyant, mais cette histoire permet un enchaînement du jeu parfaitement crédible, avec des personnage qui remplissent très bien leur rôles : des bras droits du méchant aux villageois à sauver en passant par la compagne d'armes, il y en a pour tous les goûts.
Graphismes : faire du vieux avec du neuf
Vous aimez les pixels ? Vous aimerez ce jeu. Vous aimez le pixel art ? Vous adorerez ce jeu. Le style 8-16 bits, même si vraisemblablement choisi pour des raisons techniques, est réalisé d'une main de maître. Si vous êtes nostalgique de l'époque des jeux de plate-forme de la Nes, ou tout simplement adepte du minimalisme, vous serez immanquablement séduit par les graphismes de Doukutsu Monogatari.

Une capture d'écran, c'est tellement plus parlant
Gameplay : aux petits oignons
Indéniablement le gros point fort du jeu. Doukutsu Monogatari est un jeu qui se rapproche du genre Metroid/Castlevania, c'est à dire une grosse dose de plate-forme, couplée à de l'exploration de zones, un peu de retour en arrière pour récupérer des objets impossibles à obtenir avant, du shoot d'ennemis avec diverses armes et la possibilité d'améliorer son personnage en ramassant des power-up. Chaque élément étant une réussite.
Les phases de plate-forme sont un régal, tant la maniabilité est précise et fluide. La physique du jeu est assez facile à prendre en main, ce qui permet de se concentrer sur le challenge plutôt que de se casser la tête à maîtriser les commandes.
Plusieurs armes sont à la disposition du héros, qu'il faut bien évidemment acquérir avant. Certaines doivent être échangées contre d'autres, autant dire donc que vous ne les découvrirez pas toutes lors de votre première partie. Un système d'expérience existe pour les armes : en mourant, les ennemis laissent tomber des points d'expérience, qui servent donc à augmenter le niveau de l'arme que vous utilisez. Chaque arme possédant trois niveaux.
Concernant les power-up, outre les objets qui donnent accès à de meilleurs sauts, on peut augmenter ses points de vie en ramassant des capsules de vie. Au passage, difficile de ne pas voir le clin d'œil à Metroid, tant la musique quand on ramasse la capsule fait penser à son homologue du jeu de Nintendo.
Difficulté : gravir les échelons
Autre point fort. Très bien dosée, elle augmente graduellement jusqu'à la fin du jeu, sans jamais frustrer. Les vrais pics de difficulté apparaissent lors des combats contre les boss. Dans le plus pur style de la vieille école, ils sont relativement aisés à vaincre une fois leur schéma d'attaques mémorisé, mais ça ne veut pas pour autant dire que cela sera facile à mettre en place. Mais quoi de plus jouissif et gratifiant que de voir exploser dans une gerbe de pixels un robot qui vous a tant emmerdé avec ses lasers ?
Et pour ceux qui veulent du challenge de l'impossible, il existe même un niveau secret à vous faire arracher les cheveux. (Je ne mets pas ça en spoil parce que je trouve franchement cruel de ne pas le mentionner.)
Durée de vie : encore une partie ?
Il existe différentes fin pour le jeu. Autant vous le dire tout de suite, vous ne verrez pas la bonne fin lors de votre première partie. Sachant ce que cela implique, vous ne pourrez pas résister à l'envie de commencer une nouvelle partie pour avoir cette satanée bonne fin. Pas. Possible.
Comptez entre 4 et 6 heures pour finir le jeu lors de votre première partie, selon votre expérience en tant que joueur.
Pour finir le tour
Ça vous parlera certainement plus si vous avez déjà joué au jeu, mais cela mérite d'être mentionné.
Le jeu, son histoire surtout, semble montrer qu'il se situe dans un monde assez vaste, et des connexions extérieures semblent apparaître dans le scénario du jeu. Bref, on a l'impression d'un véritable univers. Toutefois, le créateur du jeu a bien précisé lors d'une interview :
« Rien dans ce monde n'existe au-delà de ce que vous voyez dans ce jeu, car je n'ai pas les compétences pour créer quelque chose de plus poussé. Je laisse les détails du monde du jeu à l'imagination du joueur. »
Personnellement, je trouve ça génial. Que l'auteur limite délibérément sa présentation de l'univers, alors que l'expliquer hors-contexte, lors d'interviews ou de commentaires, est une pratique très courante de nos jours (cf Oda et sa rubrique SBS), est à la fois osé et la preuve d'un profond respect des joueurs. Chacun, en jouant, construit sa propre expérience de jeu. S'approprie l'univers. L'interprète à sa façon. Se lie avec certains personnages. Laisser le champ libre à l'imagination du joueur même une fois le jeu fini est vraiment le meilleur cadeau que l'on peut lui faire, car ainsi tout ce qu'il a construit de lui-même est préservé. Les jeux vidéos peuvent être beaucoup plus stimulants pour l'imagination qu'on ne pourrait le croire. Doukutsu Monogatari est le parfait exemple de cela.
Oh, avant de clore cette article, ai-je mentionné qu'il s'agit d'un freeware ? C'est-à-dire qu'il est totalement gratuit au téléchargement. Il est originalement en japonais, évidemment, mais il existe une traduction anglaise de très bonne facture, et une française un peu moins bien par contre (quelques bugs d'affichages et des traductions hasardeuses).
Je ne mets pas de lien pour télécharger le jeu, car il y a tellement d'endroits pour le faire, la moindre recherche sur le Net vous donnera tous les résultats dont vous avez besoin et je n'ai pas de site à privilégier.
Toutefois, si vous voulez visiter le site officiel de Pixel, c'est par ici.
À noter aussi que le jeu a une sortie sur WiiWare de prévue.
TheEdgeWalker


