Jeux idiots

31/01/2010 18:58

Ce mois-ci, je n'ai pas le courage d'écrire un article digne de ce nom pour le Pavillon des fous. Pas terrible de dire ça juste après le 100ème article, n'est-ce pas ? Non pas que je n'ai pas de matériel, mais l'envie me manque. Heureusement, je tente quand même de sauver la donne en appliquant la bonne vieille formule « En cas d'urgence, poster un article dans le Pavillon des délires ». C'est facile, rapide et le contrat est rempli dès que l'on réussit à décrocher un sourire de la part du lecteur, donc tout le monde y gagne. Sauf la portée culturelle des articles du mois, mais s'il y a bien quelque chose que Michael Bay nous a appris, c'est que l'on peut bien laisser son cerveau de côté de temps en temps (C'est tellement marrant de taper sur Michael «Shit blows up» Bay, ça vous dirait que cela devienne un running gag ?). Et puis même, qu'est-ce qui nous empêche, moi ou tout autre membre du Pavillon optant la solution délire, d'y réfléchir un minimum ?
Après cette introduction inutilement longue dont le but inavoué, mais néanmoins transparent, est de remplir un maximum d'espace, rentrons dans le vif du sujet. J'ai décidé de vous faire découvrir des

Jeux idiots au succès reconnu en soirée après quelques verres

Les deux jeux que je vais vous présenter ne nécessitent aucun matériel. Juste des participants volontaires pour jouer à des jeux incroyablement absurdes, n'ayant donc pas peur du ridicule.

Le jeu de Gilles de la Tourette

Contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, ce jeu ne consiste pas à insulter les autres participants, mais le nom semble approprié tant il leur fait tenir des propos incohérents.
Le principe est simple : l'un après l'autre, sans forcément un ordre précis, les joueurs disent un mot. La seule règle est que ce mot doit avoir le moins de rapport possible avec le précédent. Ce moins de rapport signifie, au sens le plus strict, que :
-le nouveau mot ne doit pas être du même type que le précédent (nom, adjectif, verbe, adverbe...)
-aucun des joueurs ne doit pouvoir trouver de rapport logique entre le mot précédent et le nouveau
-le nouveau mot ne doit pas déjà avoir été prononcé avant dans la partie
Là où le jeu est amusant, c'est dans le flou artistique qui enveloppe le concept de rapport logique. Dès qu'un mot est dit par un joueur, un autre peu le contester, en expliquant pourquoi. Lorsque c'est à cause du rapport logique, il n'est pas rare que la raison soit tirée par les cheveux, d'où potentiel comique. D'autant plus qu'une contestation peut elle-même être contestée, si elle ne fait pas l'unanimité. Dans ce cas, c'est à l'ensemble des joueurs de trouver un consensus, pour savoir si le mot est validé ou non. Généralement, cela ne prend pas bien longtemps, l'enjeu n'est pas tellement important et les possibilités très nombreuses.
Un exemple de chaîne de mot valide : « ascenseur, bêcher, complètement, arriviste, cosmique, partitionner »
Un exemple d'enchaînement invalide : ascenseur puis escalier, parce que ce sont deux noms, de plus ils servent tous les deux à se déplacer entre des étages. De même que cosmique et année-lumière, parce que même si ce sont un adjectif et un nom, les deux ont un rapport avec l'espace. J'espère que vous suivez.
Là, vous vous demandez peut-être quel est le but du jeu, qui gagne à la fin, quand s'arrête-t-on. Et bien, c'est ça qui est beau, c'est que ce jeu n'a aucun gagnant. À part peut-être le groupe de joueurs lui-même. Le but est simplement de faire la plus longue chaîne de mots possible, jusqu'à ce que plus personne n'ait envie de jouer. L'intérêt de ce jeu réside uniquement dans le plaisir d'y jouer, ce qui le rend presque poétique. Pour la petite histoire, la première fois que j'y ai joué, c'était avec des gens que je ne connaissais presque pas, la partie a duré deux bonnes heures.
À noter aussi que ce jeu peut se révéler un véritable challenge, puisque plus il dure, plus il devient difficile de penser à des mots nouveaux et surtout, de ne pas répéter les anciens. Il n'est pas rare ainsi de voir la façon de jouer des joueurs au fil de la partie : tout d'abord les mots sortent comme des ressorts de la bouche des joueurs qui imitent les gens atteints du syndrome, puis progressivement, les réflexions se font plus intenses, les joueurs plus sérieux, ce qui est paradoxalement encore plus drôle à bien y réfléchir.
Au final, un jeu pour se vider le cerveau, littéralement parlant.


Le jeu des liens logiques à divers degrés, aussi connu sous le nom de Pyramide en différent

Si vous avez aimé le concept de lien logique développé dans le premier jeu, vous aimerez celui-là aussi, car il y accorde encore plus d'importance. Il se joue à partir de 2 personnes. Le principe de base est simple, il peut ensuite être adapté si l'on veut avoir un jeu plus strict. Un joueur dit un mot, un autre en dit un second qui doit avoir un lien logique avec le premier et le reste des joueurs doivent reconstruire la chaîne logique qui mène du premier au second mot. Exemple : un joueur dit cachemire, l'autre dit fou. Parce que le cachemire est obtenu à partir de la laine d'une chèvre, or chèvre est synonyme de fou, d'où cachemire → chèvre → fou. C'est d'ailleurs un exemple de chaîne logique à deux degrés. Parce qu'il y a deux liens (symbolisés par les flèches) allant du premier au dernier mot. Le moyen de rendre le jeu plus régulé est de définir un certain nombre de degrés pour chaque chaîne logique.
Je sais ce que vous vous dites : c'est complètement débile comme jeu. C'est vrai. En même temps, je vous avais prévenus. Mais il y a quand même un intérêt majeur à ce jeu : les liens logiques peuvent être de véritables private jokes, utilisant des références très particulières mais partagées par les joueurs. Si vous en êtes adeptes, ce jeu vous permettra de les exploiter à fond. Contrairement au jeu précédent, il est possible de lui fixer un but, en instaurant un système de points. Ainsi on peut désigner un gagnant. Ce qui n'empêche pas de jouer uniquement pour le plaisir de jouer aussi.
Au final, un jeu un poil plus réfléchi que le précédent, mais potentiellement tout aussi dingue.

À bien y regarder, ces deux jeux sont extrêmement personnalisables. Les seuls points vraiment définis en sont les principe de base (« aucun rapport entre les mots » pour le premier, et « un rapport entre les mots » pour le second), le reste dépend de comment les participants veulent jouer. Étant donné l'aspect très décousu de ces jeux, la partie type est celle où l'on joue pour jouer. D'ailleurs, c'est même rare de faire une vraie partie, plutôt qu'un simple enchaînement de mots ou de chaînes, parce que le principe est drôle. Ça n'occupe pas toute une soirée (encore que...), mais c'est marrant à découvrir et à essayer. Le succès n'est pas garanti, mais la curiosité, dans tous les sens du terme, si.

Maintenant, je vous encourage à faire encore plus de soirées, parce que c'est bien, mais aussi pour organiser un maximum de parties de ces deux jeux. Ensuite, vous revenez ici et vous partagez vos plus beaux enchaînements, vos plus belles invalidités et vos meilleurs enchaînements logique. Ainsi, une fois que nous aurons suffisamment de matériel et de succès, je pourrai lancer la FFDJALLP (Fédération Française Des Jeux À La Logique Particulière), commercialiser une version de chacun de ces jeux, et à moi la fortune ! Et tout ça grâce à vous ! HA HA HA HA HA HA HA HA HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!

Merci d'avance et amusez-vous bien.


TheEdgeWalker

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